En Nouvelle-Zélande

On élève des moutons qui pètent et rotent moins

Les ruminants rejettent beaucoup de méthane, un gaz à effet de serre. Une partie de ce mécanisme est d’ordre génétique, donc héréditaire.

Pour endiguer le réchauffement climatique, il ne faut pas une, mais des milliers de solutions complémentaires. Certaines, aussi étrange que cela puisse paraître, ont à voir avec les flatulences et éructions de brebis et béliers.

Et comme le rapportait ABC News le 8 juin, des chercheurs néo-zélandais ont réussi à diminuer de 10% les rots et pets de moutons. Et c’est important, car les ruminants relâchent ainsi dans l’atmosphère beaucoup de méthane, un gaz à effet de serre au même titre que le dioxyde de carbone.

Comment les chercheurs ont-ils réussi à diminuer ce phénomène inhérent chez ces animaux? Tout simplement grâce à un élevage très sélectif. Deux groupes de 100 moutons ont été séparés entre ceux qui relâchaient plus ou moins de méthane. Les plus « écolos » se sont ensuite accouplés entre eux.

On en est aujourd’hui à la troisième génération. Ces travaux montrent que le fait de moins péter et roter est à 20% un trait héréditaire.

Moins de rots, plus de laine

Bref, une sélection classique pour l’élevage, si ce n’est qu’au lieu de chercher uniquement à augmenter la production de lait, laine ou viande, on cherche ici à diminuer celle de méthane. Mais quel impact sur le reste justement? Un peu tôt pour le dire, mais Suzanne Rowe, généticienne en charge de ce projet, rappelle que ces moutons peu émetteurs de méthane sont un peu plus maigres et produisent plus de laine en moyenne.

En 2016, un bilan complet des émissions de méthane a été publié. Il contribue à 20% du réchauffement climatique, mais sa production est en forte augmentation depuis 10 ans. La faute à l’intensification de l’élevage? Difficile à dire, les chercheurs se demandent si l’augmentation importante de l’exploitation du gaz de schiste, qui peut entraîner des fuites de méthane, ne ferait pas partie importante de l’équation.

huffingtonpost.fr