Pourquoi nous sommes contre ?

Pourquoi nous sommes opposés à la transformation du gaz de mine en électricité ?

LFDE a racheté Gazonor (issue de Charbonnages de France), ce qui lui permet de tirer profit du gaz de mine, exploité depuis 1992. Bien sûr, il faut exploiter ce gaz -le grisou- qui s’accumule dans les galeries de mine car son extraction ne nécessite pas de forage,  Mais produire de l’électricité avec un rendement de 37 % nous apparaît comme un gaspillage de la ressource. Cette production d’électricité permet par ailleurs à cette entreprise d’avoir un tarif de rachat garanti, ce qui s’apparente à une subvention aux énergies fossiles. L’objectif est de faire croire que le gaz de mine est une énergie renouvelable !

L’opération suivante sera de transformer le gaz de couche en électricité  et de faire croire que c’est aussi une énergie renouvelable.

Pour info

Selon le site même des moteurs Jenbacher, on peut y lire :

« le gaz de mine a généralement un contenu en oxygène de 5 à 12 %. Le contenu en méthane varie de 25 à 60 %. Cependant, la proportion de méthane/air peut soudainement changer, compliquant ainsi son utilisation dans les moteurs à gaz. Il est d’autre part stipulé que le gaz de couche est constitué à plus de 90% de méthane et peut être employé indépendamment de l’exploitation du charbon dans certains lieux. La composition de gaz est normalement stable, ce qui signifie que le gaz peut être alimenté directement dans le réseau de gaz naturel ou moteur à gaz. »

Pourquoi empêcher l’exploration et l’exploitation du gaz de couche ?

Le sous-sol du Nord et du Pas-de-Calais –comme celui de Lorraine- ressemble à un gruyère, à cause de l’exploitation du charbon dans les mines qui a laissé des dizaines de kilomètres de galeries ; de nombreux pompages sont nécessaires actuellement pour éviter l’inondation de certains quartiers des zones affaissées du bassin houiller !

Si l’on exploite le gaz de couche, au vu des retours d’expériences en Australie, aux États-Unis et en Chine, voici quelques conséquences pour les secteurs concernés :

– risque de pollution importante pour les nappes phréatiques, l’eau potable, l’air atmosphérique, la santé humaine, les sols et champs alentours (par de possibles déversements des boues de forage chargées de matières riches en métaux lourds, arsenic et éléments radioactifs) ;

– possibles séismes et tremblements de terre causés par les vibrations du forage (comme au Royaume-Uni et en Oklahoma) ;

– affaissements de terrains dans notre région où l’exploitation du charbon a laissé d’importants vides miniers. Dans le secteur d’Avion (62), risque supplémentaire à cause des munitions toujours enfouies depuis les dernières guerres et de la proximité du site « La gueule d’Ours » ;

– augmentation de la concentration du gaz à effet de serre avec des effets sur le climat, l’agriculture, l’alimentation, les écosystèmes ;

– pollution sonore, dégradation des routes due aux va et vient des camions, dépréciation des biens immobiliers, dévalorisation touristique de nos territoires.

Ces projets de forage ne créeraient que très peu d’emplois ; de l’avis même de  La Française de l’Energie,  il n’y aurait que 2 emplois par puits. C’est bien peu au regard du massacre de nos territoires associé à cette exploitation.

« La Française de l’Energie » estime la production à 5% de la consommation française sur 20 ans. Soit une seule année de la consommation totale française. Est-ce bien raisonnable ?

L’utilisation de la fracturation hydraulique, tant décriée, est inévitable au vu des échecs sur les puits sans fracturation déjà forés en Lorraine, ceci afin de permettre une exploitation rentable, du point de vue des financiers.

On nous présente maintenant le gaz comme énergie de transition alors que les fuites de méthane inhérentes à l’extraction de gaz de schiste et de couche est comprise entre 6 et 8% des volumes extraits et que le méthane est un gaz à effet de serre bien plus puissant que le CO2 pour le réchauffement climatique !

Face à une entreprise mensongère, ne prenant en compte aucune exigence ni de la population inquiète des risques sanitaires à venir, ni de la contrainte climatique, nous demandons l’arrêt de ces forages.

Cela a été montré et démontré, affirmé et répété : pour conserver une chance raisonnable de maintenir le réchauffement climatique en deçà de 2°C, et idéalement en-deçà de 1,5°C – comme le prévoit l’article 2 de l’Accord de Paris – alors ce sont 80 % des réserves d’hydrocarbures fossiles qui ne doivent pas être exploitées. Il faut les laisser sous terre. En effet, les puits de pétrole et de gaz ainsi que les mines de charbon actuellement exploités suffisent pour générer un réchauffement climatique supérieur à 2 °C.

Pour respecter les engagements pris lors de l’Accord de Paris, plus aucun investissement ne doit être fait dans les énergies fossiles, et certains projets actuels doivent être abandonnés. En conséquence, il serait raisonnable d’arrêter de prospecter de nouveaux gisements et de ne pas en mettre en chantier de nouveaux. Il en découle la seule mesure sensée, du point de vue de l’urgence climatique, qui devrait être inclus dans le code minier : que plus aucun permis d’exploration ou d’exploitation d’hydrocarbures, conventionnels ou non, ne soit octroyé ou prolongé.

Une telle position est simple, lisible et conforme aux objectifs fixés. Elle revient à transcrire en actes les belles paroles de la COP21. Elle est ambitieuse, mais cohérente. Pour progresser de manière graduée, il serait envisageable de commencer par interdire l’exploration et l’exploitation de TOUS les hydrocarbures non conventionnels.

La baisse drastique de production de fossiles à laquelle on était en droit de s’attendre au vu des cris d’alerte des scientifiques n’a pas lieu !

Pour les collectifs, les gaz de schiste et de couche, c’est donc ni ici ni ailleurs, ni aujourd’hui ni demain !