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Va-t-on importer du gaz de schiste ?

Si la fracturation hydraulique est interdite en France, les hydrocarbures ainsi produits aux États-Unis ont le droit d’y pénétrer.

Avec l’aval de l’Europe et des pouvoirs publics, la première livraison a eu lieu le 5 avril en Bretagne.

En obtenant l’interdiction de la fracturation hydraulique en 2011, les collectifs citoyens contre les hydrocarbures de schiste ont écarté leur exploitation sur le territoire national. Mais pas son importation. Sous l’impulsion des multinationales françaises, encouragées par la Commission européenne et les pouvoirs publics, le gaz de schiste américain, à l’impact écologique, sanitaire et climatique désastreux, arrive en France.

Information révélée par l’Observatoire des multinationales (1), le méthanier Oak Spirit, sous pavillon des Bahamas, a accosté le 5 avril au port de Montoir-de-Bretagne, près de Nantes, débarquant l’une des toutes premières livraisons de gaz de schiste ­états-unien. Selon les données rendues publiques par l’agence américaine d’information sur l’énergie, les exportations de gaz des États-Unis vers la France ont débuté en octobre 2018, et en 2017 pour d’autres pays européens.

Comment s’assurer qu’il s’agit de gaz de schiste ? Rien ne permet de distinguer une molécule de méthane extraite de manière conventionnelle d’une molécule tirée d’une couche de schiste. La provenance du méthanier constitue néanmoins une indication. Le Oak Spirit arrive de Sabine Pass, terminal méthanier situé à la frontière entre la Louisiane et le Texas, où converge une part importante du gaz de schiste produit aux États-Unis.

Longtemps importateurs, les États-Unis sont devenus exportateurs à la suite du boom du gaz de schiste et grâce à la conversion de leurs ports méthaniers (nouveaux gazoducs, construction d’usines de liquéfaction, etc.). Sabine Pass, détenu par l’entreprise Cheniere, est l’un des premiers ports opérationnels. Il sera suivi par de nombreux autres (Corpus Christi, Rio Grande, etc.) (2).

Secret commercial oblige, on ne connaît pas précisément les entreprises destinataires du gaz naturel liquéfié (GNL) livré à Montoir. On se souvient néanmoins que les contrats signés, juste avant la COP 21, par Engie et EDF avec Cheniere avaient défrayé la chronique. Face à la polémique, Ségolène Royal avait alors reconnu qu’au moins 40 % de ce gaz était issu de la fracturation hydraulique et annoncé vouloir « interdire l’importation de gaz de schiste en France ».

Il n’en a rien été. Interdire l’importation de gaz de schiste nécessiterait d’interdire tout commerce de gaz avec les pays qui en exploitent ou le distribuent, puisque rien ne permet de distinguer et de séparer les différentes molécules de méthane. Une telle proposition, légitime et justifiée au nom de l’impératif climatique, écologique et sanitaire, se heurte frontalement aux règles qui régissent le commerce international.

Pouvant être jugée comme une restriction discriminatoire au commerce international, une telle interdiction serait sous le coup d’une condamnation devant l’OMC ou un tribunal d’arbitrage privé : puisque la consommation de GNL américain sur le territoire européen ne générerait pas plus de pollution que du GNL d’un pays tiers, une telle interdiction pourrait être jugée comme injustifiée et conduire à une sanction et à des mesures de rétorsion. Sauf à changer les règles internationales du commerce et de l’investissement.

Une interdiction d’importation n’est de toute façon pas à l’ordre du jour. Pour tenter d’amadouer Donald Trump, la Commission européenne s’est en effet engagée à accélérer l’importation de gaz américain. Depuis le 25 juillet 2018, date d’une déclaration conjointe États-Unis-UE prenant notamment cet engagement, les importations de GNL ont augmenté de 181 %, faisant des États-Unis le troisième fournisseur de l’UE en 2019 (12,6 %). L’Europe souhaite désormais obtenir une « simplification des règles américaines pour que le GNL américain puisse être exporté en plus grandes quantités vers l’UE (3) ».

C’est l’un des objectifs cachés des négociations commerciales qui pourraient s’ouvrir entre les États-Unis et l’UE (4), alors que Donald Trump menace désormais d’augmenter les droits de douane sur les voitures européennes. Qu’importe que la consommation de gaz en Europe stagne, qu’importe que l’abondance de gaz sur les marchés soit à l’origine d’une explosion de la production de plastique (5), qu’importe qu’Emmanuel Macron ait pris l’engagement de « ne plus signer d’accords commerciaux avec les puissances qui ne respectent pas l’accord de Paris », l’UE et ses États membres veulent nous rendre dépendants du gaz de schiste américain et du bon vouloir de Donald Trump.

Maxime Combes / Économiste, membre d’Attac

 (1) « Alors qu’une nouvelle cargaison arrive en France, Total mise gros sur l’exportation de gaz de schiste américain », Observatoire des multinationales, 5 avril 2019.

(2) La Société générale est d’ailleurs l’une des banques les plus impliquées dans le financement d’infrastructures d’exportation du gaz naturel liquéfié en Amérique du Nord : « Société générale, plein gaz sur les fossiles », les Amis de la terre, mars 2018.

(3) « Déclaration conjointe UE-États-Unis : les importations de gaz naturel liquéfié (GNL) américain vers l’Union européenne continuent de croître (hausse de 181 %) » Commission européenne, 8 mars 2019.

(4) « Nous appelons Emmanuel Macron à rejeter toutes négociations commerciales avec Donald Trump », 21 mars 2019, Politis.fr

(5) « Les liens étroits et méconnus entre le gaz de schiste et l’explosion des déchets plastiques », Observatoire des multinationales, 11 septembre 2018.

politis.fr

Nouveau record …

… En matière d’émissions de CO2 en 2018

L’an dernier, les émissions mondiales de gaz carbonique liées à l’énergie ont augmenté de 1,7 %, soit 560 millions de tonnes, pour atteindre 33 gigatonnes, pointe l’Agence internationale de l’énergie.

L’Agence internationale de l’énergie (AIE) vient de publier un sévère avertissement sur l’augmentation en 2018 de l’émission de gaz carbonique dans le monde. Cette organisation intergouvernementale autonome est rattachée à l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE). Composée de 30 pays membres, pour la plupart importateurs de pétrole, elle a été fondée en 1974 à la suite de la première crise pétrolière. Sa vocation initiale est de coordonner les mesures à prendre en cas de difficultés d’approvisionnement dans ce domaine.

L’AIE, d’ordinaire plus laxiste, puisque les États-Unis en font partie, explique que les quantités de gaz à effet de serre ont repris leur courbe ascendante après une relative stagnation. Cette « pollution » a atteint l’année dernière un record de 33,1 milliards de tonnes, soit une progression de près de 2 % (560 millions de tonnes) sur une année. Elle est liée à une autre réalité : la demande en énergie a bondi de 2,3 % au cours de la même période, résultant de l’augmentation du trafic aérien, de l’accroissement des émissions de nouvelles centrales à charbon et du manque de volonté de nombreux pays industrialisés ou en développement.

Malgré les énergies renouvelables

Michael Mehling, directeur adjoint du centre énergétique et environnemental du Massachusetts Institute of Technology (MIT) explique dans un commentaire : 

En dépit de quelques efforts limités, les politiques liées au climat restent inadéquates et se révèlent incapables de contrecarrer les effets de l’expansion économique et de mettre en place les décisions prises en décembre 2015 par l’accord de Paris qui aurait du contraindre de nombreux pays à tenir leurs promesses.

La Chine et les États-Unis portent une grande responsabilité dans cette dérive. La première, comme l’Inde, et malgré un recours plus important aux énergies renouvelables, n’a pas renoncé à augmenter l’usage du charbon, du pétrole et du gaz. Pour les seconds, en dépit du déclin du recours au charbon, la situation est préoccupante en raison de la progression de l’usage du gaz. Ces trois pays, qui représentent 85 % de l’augmentation, et beaucoup d’autres, devraient garder en mémoire que pour espérer que l’objectif de la température se maintienne à une augmentation de 1,5 °C, il est impératif que tous les rejets de CO2 soient réduits de moitié en 2030. Or, ajoute Rob Jackson, chercheur à l’université de Stanford, « les progrès des énergies renouvelables, restent largement inférieurs à ceux des énergies fossiles. Ce que la réalité, en Europe et aux États-Unis, dément de façon décourageante. Et les conséquences climatiques sont catastrophiques. Nous nous acheminons vers un désastre car nul ne semble capable de ralentir cette évolution ».

Conclusion du directeur exécutif de l’AIE, Fatih Birol : 

En dépit d’importantes progression dans le recours aux énergies renouvelables, les émissions de gaz à effet de serre progressent, démontrant une nouvelle fois que des décisions urgentes sont indispensables sur tous les fronts d’autant plus que 25 % de l’augmentation des besoins en énergie sont imputables au chauffage et à la climatisation liés aux évolutions du climat.

En Europe, les politiques englués dans leurs querelles nationales ne semblent pas s’émouvoir de l’avertissement de l’Agence Internationale de l’énergie. Y compris en France où on attend encore les premières éoliennes off-shore et où les anti-éoliens pourchassent devant les tribunaux les nouveaux projets d’installation sur la terre ferme…

https://www.politis.fr/articles/2019/03/la-terre-a-connu-un-nouveau-record-des-emissions-de-co2-en-2018-40209/

Refus de l’extractivisme climaticide n° 386

Épuisement des ressources & Ravages de l’extractivisme

1/ L’extraction mondiale de matériaux atteint… 70 millliards de tonnes par an
Selon un rapport de l’ONU, le développement rapide de l’extraction de matériaux est le principal responsable des changements climatiques et de la pression sur la biodiversité. L’utilisation des ressources naturelles a plus que triplé depuis 1970. La situation va s’aggraver si le monde n’engage pas une réforme systémique de grande ampleur.
https://reporterre.net/L-extraction-mondiale-de-materiaux-atteint-70-millliards-de-tonnes-par-an

2/ L’avocat Pablo Fajardo seul face au géant pétrolier américain
Le combat de l’avocat Pablo Fajardo, contre la multinationale Texaco-Chevron, l’histoire de 25 ans de lutte pour dénoncer l’une des pires catastrophes écologiques et humaines perpétrée en Amazonie équatorienne.
https://www.franceculture.fr/emissions/de-cause-a-effets-le-magazine-de-lenvironnement/seul-face-au-geant-petrolier-americain

3/ Saudi Aramco, 1er pétrolier mondial, l’entreprise la plus rentable au monde en 2018
111,1 milliards de dollars, tels sont les bénéfices enregistrés par le plus grand pétrolier de la planète en 2018, Saudi Aramco. Soit un tiers de plus que les autres grands pétroliers cumulés ! La plus grande entreprise d’Arabie Saoudite a pour la première fois ouvert ses comptes aux agences de notation pour pouvoir lever des fonds auprès des investisseurs.
https://www.novethic.fr/actualite/energie/energies-fossiles/isr-rse/et-l-entreprise-la-plus-rentable-au-monde-est-le-petrolier-saudi-aramco-147094.html

4/ « GAZ DE SCHISTE : NON MERCI ! : Histoire et images d’un mouvement citoyen »
De 2010 à 2018, en France, des collectifs de citoyen(ne)s et d’élu(e)s vont s’opposer à l’exploration et à l’exploitation des huiles et gaz de schiste. Dans ce livre, textes et photographies racontent et illustrent, l’histoire de ce mouvement citoyen qui a rassemblé des milliers de gens, déterminés et unis, pour protéger le bien commun et la beauté de notre terre.
Livre disponible en librairie (ISBN 978-2-37871-033-0) ou sur le site des Éditions de la Fenestrelle : http://www.editions-fenestrelle.com/produit/gaz-de-schiste-non-merci/

5/ En Guinée Conakry, les banques françaises financent une mine de bauxite, énorme et polluante
BNP Paribas, la Société générale et le Crédit agricole financent en Guinée l’extension d’une des plus grandes mines de bauxite de la planète. Des ONG dénoncent les atteintes à l’environnement et des habitants réclament réparation.
https://reporterre.net/Les-banques-francaises-financent-une-mine-enorme-et-polluante-en-Guinee

6/ Ruissellements toxiques de la mine d’or de Salsigne : l’inquiétude gagne la vallée
Les déchets de l’ancienne mine d’or ont provoqué une pollution, notamment à l’arsenic, dans les cours d’eau et les sols des vallées en contrebas. Les habitants se disent inquiets.
https://www.sciencesetavenir.fr/nature-environnement/ruissellements-toxiques-de-la-mine-d-or-de-salsigne-l-inquietude-gagne-la-vallee_132654

7/ Alors qu’une nouvelle cargaison arrive en France, Total mise gros sur l’exportation de gaz de schiste américain
Un nouveau navire méthanier en provenance des États-Unis arrive en France, porteur d’une cargaison largement issue de l’exploitation du gaz de schiste. Au même moment, le groupe Total annonce un important investissement dans un nouveau projet de gazoducs et de terminal d’exportation de gaz de schiste sur la côte de Louisiane.
http://multinationales.org/Alors-qu-une-nouvelle-cargaison-arrive-en-France-Total-mise-gros-sur-l

8/ Depuis la COP21, les grandes banques françaises ont encore investi 124 milliards d’euros dans les énergies fossiles
Pour espérer rester sous la barre fatidique des 2°C de réchauffement, il va falloir laisser dans le sol un tiers de nos réserves de pétrole, la moitié de nos réserves de gaz et plus de 80 % de nos réserves de charbon. Les banques ont un rôle central dans l’atteinte de ses objectifs en orientant leurs financements vers des énergies propres. Or, depuis la COP21 et la signature de l’Accord de Paris, celles-ci ont augmenté leurs soutiens aux projets d’énergies fossiles.
https://www.novethic.fr/actualite/environnement/climat/isr-rse/infographie-depuis-la-cop21-les-grandes-banques-francaises-ont-encore-investi-124-milliards-d-euros-dans-les-energies-fossiles-147095.html

9/ Au Pérou, une paysanne oppose aux intérêts miniers son droit à vivre sur ses terres
Confrontée à des tentatives répétées d’intimidation dans sa région d’origine, Maxima Acuña pourrait voir son cas examiné par la justice des Etats-Unis, où siège la compagnie minière.
https://www.lemonde.fr/international/article/2019/04/05/au-perou-une-paysanne-oppose-aux-interets-miniers-son-droit-a-vivre-sur-ses-terres_5446462_3210.html

10/ Banques climaticides : elles investissent toujours plus dans les énergies fossiles
Selon un rapport publié par des ONG de lutte pour le climat, 33 grandes banques internationales, dont des françaises, continuent de financer massivement les énergies fossiles. Une tendance « alarmante », en complète contradiction avec les engagements internationaux visant à contenir le changement climatique.
https://reporterre.net/Climat-les-banques-investissent-toujours-plus-dans-les-energies-fossiles

lu sur : https://yonnelautre.fr/

L’avenir du gaz de schiste

On en parle beaucoup trop en ce moment

Je sais qu’une majorité d’entre vous suivent ces actualités avec précision, mais je me permets néanmoins de partager avec vous ces deux articles de l’observatoire des multinationales : 

Si vous vous souvenez bien, Ségolène Royal avait annoncé vouloir interdire l’importation de gaz de schiste US en France (lol) suite à une polémique publique sur les contrats passés par ENgie et EDF avec Chennière. Une interdiction qui serait possible à condition de désobéir aux règles du commerce international, mais qui n’a jamais été entreprise. 

Plus récemment, la Commission européenne s’est engagée à accroître substantiellement l’importation de gaz de schiste US, pour tenter d’amadouer Donald Trump. Le nombre de méthaniers explose depuis fin 2018, selon l’aveu même de la Commission. Et cela pourrait encore s’accroître si Macron et les Etats-membres confirment l’ouverture de négociations commerciales avec les Etats-Unis

Bref, le gaz de schiste importé est notre avenir. Peut-être serait-il utile de s’exprimer collectivement à ce sujet, en reprenant toutes ces informations ?

Pour ceux qui twittent, j’ai essayé de résumer tout cela dans ce thread : https://twitter.com/MaximCombes/status/1114082020156690432

(mais ce n’est pas l’objet du mail)

Au passage, j’en profite pour saluer le travail passé, actuel et futur de toutes celles et ceux qui interviennent sur cette liste. C’est super utile, même quand on n’intervient que rarement. 

Maxime COMBES

La Française de l’Énergie

Première certification des réserves de gaz en Wallonie sur le site d’Anderlues

La Française de l’Énergie (Euronext : LFDE – ISIN : FR0013030152) (Paris:LFDE), annonce la certification de ses premières réserves de gaz en Belgique qui s’élèvent à 277 millions de m3 (réserves 2P*).

Cet audit réalisé par DMT, le principal organisme européen de certification des ressources et réserves de gaz de mines, vient corroborer les résultats des tests de production réalisés au mois d’octobre 2018 par La Française de l’Energie et confirme l’important potentiel de chiffre d’affaires à réaliser pour le Groupe.

LFDE a déjà démontrédans les Hauts-de-France sa capacité à transformer avec succès ses réserves de gaz en source de profits au travers de sa production de gaz et d’électricité verte. Le Groupe va poursuivre son déploiement en Belgique en suivant le même modèle sur sa concession d’Anderlues, octroyée pour une durée initiale de 20 ans. Il prévoit la mise en place de plusieurs unités de cogénération de 1,5 MW dont les deux premières seront opérationnelles dès le mois de mai.

Ces nouveaux volumes de gaz prouvés viennent s’ajouter aux réserves du Groupe déjà certifiées en France et représentent désormais 11,6 milliards de m3 de gaz* à valoriser sur l’ensemble de ses zones d’implantation (Hauts-de-France, Lorraine et Belgique). A titre de comparaison, LFDE a valorisé au cours de son exercice 2018 près de 60 millions m3 de gaz et réalisé un chiffre d’affaires annuel de 6,6 M€. Cette mise en équivalence démontre le gisement de valeur considérable dont dispose le Groupe et les fortes perspectives de croissance offertes par ces réserves de gaz.

La Française de l’Energie va accélérer son déploiement en Belgique avec la mise en production dans les prochains mois des premières cogénérations et prévoit à l’horizon 2021 l’installation de 6 MW sur le territoire Wallon.

Prochaine communication : chiffre d’affaires 3ème trimestre 2018/2019 – 15 avril 2019

FDE est éligible au dispositif PEA-PME

Reuters code: LFDE.PA

Bloomberg code: LFDE.FP

À propos de La Française de l’Energie
La Française de l’Energie est une PME lorraine, leader de l’écologie industrielle, spécialisée dans la récupération du gaz présent dans les charbons et les anciennes mines des Hauts-de-France et du Grand Est. A travers des circuits courts et grâce à son savoir-faire reconnu en matière de géologie et d’ingénierie, La Française de l’Energie approvisionne en gaz, électricité verte et chaleur, les acteurs régionaux, remplaçant ainsi l’énergie importée par une énergie locale, plus propre. La Française de l’Energie dispose d’un fort potentiel de développement et ambitionne de devenir un acteur majeur du secteur de l’énergie en Europe. La société est labellisée entreprise innovante.

Pour plus d’informations, rendez-vous sur francaisedelenergie.fr

* Réserves prouvées et probables (2P) : volumes accessibles, commercialisables et exploitables de manière profitable avec une probabilité minimale de 50%.

https://www.zonebourse.com/actualite-bourse/La-Francaise-de-l-Energie-Premiere-certification-des-reserves-de-gaz-en-Wallonie-sur-le-site-d-And–28347505/

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Commentaire

Cela veut dire qu’il faut d’urgence reprendre notre bâton de pélerin

Si en Lorraine ils sont en difficultés, ils arrivent dans le nord de façon bien plus prégnante et  je crois qu’il faut se méfier, vraiment !

Toutefois : certifier des ressources ne signifie pas réussir à les exploiter …

Surtout, il faudrait refaire une réunion publique pour inciter les gens à faire de la veille sur les sites possibles de forages.

Le cours des actions ne cesse de grimper et ils vont avoir des sous pour … forer, puisque c’est ce qu’ils cherchent !

Ils reviennent en Essonne !

C’était trop beau!!

Pendant que tout le monde regarde ailleurs on en remet une couche

on déclare être pour la fin des énergies fossiles … et on signe pour un RAB de 25 ans à Vermillion

IMPORTANT dites NON et signez la consultation publique ci dessous


Exploiter jusqu’à la dernière goutte de pétrole, même en Essonne….
On l’on découvre que l’Etat propose la prolongation de l’exploitation de pétrole en Essonne pour 25 ans…
http://casorsay.canalblog.com/archives/2019/04/01/37225611.html

1 avril 2019

Exploiter jusqu’à la dernière goutte de pétrole, même en Essonne….

Nous sommes, encore pour quelques minutes au moins, le 1er avril. Alors méfiance, c’était sans doute une blague du Ministère de la transition écologique et solidaire (MTES). Mais de Rugy n’est pas connu pour son grand sens de l’humour, alors… Aujourd’hui donc, le MTES a mis à la consultation, sur son site, un projet de prolongation, pour une durée de 25 ans, des concessions d’exploitation d’hydrocarbures des sites La Croix Blanche, Vert-le-Grand et Vert-le-Petit, tous situés en Essonne.

Tout est là :

http://www.consultations-publiques.developpement-durable.gouv.fr/spip.php?page=article&id_article=1931
http://www.consultations-publiques.developpement-durable.gouv.fr/spip.php?page=article&id_article=1932
http://www.consultations-publiques.developpement-durable.gouv.fr/spip.php?page=article&id_article=1933

Ces sites pétroliers sont visibles de la route qui passe derrière la zone commerciale de la Croix Blanche. Certes, ce n’est pas pour ce qu’ils doivent produire que leur arrêt entraînerait la fin du réchauffement climatique… Mais du coup, symboliquement, ne pas ouvrir la possibilité de cette prolongation d’exploitation aurait été un petit signe… On sait que pour faire face à l’urgence climatique, il est nécessaire de laisser dans le sol au moins 80 % des réserves prouvées en combustibles fossiles (pétrole, gaz et charbon). Un petit geste du pays initiateur de l’accord de Paris sur le climat serait le bienvenu…

La consultation est ouverte, mais seulement jusqu’au 23 Avril. Répondons-y massivement pour dire non à cette prolongation ?

A vos claviers !

Les liens entre une entreprise et l’Etat brésilien

L’entreprise Vale a dicté les règles qui simplifiaient la délivrance de permis environnementaux au Minas Gerais

Des directeurs de la société minière se sont secrètement réunis avec des représentants du gouvernement de l’état du Minas Gerais, au Brésil, afin d’obtenir des changements dans le processus de concession des autorisations, selon les enregistrements obtenus par Reporter Brasil. Les suggestions furent adoptées trois ans plus tard par le gouvernement de l’état du Minas Gerais.

autresbresils.net/L-entreprise-Vale-a-dicte-les-regles-qui-simplifiaient-la-delivrance-de-permis

Lors d’une réunion à huis-clos, des directeurs de la multinationale Vale ont négocié avec des fonctionnaires publics du gouvernement de l’état du Minas Gerais, Sud-Est du Brésil, les règles qui régissent la délivrance des permis environnementaux dans cet état, afin de les simplifier et de les accélérer. C’est ce que révèlent les enregistrements audios et les documents obtenus en exclusivité par Repórter Brasil. Les suggestions proposées par les employés de l’entreprise minière, à l’occasion de cette réunion qui eut lieu en octobre 2014, furent adoptées trois ans plus tard, lorsque le gouvernement du Minas Gerais, alors aux mains de Fernando Pimentel (Parti des Travailleurs), simplifia les règles de délivrance du permis environnemental dans cet état.

La nouvelle norme a affaibli l’audit des chantiers et accéléré l’autorisation d’exploitation de la mine de Córrego do Feijão, dont le barrage a rompu le 25 janvier en laissant derrière lui au moins 176 victimes et 134 disparus à Brumadinho (état du Minas Gerais).

La réunion secrète a eu lieu au siège du Secrétariat d’État à l’environnement et au développement durable de Minas Gerais (Semad), à Belo Horizonte, pendant le mandat de l’ex-gouverneur Alberto Pinto Coelho (Parti Populaire Socialiste), qui était entré en fonction en lieu et place d’Antonio Anastasia (Parti de la Social-Démocratie Brésilienne ). Quatre représentants de la multinationale et au moins deux fonctionnaires de l’état participèrent à cette réunion. La présence de représentants de la Vale dans ce groupe va à l’encontre de la propre norme interne du secrétariat d’État.

Responsables du contrôle et de la régulation du secteur, les fonctionnaires ont écouté pendant trois heures les suggestions de la société minière, dans un climat amical et sans remettre en question les risques que pouvaient apporter des changements dans la législation.

Après une heure de réunion, la directrice de l’environnement de la Vale, Gleuza Jesué, a suggéré que le processus de délivrance du permis, qui dans certains cas peut se faire en trois étapes, “pourrait se transformer en une seule et unique étape”, ce que le gouvernement de l’État a, en effet,complaisamment accepté. Les exigences de l’entreprise se succèdent dans la discussion jusqu’à ce que le sous-secrétaire de la gestion et de la régularisation environnementale globale du gouvernement, André Luiz Ruas, ne réponde : “Si c’est possible ? Tout est possible. Une loi qui ne change pas est une mauvaise loi” (voir la fin des enregistrements en portugais).

Le procès-verbal de la réunion, obtenu par Repórter Brasil, confirme la teneur des conversations, et enregistrant la présentation faite par l’équipe de la société minière “sur le système actuel de régularisation environnemental, exposant les difficultés rencontrées et offrant sa contribution dans un but d’amélioration”.

Le Secrétariat de l’état se contredit

Outre le fait de révéler la proximité entre l’entreprise minière et les responsables de sa surveillance, la réunion montre que les fonctionnaires du gouvernement ont violé la norme interne qui détermine que les groupes de travail mis en place pour discuter de nouvelles règles dans le processus des autorisations, doivent être composés “exclusivement d’agents de l’État”, selon la note de la Semad envoyée à Repórter Brasil.

Interrogé sur l’éventuelle participation de membres de la Vale à certaines réunions ayant eu lieu dans les locaux de l’institution publique en 2014, le service de communication de la Semad a répondu par la négative.

Néanmoins, suite aux révélations des enregistrements et des procès-verbaux de la réunion, le secrétariat est revenu en arrière et a reconnu la présence de représentants de la Vale, qui auraient été “invités par un des membres du groupe de travail” afin de présenter une étude qui rendait compte des modèles canadiens et australiens, en terme de délivrance de permis. “La Vale n’a donc pas intégré le groupe de travail en question, mais n’a fait que réaliser une présentation pour les membres de ce groupe”, conclut le communiqué.

Le communiqué signale aussi que les groupes de travail ont bénéficié des contributions d’autres organismes et entités de l’administration publique et de la société civile. “Nous affirmons donc que cette réunion (avec la Vale) n’a pas servi de référence à l’édition des normes qui ont suivi”. Lire ici l’intégralité de la réponse (en portugais).

Maria Tereza Corujo, qui participe fréquemment à ce type de réunion à la Semad affirme qu’en 2014, la société civile n’a été conviée à aucun moment pour discuter de changements dans la législation. Elle fut l’unique conseillère du Conseil d’État de la Politique Environnementale (Copam), à voter contre l’autorisation des chantiers du barrage de Córrego do Feijão. “Nous avons toujours dénoncé la promiscuité excessive entre l’État et les représentants des secteurs économiques, principalement les sociétés minières”, conclut-elle après avoir pris connaissance des enregistrements.

“Il est pour le moins étrange qu’un groupe de travail organisé exclusivement pour les agents de l’État, dans le but discuter de choses de si importantes que la régularisation environnementale, ait pu être ouvert aux représentants des entreprises”, affirme Bruno Milanez, titulaire d’un doctorat en politique environnementale et professeur à l’Université Fédérale de Juiz de Fora (UFJF). Milanez soutient que ce n’est pas la première fois que la Vale interfère directement dans la politique. En 2015, par exemple, le Code d’Exploitation Minière fut rédigé avec l’aide d’avocats de la société minière.

Outre la directrice exécutive Gleuza Jesué, l’actuel secrétaire de l’Environnement du Minas Gerais, Germano Vieira Lopes était aussi présent à cette réunion. Fonctionnaire de carrière, admis sur concours public en 2012, Germano Lopes a rapidement gravi les échelons de la Semad, jusqu’au sommet de l’institution, en novembre 2017. Il fut le seul secrétaire du premier échelon du gouvernement du Minas Gerais, nommé par Pimentel, a conserver ses fonctions après l’arrivée au pouvoir de Romeu Zema (Parti Novo).

À l’époque de la réunion, Lopes était le chef de cabinet du secrétaire et coordinateur du groupe de travail. À la fin de la réunion, il remercia de leur présence l’équipe de la Vale et dit que le secrétariat allait “établir les critères et les macros directives” afin qu’ils puissent reprendre la discussion l’année prochaine (2015) “sur une bonne base de travail pour continuer à avancer”.
C’est Germano, alors au poste de secrétaire, qui signa la norme de décembre 2017, qui altéra les critères de risques de certains barrages, et qui autorisa la réductions des étapes de délivrance du permis environnemental de l’État, comme l’a révélé Repórter Brasil le jour suivant le désastre de la Vale à Brumadinho. Avant cette mesure, les dossiers d’impacts environnementaux significatifs dans l’État passaient toujours par trois phases d’approbation : Autorisation préalable, Autorisation d’exploitation et Autorisation d’installation. Grâce aux nouveaux critères de risques, plus flexibles, les trois autorisations sont délivrées en même temps.

À l’époque, le gouvernement de Minas Gerais avait annoncé que les changements représentaient une “grande avancée pour la législation environnementale mineira[ Du Minas Gerais]”. Dans un communiqué envoyé aujourd’hui (22 février) à Repórter Brasil, le gouvernement affirme qu’il “ignore les suggestions faites par la Vale en cette occasion, puisqu’il s’agit d’une réunion ayant eu lieu en 2014” , et précise que le groupe en question était issu de la précédente gestion. Lire ici le communiqué dans son intégralité (en portugais).

La Vale confirme la participation de ses employés à la réunion au siège du secrétariat, mais précise qu’ils ne faisaient pas partie du groupe de travail. “Ses représentants ont juste été conviés à cette réunion, tout comme de nombreux autres représentants d’entreprises, dans le but de collaborer aux discussions techniques”, dans un communiqué envoyé à Repórter Brasil.

Suite au changement, les permis environnementaux se sont multipliés au Minas Gerais. De janvier à août 2018, une moyenne de 15 autorisations par jour ont été délivrées, alors qu’il n’y en avait que quatre auparavant. Tout peut être rediscuté

Pour en savoir plus :

Voici trois moments de la réunion à huis clos entre les directeurs exécutifs de la Vale et les agents du service publics du Secrétariat à l’Environnement de l`état du Minas Gerais — organe responsable de la surveillance et de la régulation de l’activité de la société minière.

Enregistrement Audio Player

(en portugais)
À la 51e minute de lenregistrement de la réunion, la directrice exécutive de l’environnement de la Vale, Gleuza Jesué, suggère que le processus d’autorisation, qui dans certains cas se fait en trois étapes, “pourrait devenir une autorisation unique”. Autrement dit, en une seule étape.

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 (en portugais)
Quelques minutes plus tard, André Luís Ruas, du gouvernement mineiro, précise que dans certains cas d’augmentation de la production et des rejets miniers, il faut une nouvelle autorisation. Jesué, da Vale, demande alors si ce principe peut être rediscuté. “À vrai dire tout peut être rediscuté”, répond Ruas.

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 (en portugais)
La représentante de la Vale continue, suggérant une altération à la loi, qui offrirait à la société minière la possibilité de s’engager par une déclaration de responsabilité et ajoute qu’elle n’attend pas de réponse immédiate. Ruas répond : “Si c’est possible ? Tout est possible. Une loi qui ne change pas est une mauvaise loi”.

NOTE DE LA RÉDACTION de Reporter Brasil : Le reportage a été modifié à 19h15 pour y inclure l’information suivante : la réunion entre les représentants de la Vale et les fonctionnaires de la Semad, d’octobre 2014, a eu lieu pendant la gestion de l’ex-gouverneur mineiro Alberto Pinto Coelho (PPS), qui avait remplacé Antonio Anastasia (PSDB). autresbresils.net/L-entreprise-Vale-a-dicte-les-regles-qui-simplifiaient-la-delivrance-de-permis

Épuisement des ressources & Ravages de l’extractivisme

Refus de l’extractivisme climaticide  n° 385

1/ Nicolas Sersiron : Renouvellement ou développement, vivre ou mourir sans fin
Pays « développés »

Est « développé » le pays qui pratique depuis plusieurs siècles l’extractivisme, le pillage à grande échelle des ressources naturelles que sont les biens communs. Chez lui d’abord, mais surtout chez les autres pour s’approprier tout ce qu’il n’a pas ou qui est excessivement destructeur ou trop polluant chez lui. Bois et autres produits tropicaux, soja, huile de palme, caoutchouc, agrocarburant, minerais de toutes sortes, énergies fossiles, ressources halieutiques sont importés depuis 5 siècles et transformés industriellement par les pays extractivistes. Le commerce triangulaire avec l’esclavage, la colonisation avec le travail forcé et le néocolonialisme actuel avec les leviers de la dette illégitime et du libre-échange forment une continuité d’asservissement des autres peuples, un accaparement du sol et du sous-sol de leurs pays. Ils sont les bases du « développement », nommé aussi « progrès », des pays les plus riches.
http://www.cadtm.org/Renouvellement-ou-developpement-vivre-ou-mourir-sans-fin

2/ Matthieu Auzanneau : Le pic pétrolier, un danger mortel pour l’Europe
Matthieu Auzanneau, directeur du think tank The Shift Project et auteur du livre « Or Noir, la Grande histoire du pétrole », intervient à l’occasion des Ateliers du Shift organisés le 7 février 2019.
https://www.youtube.com/watch?v=LeDzFEyICXI&feature=youtu.be

3/ Réaction de Greenpeace France à la première livraison d’huile de palme à l’usine de la Mède
Une enquête du Parisien a révélé ce matin qu’une cargaison d’huile de palme en provenance d’Indonésie allait / venait d’être livrée à l’usine de Total à la Mède, dans les Bouches du Rhône [1].
Quelques jours après des mobilisations sans précédent pour le climat en France, ce hasard du calendrier est une nouvelle preuve flagrante de l’inaction climatique du gouvernement et d’Emmanuel Macron.
L’autorisation donnée à la bioraffinerie de La Mède pourrait entraîner l’importation de centaines de milliers de tonnes d’huile de palme, jusqu’à 550 000 tonnes chaque année.
L’autorisation d’exploitation donnée par le gouvernement pourrait entraîner une augmentation de plus de 60% des importations d’huile de palme en France.
https://www.greenpeace.fr/espace-presse/reaction-de-greenpeace-france-a-premiere-livraison-dhuile-de-palme-a-lusine-de-mede/
Pour les Amis de la Terre
https://www.amisdelaterre.org/Reaction-des-Amis-de-la-Terre-a-la-premiere-livraison-d-huile-de-palme-a-l.html

4/ Le fonds souverain norvégien fait mine de sortir du pétrole
L’institution a promis de se désengager des compagnies pétrolières, pour des raisons avant tout financières. Mais cela ne concerne pas les majors comme Total, BP ou ExxonMobil.
https://www.lemonde.fr/economie/article/2019/03/22/le-fonds-souverain-norvegien-fait-mine-de-sortir-du-petrole_5439619_3234.html

5/ Guinée : Plainte contre la Banque mondiale pour le financement d’une mine de bauxite nocive
Les populations de 13 villages situés à l’Ouest de la Guinée ont déposé une plainte contre la Société financière internationale (SFI), institution du groupe de la Banque mondiale chargée du secteur privé, pour avoir financé le développement d’une mine de bauxite nocive. Les 540 plaignants affirment que la Compagnie des bauxites de Guinée, qui pilote le projet financé par la Société financière internationale (SFI), a confisqué leurs terres, détruit leurs moyens de subsistance et l’environnement local ainsi que les ressources hydriques.
http://www.cadtm.org/Guinee-Plainte-contre-la-Banque-mondiale-pour-le-financement-d-une-mine-de

6/ Comment les géants du pétrole cherchent à « capturer les discours » sur le climat
ExxonMobil, Chevron, BP, Shell et Total dépensent près de 200 millions de dollars par an en publicité pour se doter d’une image positive sur l’enjeu du climat. Dans le même temps, les géants du pétrole continuent à faire du lobbying, directement et via leurs associations professionnelles, pour éviter toute politique ambitieuse de limitation des énergies fossiles.
http://multinationales.org/Comment-les-geants-du-petrole-cherchent-a-capturer-les-discours-sur-le-climat

7/ Le nombre de centrales à charbon recule partout dans le monde sauf en Chine
C’est une bonne nouvelle en demi-teinte. Selon un tout nouveau rapport, le charbon continue de reculer dans le monde : le nombre de projets a baissé de 60 % depuis 2015 et le nombre de centrales en développement s’est même réduit de 84 % depuis trois ans. Y compris les États-Unis de Donald Trump suivent cette tendance en concentrant la moitié des centrales arrêtées dans le monde l’année dernière. La Chine, en revanche, s’éloigne des objectifs de l’Accord de Paris en pariant encore sur cette énergie sale.
https://www.novethic.fr/actualite/energie/energies-fossiles/isr-rse/le-nombre-de-centrales-a-charbon-recule-partout-dans-le-monde-sauf-en-chine-147082.html

8/ Épargnons le climat : En 2019, la France offre 11 milliards d’euros de subventions pour les énergies fossiles
11 milliards d’euros. C’est le montant des remboursements et des exonérations de taxes qui concernent la consommation des énergies fossiles en 2019 [1]. 11 milliards d’euros qui freinent l’essor de la transition écologique en avantageant les secteurs polluants. 11 milliards d’euros perdus pour le budget de l’État. 11 milliards d’euros potentiels pour financer des projets de la transition écologique et accompagner les ménages et certains secteurs d’activités.
Ces 11 milliards sont aussi devenus un symbole d’injustice sociale : les exonérations (concernant la taxe sur les produits énergétiques et la taxe carbone) bénéficient aux grandes entreprises alors que chaque ménage paie la totalité de la taxe.
https://reseauactionclimat.org/stop-subventions-fossiles-2019/

9/ Permis de recherches minières à Silfiac. Le recours des associations rejeté
La requête portée le 7 février par les associations Eau et rivières de Bretagne et Nature et patrimoine Centre-Bretagne visant l’annulation du Perm (permis exclusif de recherches minières) de Silfiac a été rejetée par le tribunal administratif de Rennes.
https://www.letelegramme.fr/morbihan/pontivy/permis-de-recherches-minieres-le-recours-des-associations-rejete-26-03-2019-12242369.php#

10/ Poissons morts, eau toxique… Au Brésil, deux mois après la rupture du barrage de Brumadinho, la pollution a gagné la rivière Paraopeba
Une catastrophe écologique et un bilan humain lourd. Le 25 janvier, un des trois barrages miniers du complexe de Córrego do Feijão, à Brumadinho, dans le sud-est du Brésil, cédait, déversant un torrent de boue et tuant au moins 211 personnes. La rupture de cette digue qui contenait les résidus d’une mine de minerai de fer a entraîné une véritable marée rouge de boue, détruisant tout sur son passage. Deux mois après, la rivière Paraopeba est encore trop polluée pour pêcher ou faire boire les animaux, témoigne un pêcheur. « Les chercheurs qui sont venus ici ont dit qu’il faudrait 8 ou 10 ans » pour que la rivière s’en remette, raconte-t-il. Franceinfo a rassemblé plusieurs clichés pour montrer ce paysage dévasté.
https://www.francetvinfo.fr/monde/bresil/en-images-poissons-morts-eau-toxique-au-bresil-deux-mois-apres-la-rupture-du-barrage-de-brumadinho-la-pollution-a-gagne-la-riviere-paraopeba_3250727.html

https://yonnelautre.fr/

Géothermie


Qui paie les pots fracturés ?

La chaleur extraite des profondeurs de la croûte terrestre peut fournir une énergie abondante et relativement bon marché. Problème : elle n’est pas renouvelable et l’État organise l’impunité des exploitants en cas de dégâts collatéraux dus à la fraction des sols.

La ressource géothermique en France est répartie de manière inégale sur le territoire. Les technologies d’extraction de chaleur diffèrent en fonction des disponibilités. Si une utilisation individuelle est possible partout, ce n’est pas le cas pour une exploitation industrielle réservée aux gros gisements. Extraction, gisements  : l’exploitation de la géothermie est contrôlée par le Bureau des recherches géologiques et minières (BRGM), gestionnaire du sous-sol en France. De fait l’État est le principal financeur des recherches en géothermie, même si certaines régions particulièrement favorisées comme l’Alsace investissent beaucoup dans cette énergie [1] quand d’autres régions ne se focalisent que sur des sites précis.

Ainsi, en Alsace, le site de Soultz-sous-Forêts est le premier site au monde dit EGS (Enhanced Geothermal System) – utilisant ce qu’ils appellent une «  injection de stimulants chimiques  » – à avoir été raccordé au réseau électrique. Depuis 2008, il fournit l’équivalent de 1,5 MW de production nette sur le réseau électrique. [2]

La gestion du risque géothermique

Le point fort de la géothermie est sa forte rentabilité  : quand la chaleur de l’eau extraite est suffisante, elle peut être utilisée directement sans conversion pour du chauffage. Dans le cas contraire son utilisation par l’intermédiaire d’une pompe à chaleur est aussi d’un bon rendement… au moins en hiver. La question est différente en été quand la géothermie sert par exemple à alimenter des climatiseurs.

La question du risque géothermique a déjà été évoquée dans les années 1980 quand, à la suite des chocs pétroliers, les premières installations ont été lancées. Il s’agissait alors pour les lobbies du pétrole de couper court à toute alternative. Pourtant il ne s’agissait pas d’un pur fantasme.

Le risque principal lié à la géothermie est une conséquence des forages, aujourd’hui complétés par des techniques d’injection d’acide dans les roches  : la pression augmentant considérablement avec la profondeur, il peut se produire une fracturation des sols aboutissant à une complète déstructuration de la roche mère.

Évidemment, le risque croît avec la taille de l’installation. Concernant la géothermie profonde, le cas d’école est la fracturation hydraulique sur un site près de Bâle (Suisse) qui a provoqué en 2006 un séisme de faible magnitude. Le sous-sol de tout un quartier et les fondations de plus de 400 habitations se sont retrouvés fracturés.

Aujourd’hui encore il est difficile d’évaluer les risques de cette technologie encore expérimentale. Pour protéger les entreprises l’État a fondé un fond de soutien aux exploitants, d’abord pour compenser les pertes quand les forages ne permettent pas d’accéder à des ressources exploitables. Pour faire bonne mesure, les dégâts éventuels liés à l’exploitation de la ressource ne seront pas pris en charge par une quelconque assurance privée, ni par un fond étatique.

Pour ce qui est des risques liés aux installations individuelles, les causes peuvent êtres multiples, mais le cas le plus grave recensé est celui de Lochwiller en Alsace en 2008. Deux entreprises effectuent alors un forage à 60 mètres de profondeur sur une colline pour alimenter le chauffage d’une maison. Pas de chance  : le sol gonfle et provoque un effondrement partiel de la colline. En 2019, la situation géologique n’a toujours pas été stabilisée et le village menace d’être enseveli. Face à cette catastrophe, les installateurs sont dédouanés de toute responsabilité par la justice. Les propriétaires de cette maison de lotissement sont considérés comme exploitants de forage, et doivent payer les travaux sur le captage (travaux sans solution technique). Aucune solution financière n’est pour l’instant en cours pour les maisons fracturées, ou pour les futurs dégâts potentiels sur le village.

Transition énergétique ou piège à fric ?

Un certain nombre de projets ont été et sont toujours prometteurs du point de vue de la transition énergétique, comme la captation des nappes souterraines localisées. L’agglomération parisienne, qui est bien pourvue, dispose d’un réseau fiable de plus de 200 000 logements chauffés à l’eau chaude extraite de nappes souterraines. Le chauffage par l’énergie géothermique est ainsi un système fort efficace.

Mais comme toute ressource énergétique, la géothermie est gangrenée quand les investisseurs cherchent à établir des monopoles d’exploitation et de distribution, et que l’État organise leur irresponsabilité. Et quand la géothermie profonde cherche à exploiter des ressources extraites de roches proches du magma, il est difficile de les qualifier de poches d’eau chaude atteignables sans dangers.

L’exemple du réseau de Strasbourg, qui devrait fournir 80 % de la chaleur de la ville, se fait sans garanties de démantèlement des centrales ou de dédommagement éventuel.

Or, cette énergie – qualifiée de renouvelable – puise de la chaleur pour rejeter du froid dans les sous-sols. Cette eau est radioactive, et les échanges de fluide refroidissent le sous-sol. Au final la durée d’extraction n’est pas supérieure à trente ans dans le meilleur des cas, pour une reconstitution du gisement estimée à cent cinquante ans minimum. Ces estimations ne prennent pas en compte la déstructuration de la roche mère et les tonnes d’acides injectés, ni le risque radiologique, qui seront payées au final par les habitantes et habitants.

Face à la géothermie, il est nécessaire de combattre la concentration capitaliste pour favoriser des gestions collectives et raisonnée des projets  : que l’énergie reste aux mains des personnes concernées, utilisant des techniques maîtrisées dans des installations de taille modérée et pour un usage d’abord local.

 [1« Géothermie : Strasbourg, bientôt capitale du capitalisme vert ? », sur Alsace.alternativelibertaire.org

[2« La centrale pilote EGS de Soultz-Sous-Forêts, Alsace », sur Geothermie-perspectives.fr

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