Des instituts catholiques et les énergies fossiles

35 nouvelles institutions catholiques, dont le Secours Catholique, désinvestissent les énergies fossiles

En cette « journée de la Terre », célébrée ce dimanche 22 avril, 35 nouvelles institutions catholiques, dont Caritas Internationalis, trois grandes banques catholiques et le Secours Catholique, disent non aux énergies fossiles. Au total, ce sont désormais près de cent institutions catholiques à travers le monde qui ont renoncé à financer ces énergies néfastes pour le climat.

Caritas Internationalis, trois grandes banques catholiques avec un bilan cumulé d’environ 7,5 milliards d’euros, deux institutions françaises dont le Secours Catholique et six institutions catholiques en Afrique entre autres, annoncent ce 22 avril leur désengagement des énergies fossiles. Une nouvelle qui illustre le renforcement du mouvement de désinvestissement au sein de l’Église catholique, portant à 95 le nombre d’institutions qui disent non aux fossiles.

En France, le Secours Catholique, qui coordonne l’assistance humanitaire auprès de 67 000 volontaires, annonce un désinvestissement total d’environ 10 millions d’euros. Ce qui en fait de loin le plus gros désinvestisseur de cette salve. « Il est important pour nous de contribuer à la construction d’un monde juste et solidaire, et de prendre un engagement concret dans la lutte contre les changements climatiques, qui partout dans le monde impactent les plus pauvres« , explique Véronique Fayet, présidente de l’association.

Une prière pour une économie plus responsable

« Les pauvres souffrent beaucoup de la crise climatique et les énergies fossiles sont parmi les principaux moteurs de cette injustice. C’est pourquoi Caritas International a décidé de ne plus investir dans les énergies fossiles. Nous encourageons nos organisations membres et d’autres groupes ou organisations liés à l’Eglise à faire de même » précise également le cardinal Luis Tagle, président de Caritas Internationalis, une organisation d’aide humanitaire et une institution officielle de l’Église catholique.

Ce mouvement de désengagement est coordonné par le Mouvement Catholique Mondial pour le Climat (MCMC), et répond à l’appel du Pape François dans son encyclique « Laudato Si » pour protéger notre maison commune. « Nous n’avons pas un moment à perdre. Il est important de se départir des combustibles fossiles pour faire baisser rapidement l’arc des émissions. Le leadership de l’église sur cette question n’a jamais été aussi important » constate Tomás Insua, directeur exécutif du MCMC.

Le Pape a par ailleurs consacré le mois d’avril à prier pour les dirigeants économiques. « L’économie ne peut prétendre uniquement augmenter la rentabilité en réduisant le marché du travail, mais créant de cette façon de nouveaux exclus. Elle doit suivre le chemin des entrepreneurs, des politiciens, des penseurs et des acteurs sociaux qui mettent l’être humain au premier plan et font tout ce qui est en leur pouvoir pour garantir des opportunités de travail décent. » Un appel qui fait écho au débat autour de la loi Pacte en France.

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