Gaz et scénario 2°C

Utiliser le gaz comme énergie de transition est incompatible avec un scénario 2°C

Nicolas Hulot salue la réussite de la réforme du stockage de gaz, CP MTES, 24 avril 2018

« Nicolas Hulot, ministre d’État, ministre de la Transition écologique et solidaire s’est félicité du succès de la première commercialisation aux enchères des capacités de stockage, garantissant ainsi la sécurité d’approvisionnement de la France en gaz naturel pour l’hiver 2018-2019… »

 » Pour garantir la disponibilité du gaz en hiver à des coûts maitrisés et ainsi sécuriser la demande des consommateurs en gaz naturel, une réforme de la régulation des stockages souterrains de gaz naturel a été intégrée dans la loi mettant fin à la recherche ainsi qu’à l’exploitation des hydrocarbures… »

AR : Il s’agit du Chapitre II : Dispositions relatives aux stockages et aux consommateurs de gaz et de son article unique n°12 de la loi n° 2017-1839 du 30 décembre 2017

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Il va bien falloir rentrer dans le dur de ce débat, quelle énergie de transition ?
car le gaz comme énergie de transition est aussi prônée par les anti-nucléaires pour l’arrêt immédiat et ce que développe cet article est « renouvelable, efficacité et réseaux intelligents » le gaz n’est pas compatible avec le dérèglement climatique et les réseaux intelligents sont un pas de plus, à peine perceptible, vers cette société « transhumaniste » que les experts scientifiques et technologiques sont en train de nous construire.

Dans toutes ces belles projections de l’avenir zéro carbone, il n’est jamais question de baisse drastique et de réorganisation des productions et consommations, c’est à dire des alternatives systémiques pour une société véritablement humaine, et c’est bien le seul avenir désirable que l’on puisse avoir sur cette planète.
J

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On a déjà qq supports de réfexion permettant d’alimenter le débat notamment ceux du scénario négaWatt et du Rocky Mountain Institut à l’origine de négaWatt, dont « Réventer le feu » est l’ouvrage de vulgarisation.
Je pense qu’il existe des gens sont conscients que, de la transition ne dépend pas seulement le climat et l’environnement mais aussi l’économie de demain. Le rapport du MIT à la demande du Club de Rome (The Limits to Grow) a été un début. Aujourd’hui certaines lois et mesures (loi relative à la transition énergétique pour la croissance verte en 2015, Accord de Paris sur le climat signé en 2016, RT2012 …) montrent qu’il y a des gens conscients

On est toutefois loin du compte et il faudrait une politique radicale.
Une des difficultés sera le poids de certains lobbies et la marchandisation de la transition.
En ce qui nous concerne, nous pouvons prendre notre bâton de pèlerin et, peut-être, appliquer une stratégie semblable à celle employée pour les hydrocarbures extrêmes, à savoir s’appuyer sur ce qui existe et monter un argumentaire qui prend en considération les différents volets (politiques, environnementaux, sanitaires, économiques … et les décliner selon plusieurs angles d’attaque :
– vulgarisation du public et des élus (distribution de documents, conférences, revues et articles, radios …)
– soutien et participation aux ONG engagée dans le domaine
– participation aux projets locaux qu’ils soient institutionnels ou non
– etc
Du fait d’une gde diversité de points de vue (nucléaire, gaz …), lancer réflexions et débats sembles incontournables. Mais pour être profitables, la compréhension des phénomènes doit être la même pour tous (les mots et les idées doivent avoir la même signification)
D’autre part, on ne pourra pas faire abstraction des chiffres car, au final, et même si on peut essayer de leur faire dire ce qu’on veut, ils restent un langage commun et traduisent une réalité à partir de laquelle on peut extrapoler. Ces chiffres de la consommation énergétique en France on les a et ils sont précisément déclinés par catégories et par secteurs. Les scénarii de transition proposent ceux vers lesquels il faudrait tendre (réduire rapidement et drastiquement la consommation et les émissions de CO2, EnR …. sans même parler d’autres types de pollution).
Apparemment tout le monde est à peu près d’accord sur ces chiffres et ils forment une bonne base sur laquelle s’appuyer.
C’est la manière d’y arriver qui va faire débat. On ne pourra pas faire abstraction des technologies accessibles aujourd’hui de celles accessibles demain ou plus tard. Pas plus que l’on ne pourra faire abstraction des choix économiques (qui, comment et où fabriquer l’énergie). Les choix de sociétés seront inévitables, quels qu’ils soient.
Les plus gros postes énergivores étant le résidentiel-tertiaire (notamment le chauffage) et les transports, on comprend aisément que les choix politiques les plus simple aujourd’hui (pas forcément le plus judicieux) pour pallier au déclin du pétrole sont le gaz et le charbon (et le maintien du nucléaire pour la France).
Il me semble que sur ce terrain-là, il y a une entrée possible. À ce titre « Réinventer le feu » propose une approche et des réflexions pragmatiques qui me paraissent intéressantes de nature à ouvrir les esprits et à trouver des solutions concrètes.
Un des gros soucis de l’énergie est bien sûr la surconsommation mais un autre est le stockage. L’hydrogène pourrait être une solution mais il faudrait y mettre le paquet. Bref, un grand débat serait certainement profitable. Si on ne peut le forcer, au moins participons-y.

C

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Un rapport publié par le Climate Action Tracker (CAT) juge que l’avenir du gaz naturel dans le système énergétique mondial est limité, même comme énergie de transition. En cause : la concurrence croissante des énergies renouvelables. Selon les experts, des investissements massifs dans le gaz risquent d’être dévalorisés, tout en créant un obstacle à l’atteinte des objectifs de l’Accord de Paris.
C

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Marché du gaz naturel ; L’édiction de dispositions réglementaires relatives au « gaz » issues de la loi « Hulot » de fin décembre 2017 se poursuit, voir les posts précédents de ce fil en déroulant ce mél.

Décret n° 2018-221 du 30 mars 2018, JO du 31, relatif à la constitution

Début d’extrait…le décret est pris pour l’application des dispositions de l’article L. 421-6 du code de l’énergie dans sa rédaction issue de l’article 12 de la loi n° 2017-1839 du 30 décembre 2017 mettant fin à la recherche ainsi qu’à l’exploitation des hydrocarbures et portant diverses dispositions relatives à l’énergie et à l’environnement

Vu la directive 2009/73/CE du Parlement européen et du Conseil du 13 juillet 2009 concernant des règles communes pour le marché intérieur du gaz naturel et abrogeant la directive 2003/55/CE, notamment son article 33

Extraits édités (liens) et commentés en italiques :

AR : privatisation des profits, mutualisation des pertes !

Article 2…

Par dérogation aux dispositions du deuxième alinéa de l’article D. 421-12 du code de l’énergie dans sa rédaction résultant de l’article 1er, à chaque consommateur de gaz naturel raccordé à un réseau de distribution est associé en 2018 un niveau de stocks globaux proportionnel à la différence entre la capacité ferme souscrite pour son approvisionnement entre le 1er novembre de l’année précédente et le 31 mars et l’utilisation moyenne annuelle de cette capacité.

AR : vers la mise en place de compteurs de gaz « intelligents » de type « Linky » ?

Cet article créée le D. 421-12* du code de l’énergie et comporte la phrase :

« … « Les capacités de stockage souterrain de gaz naturel peuvent être souscrites dans un autre Etat membre de l’Union européenne sous réserve que le fournisseur de gaz naturel dispose de capacités de transport non utilisées entre les capacités de stockage souterrain et le réseau de transport français, conformément aux dispositions d’un arrêté du ministre chargé de l’énergie… »

Donc si cet état membre produit ou achète et donc stocke du gaz « naturel » issu de gisements exploités par des techniques de récupération avancée ; fracturation, sables bitumineux, etc. ou dans des conditions environnementales « faibles » ; Yamal, etc. ??

…Il n’est pas associé de stocks globaux aux sites industriels identifiés par le gestionnaire du réseau de distribution auquel ces sites sont raccordés comme ne présentant aucun risque en cas de délestage…

AR : des « coupures » ciblées de l’approvisionnement de « clients » non industriels et donc non « sensibles » pourraient-elles intervenir à l’avenir ???

…et dont au moins l’un des critères suivants est satisfait :

– la consommation annuelle de référence de ce site est supérieure à 5 000 000 kWh ;

– ce site a la possibilité, au titre des textes applicables, de se raccorder directement à un réseau de transport de gaz naturel…

AR : donc sans passer par un opérateur autorisé à commercialiser la ressource transitant par le(s) réseau(x) ; actuellement TIGF & GRDF !

..Par dérogation à l’article D. 421-13 du code de l’énergie dans sa rédaction résultant de l’article 1er, le complément de tarif est fixé en 2018 à 2 euros par mégawattheure de volume utile…

…Article 4

Le ministre d’Etat, ministre de la transition écologique et solidaire, est chargé de l’exécution du présent décret, qui sera publié au Journal officiel de la République française.

Fait le 30 mars 2018.

Le Premier ministre, Edouard Philippe

Le ministre d’Etat, ministre de la transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot…Fin d’extrait.

AR : l’organisation actuelle (depuis plus de dix ans) du « grand » ministère de l’environnement, de l’énergie et des transports, PIEGE le ministre qui ne peut être un trublion écolo mais doit aussi assumer les autres aspects de son portefeuille. La France étant engluée dans la logique productiviste et des mécanismes promouvant la croissance afin de maintenir le peu de souveraineté qu’il lui reste et donc d’officiellement se désengager un tant soit peu de sa dette, cela n’est pas prêt de changer, surtout avec Jupiter à l’Olympe.

La profondeur de ce désengagement est d’ailleurs bien un épouvantail car les « investisseurs » internationaux savent bien utiliser le marché des dettes souveraines pour faire leurs affaires.

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* : Sur la forme, les codes comportent dans leur partie législative, des dispositions « L » issues de lois (ou d’ordonnances) et dans leur partie réglementaire, des dispositions issues de décrets « R » pris en Conseil d’Etat ainsi que « D » simples pris en Conseil des ministres, voir Dictionnaire juridique.