Enquête publique dans le Valenciennois (suite)

Un article sur le sujet a déjà été traité le 15 février sur ce site. 

Quelques remarques ont déjà été énoncées.

Ci-dessous, voici une nouvelle contribution qui pourra vous aider à étoffer votre point de vue.

Attention :

  • Vous pouvez écrire en mairie d’Anzin
  • L’enquête publique se termine le jeudi 28 février à 17 h

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Des pièces classées confidentielles

Tout d’abord, il est inacceptable de constater que les pièces qui pourraient réellement apporter des informations au public : « descriptif des travaux envisagés » et « mémoire technique », ont été, sans qu’il en soit précisé le motif, classés confidentielles. Cette opacité diminue considérablement la portée de l’enquête publique et ne peut que donner lieu à la décrédibilisation de la sincérité de l’entreprise.

Les informations manquantes visent-elles les petits actionnaires, à cause de la non-rentabilité de l’opération (faible potentiel ? technique couteuse ? non provisionnée ?)

Quelle technique de forage a été retenue ? Quels sont les lieux choisis ? quelle profondeur ? quels sont les objectifs visés ? quelles conséquences sur l’environnement ?

Les citoyens sont en droit de connaitre les intentions réelles d’une entreprise qui veut forer à côté de chez eux !

Sécurité des populations

L’entreprise demande que puissent être utilisés les sondages de décompression déjà existants, ce qui faciliterait l’exploitation. Si l’autorisation a été donnée pour la phase de recherche, Gazonor attend l’autorisation du ministère pour une utilisation de ces sondages liée à une éventuelle exploitation.

Quelques remarques

  • Il est à noter qu’il n’y a nulle trace du coût des forages si le ministère venait à refuser l’utilisation des sondages de décompression. Pourquoi ?
  • La DREAL souligne que l’accès à ces ouvrages existants pour une activité continue ne permettrait plus à l’Etat d’assurer une bonne gestion du risque « gaz ». Il serait logique que le ministère ne prenne pas ce risque et ne donne pas son accord. Le contraire équivaudrait à brader la sécurité des populations pour le profit des actionnaires privés de cette entreprise.
  • Et si les forages venaient à être effectués, dans ce bassin qui porte les séquelles de 250 années d’exploitation du charbon : terrils, vides miniers, mouvements de terrain…, ces forages représenteraient un danger potentiel pour l’environnement. Faire un forage dans ce bassin minier est susceptible de déclencher des effondrements ou des glissements de terrain, voire de déclencher des phénomènes sismiques pouvant affecter la solidité des bâtiments. La population est-elle prête à supporter ce risque ?
  • De tels forages représentent aussi une menace qui pèse sur les nappes d’eau, largement présentes sur le périmètre de l’extension demandée. On dénombre 16 captages d’eau actifs dans la zone et le captage des Eaux du Valenciennois desservant l’Arrondissement en eau potable est situé sur l’extension. En effet, des fuites de méthane liées à un défaut d’étanchéité du forage lors de mouvements de terrains sont toujours possibles (15 communes présentent l’aléa « mouvements de terrains » dans cette zone, d’après GEODERIS, notamment Fresnes sur Escaut, Raismes et Valenciennes où la production est envisagée). De plus la gestion des boues de forages est synonyme de risque de pollution de l’eau, même si le forage est peu profond.

La gestion de l’après gaz de mine

Le captage de gaz de mine était, à l’origine, relatif à la mise en sécurité du bassin minier. La française de l’énergie reconnait explicitement (doc p 17) que l’objectif est maintenant de valoriser au maximum la ressource au profit de l’entreprise, ce qui est une activité d’une tout autre nature. En effet, alors que la surveillance des ouvrages de mise en sécurité du bassin représente une contrainte pour l’Etat, sinon un danger pour les populations, on ne peut que douter de la pertinence de faire encore d’autres forages pour exploiter ce gaz durant quatre ou cinq années (Valenciennes Nord, Raismes Nord, Raismes sud) ; forages qui devront par la suite être gérés même si l’entreprise ne peut plus assurer cette mission. Encore un cadeau empoisonné que nous laisserons à nos enfants.

Biodiversité

Les scientifiques alertent sur le fait que la sixième extinction de masse des populations animales et végétales est en route : nous avons perdu en Europe 15% des populations d’oiseaux en quinze ans et les populations d’insectes volants ont perdu 80% de leurs effectifs en 40 ans, des espèces de vertébrés sont menacées tout comme de nombreuses espèces végétales autrefois communes. Cette extinction massive met en danger l’humanité, il faut d’urgence préserver ce qui peut l’être.

Or, sur la zone demandée pour l’extension de la concession on trouve :

  • 4 réserves biologiques sont répertoriées : la sablière du lièvre, la mare à Goriaux, Bassy, le mont des Bruyère
  • 25 communes sont concernées par des « zones de protection spéciales (natura 2000)
  • Une zone spéciale de conservation (natura 2000) : forêt de Raismes / St Amand / Wallers / Marchiennes et la plaine alluviale de la Scarpe.
  • L’est et l’ouest de la surface convoitée sont des zones à dominantes humides
  • Une ZICO (zone importante pour conservation des oiseaux) : 15 communes
  • Un parc naturel régional qui couvre une grande partie de la surface demandée
  • L’est et le nord de la concession sont concernées par une ZNIEFF (zone nationale d’intérêt écologique faunistique et floristique)
  • La zone comprend 5877 ha de forêt
  • 3 cours d’eau sont présents sur cette zone : la Scarpe, l’Hogneau et l’Escault

Il semble vraiment peu judicieux de perturber ces zones avec une activité qui n’est profitable qu’à l’entreprise. Préserver notre biodiversité est une nécessité pour les générations à venir !