Archives de l’auteur : Pierre Rose

Refus de l’extractivisme climaticide n° 401

Épuisement des ressources & Ravages de l’extractivisme

1/ Moins de pognon pour le charbon
Le 2 juillet 2019, la place financière de Paris a annoncé un plan de sortie du financement des énergies fossiles d’ici à mi-2020. Une démarche potentiellement exemplaire, qu’elle n’a pas détaillée pour autant.
https://www.politis.fr/articles/2019/09/moins-de-pognon-pour-le-charbon-40856/

2/ L’astronomique facture cachée qui plombe le nucléaire français
5 milliards de plus pour l’EPR de Flamanville, 15 milliards de déchets non comptabilisés, 28 milliards pour démanteler les centrales…
https://resistanceinventerre.wordpress.com/2019/09/28/lastronomique-facture-cachee-qui-plombe-le-nucleaire-francais/

3/ Le vrai bilan du CAC40 : La pollution au quotidien
De l’automobile au BTP en passant par la chimie, les activités économiques ont souvent un impact lourd sur l’environnement et sur la santé. Impact parfois dénié ou minimisé au nom de l’emploi. Les régulations en place ne sont pas toujours respectées, et les sanctions, quand elles sont prononcées, restent dérisoires. L’incendie de l’usine Lubrizol, à Rouen, vient à nouveau de l’illustrer. Nouvel extrait de notre publication CAC40 : le véritable bilan annuel.
http://multinationales.org/La-pollution-au-quotidien

4/ Kadri Simson, la commissaire européenne à l’énergie qui aimait trop le pétrole
L’Estonienne Kadri Simson, jusqu’alors ministre de l’économie dans son pays et chargée de la politique énergétique, va devenir commissaire européenne à l’énergie. Et ce alors que le pays d’Europe du Nord est l’un des plus carbonés de l’UE
https://www.lemonde.fr/economie/article/2019/10/06/la-commissaire-a-l-energie-qui-aimait-trop-le-petrole_6014437_3234.html

5/ Le piège de l’abondance L’écologie populaire face au pillage de la nature en Amérique latine, coordonné par Nicolas PINET
En Amérique latine, les années 2000 sont marquées par un boom de l’extraction des matières premières. Les populations riveraines de ces projets extractivistes (forages pétroliers, mines, coupes de bois et cultures intensives…) « paient pour d’autres » : elles ne bénéficient en rien des ressources naturelles extraites ou des grands travaux réalisés, destinés à des entreprises ou des consommateurs situés à des milliers de kilomètres, mais doivent par contre en supporter les conséquences désastreuses.
https://yonnelautre.fr/spip.php?article9851#forum144901

6/ Les bateaux de croisière trichent pour pouvoir polluer
Certaines sociétés de transport internationales, semblant se conformer aux normes d’émissions sur les polluants atmosphériques qui interdisent de rejeter ces polluants dans l’air, ont dépensé plus de 10 milliards de dollars pour équiper leurs navires (porte-conteneurs, pétroliers… fonctionnant au fioul lourd) de dispositifs qui contournent la nouvelle législation environnementale. Leurs bateaux ont des épurateurs à boucle ouverte qui extraient bien le soufre de leurs gaz d’échappement, mais le déversent directement dans la mer.
https://reporterre.net/Les-bateaux-de-croisiere-trichent-pour-pouvoir-polluer

7/ Arrêté du 3 octobre 2019 accordant un permis exclusif de recherches de mines de tantale, niobium et substances connexes (lithium, béryllium, étain, tungstène, et or) dit « Permis Voltaire » (Guyane) à la société par actions simplifiée SUDMINE
https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000039184724&dateTexte=&categorieLien=idhttps://yonnelautre.fr/

Nous reprendrons la plaine !

Cela se passe à l’Amassada de Saint-Victor-et-Melvieu

Ce soir, demain, dans un mois nous reprendrons les terres communes de la Plaine. Nous abattrons les grillages qui enferment nos imaginaires.

Nous réduirons les machines à de simples carcasses pour que nos enfants en fassent des cabanes.

Ce matin, l’ogre industriel a investi la Plaine. Une vraie armée, des gardes mobiles, des blindés, un hélicoptère, un drone le tout sous la houlette d’un général m’as-tu-vu en costume de préfète incarnant parfaitement le nouveau/vieux monde de Macron. Tweet à tout va, selfie en foulant les affaires personnelles des habitant.es expulsé.es. Une photo : Nous reprendrons la plaine !

Ce soir, demain, dans un mois nous reprendrons les terres communes de la Plaine. Nous abattrons les grillages qui enferment nos imaginaires.

Nous réduirons les machines à de simples carcasses pour que nos enfants en fassent des cabanes.

Là-haut, cinq années d’effort constant à bâtir un hameau, où se sont ouverts de nouveaux horizons, a été broyé en quelques heures. 

Certes, ce soir nous sommes tristes pour ces lieux mais dans nos cœurs et dans nos têtes sont à jamais ancrées les solidarités, les amitiés construites. Nous sommes plus forts qu’il y a cinq ans. Ensemble, nous défendrons ces terres et le transformateur ne verra pas le jour.

L’amassada est une idée, elle ne peut pas disparaître. Elle trouvera d’autres cabanes où s’incarner.

De même, la lutte démarrée il y a 10 ans ne s’arrête pas là. Pas res nos arresta! ne sera pas un simple slogan. La lutte change de forme.

Dans les jours qui viennent faisons preuve d’audace et parions qu’à nouveau la Plaine s’embrasera.

Continuez à converger. Suivez le fil d’actualité sur douze.noblogs.org

amassada@riseup.net

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Un article dans « Le Monde », en date du 9 octobre

Les nouveaux géants européens des infrastructures gazières

Fluxys, Snam, Enagás, GRTgaz…

Les entreprises derrière les réseaux de transport de gaz européens sont inconnues du grand public, mais leur influence sur les décisions politiques est profonde. Elles engrangent des profits en construisant et en exploitant des gazoducs et d’autres infrastructures gazières, et sont bien décidés à nous maintenir dans la dépendance au gaz naturel fossile. Rapport et cartographie de l’Observatoire des multinationales avec ses partenaires du réseau ENCO.

Pourquoi l’UE continue-t-elle à construire de nouveaux gazoducs et des terminaux GNL inutiles ? Qui les encourage et qui en profite ?

Les entreprises à l’origine du réseau européen de transport de gaz sont rarement connues du grand public, mais leurs lobbyistes sont pourtant au cœur de notre système politique. Ils réalisent des profits en construisant et en exploitant des gazoducs et d’autres projets d’infrastructures gazières, et ils veulent désespérément nous garder accros au gaz fossile, malgré la science climatique et une opposition locale généralisée.

Nous nous intéressons à quatre des plus grands gestionnaires de réseaux de gaz d’Europe : Enagás (Espagne), Fluxys (Belgique), GRTgaz (France) et Snam (Italie), et tentons de répondre à quelques questions clés : Quelles infrastructures détiennent-ils et quelles sont leurs filiales ? Qui sont leurs PDG et qui siège à leur conseil d’administration ? Combien de bénéfices réalisent-ils et qui sont les actionnaires qui les empochent ? Quel est leur pouvoir de lobbying et qui paient-ils pour influencer les décisions ?

Notre carte permet non seulement de visualiser leurs gazoducs et terminaux, mais répond aussi graphiquement à plusieurs de ces questions. Les quatre profils d’entreprises, ainsi que des études de cas sur certains de leurs projets controversés, se trouvent en fin d’article.

Il s’agit de questions cruciales car, ensemble, ces « gestionnaires de réseau de transport » (GRT) de gaz mal connus possèdent suffisamment de kilomètres de gazoducs pour faire le tour du monde deux fois et demie, et veulent en construire encore davantage, y compris des projets controversés comme le Trans Adriatic Pipeline (TAP). Ils auront une influence clé sur la manière dont l’Europe choisira de répondre, ou non, à l’urgence climatique, mais aussi sur comment, et par qui, ces réponses seront financées. Il ne faut pas les ignorer.

Télécharger le document « Qui contrôle tous les gazoducs ? » en français, anglais, espagnol, italien ou flamand.

Cet article, ainsi que la carte, sont issus d’un projet de recherche international du Réseau européen des observatoires d’entreprises (ENCO) mis en oeuvre par Corporate Europe Observatory (CEO), Re:Common, Observatori del deute en la globalització (ODG), l’Observatoire des multinationales et le Gresea.

Les plus grandes entreprises de gaz dont vous n’avez jamais entendu parler

Enagás (Espagne), Fluxys (Belgique), GRTgaz (France) et Snam (Italie) sont les quatre plus grands transporteurs de gaz (GRT) d’Europe, possédant des infrastructures sur le continent et au-delà. Ensemble, ils détiennent plus de la moitié des terminaux GNL de l’UE et plus de 100 000 km de gazoducs, et ce n’est pas fini : 6200 km de gazoducs et au moins un autre terminal méthanier sont en construction.

Tous les quatre sont gérés comme des sociétés privées, bien qu’ils soient partiellement contrôlés par des États (voir plus loin). Ensemble, ils ont réalisé un bénéfice de plus de 2 milliards d’euros en 2018, dont près des trois quarts ont été versés en dividendes à des actionnaires tels que les fonds d’investissement BlackRock (GRTgaz et Snam) et Lazard (Enagás et Snam).

Ces entreprises peu connues n’ont pas le profil public de Shell, Total ou BP, mais sont tout aussi influentes pour maintenir l’Europe dans sa dépendance au gaz. L’année dernière, ces quatre firmes ont dépensé jusqu’à 900 000 euros en lobbying auprès des instances européennes, employant un total de 14 lobbyistes. Selon le registre de transparence de l’UE, ils ont réussi à obtenir près de 50 réunions avec des hauts responsables de la Commission européenne pour discuter de leurs derniers projets de gazoducs ou de rachats.

En plus de leurs propres activités de lobbying, les quatre entreprises ont investi dans un vaste réseau de groupes de pression rémunérés pour faire avancer leurs objectifs. Il s’agit notamment de l’association professionnelle Gas Infrastructure Europe (GIE), qui fait partie d’un certain nombre de groupes consultatifs influents de la Commission. Marco Alverà, PDG de Snam, est bien placé pour s’assurer que tous les groupes suivent la ligne de conduite fixée. Il est actuellement président de l’association bruxelloise GasNaturally, qui compte le GIE parmi ses membres, et était auparavant vice-président d’Eurogas, un autre membre de GasNaturally.

Additionnez les dépenses d’Enagás, Fluxys, GRTgaz et Snam avec celles de leurs huit principaux groupes de pression, et vous atteignez plus de 3 millions d’euros en 2018, avec 50 lobbyistes à leur disposition. Une influence à ne pas sous-estimer sur la définition de la politique gazière européenne. Cependant, leur canal de lobbying le plus important a été créé par l’UE elle-même.

L’industrie prend les devants sur les plans de l’UE en matière de gaz

L’UE a créé son propre groupe de pression interne composé de gestionnaires de réseaux de transport de gaz, appelé « Réseau européen des gestionnaires de réseau de transport de gaz », REGRT-G (ou ENTSO-G en anglais). Il compte Enagás, Fluxys, GRTgaz et Snam parmi ses membres. Bien que composé exclusivement d’entreprises gazières, l’UE a chargé le groupe de fournir des projections de la demande future de gaz en Europe, qu’elle surestime constamment. L’UE demande ensuite au REGRT-G de lui fournir une liste de projets d’infrastructure pour répondre à la demande prévue. Après avoir été approuvée par les gouvernements, cette liste devient la liste officielle des « projets d’intérêt commun » (PCI), que les membres du REGRT-G établissent ensuite avec le soutien financier et politique de l’UE. 1,3 milliard d’euros de fonds publics ont déjà été consacrés à des projets tels que MidCat, le Trans Adriatic Pipeline (TAP) et les terminaux GNL de Fluxys. La quatrième liste des PCI sera finalisée d’ici fin 2019, avec plus d’une centaine de nouveaux projets gaziers actuellement inclus, malgré la nécessité d’éliminer complètement le gaz fossile.

Le gaz – une fausse solution
Le gaz fossile est un désastre pour les communautés et leur environnement, qui sont affectés partout où il est foré ou transporté. C’est aussi un désastre pour le climat. Le gaz dit « naturel » est composé de méthane, qui est plus de 100 fois plus puissant que le CO2 sur une période de dix ans. De grandes quantités de gaz s’échappent dans l’atmosphère pendant le forage et le transport (en particulier en cas de recours à la fracturation hydraulique), rendant le gaz aussi mauvais pour le climat que le charbon, voire pire.

Des entreprises à capitaux publics capturées par les intérêts privés

Toutes ces entreprises sont issues d’anciens monopoles nationaux détenus par l’État et conservent un certain niveau de propriété publique. Enagás n’appartient qu’à 5 % à l’État espagnol, mais avec un droit de veto. L’actionnaire majoritaire de Snam est CDP Reti, qui est contrôlée par une institution financière publique italienne (avec la filiale d’une société publique chinoise). Fluxys est détenue à 75% par Publigaz, une holding intercommunale. GRTgaz est détenu à 75 % par le géant de l’énergie Engie (lui-même toujours détenu à 24 % par l’Etat français) et à 25 % par un établissement financier public.

La proximité de ces entreprises avec les dirigeants politiques et les hauts fonctionnaires de leur pays est évidente lorsqu’on regarde leurs conseils d’administration et leur direction. Enagás, qui a longtemps été un refuge pour les politiciens de tous bords, a maintenant un ancien député européen conservateur comme patron, qui est aussi le fils d’un ancien ministre. Le président de son conseil d’administration est un ancien ministre socialiste. Le président de Fluxys a été maire de Gand jusqu’en 2019. Le patron de GRTgaz est un ancien haut fonctionnaire chargé de la régulation du secteur gazier. Les « portes tournantes » entre public et privé fonctionnent à plein régime.

Malheureusement, cette forte présence publique ne signifie pas que les entreprises désormais largement privées sont gérées dans un souci d’intérêt général ; au contraire, cela signifie que les organismes publics actionnaires ont été capturés par des intérêts privés, qui sont d’autant plus influents en raison de leurs connivences politiques. Lorsqu’ils ont besoin d’autorisations spéciales et d’un soutien de l’État pour réprimer la résistance à leurs projets controversés, comme le TAP en Italie du Sud, le gouvernement est là pour les aider. Tout comme il est prêt à les renflouer aux dépens du public lorsqu’un de leurs projets favoris échoue de manière spectaculaire, comme ce fut le cas avec le projet Castor en Espagne pour Enagás (voir encadrés sur TAP et Castor).

Partager le gâteau et l’agrandir

GRTgaz est probablement celui des quatre qui est encore le plus proche de son ancien statut de service public, mais cela est sur le point de changer. Le gouvernement français a adopté en 2019 une loi qui autorise de nombreuses privatisations, dont 49,9 % de GRTgaz. Ceci est justifié comme un moyen de l’aider à se développer au-delà de ses frontières et à devenir un « champion européen ». GRTgaz, déjà propriétaire de gazoducs en Allemagne, a tenté en 2017 de racheter sans succès DEFSA, le gestionnaire du réseau de transport de gaz grec, qui a finalement été racheté par un consortium composé d’Enagás, Snam et Fluxys. Il serait en pourparlers avec Open Grid Europe, un GRT détenu par le fonds d’investissement australien Macquarie, qui possède également des infrastructures gazières en Allemagne.

C’est un processus que nous avons déjà vu dans de nombreux secteurs, des télécommunications aux services postaux et aux trains. Les entreprises publiques nationales ont été privatisées, parfois démantelées, fusionnées avec leurs homologues étrangers, pour devenir progressivement une poignée d’entreprises géantes qui dominent le marché communautaire et exercent une influence considérable sur le processus décisionnel européen. Il ne s’agit pas ici de « saine » concurrence, mais bien pour les firmes gérant les réseaux de se partager le gâteau, en coordonnant leurs efforts à Bruxelles pour le faire grandir encore, avec un soutien toujours plus important aux nouvelles infrastructures gazières sur tout le continent.

Il n’est donc pas surprenant de voir ces nouveaux géants gaziers s’associer à des projets controversés tels que le Trans Adriatic Pipeline (TAP) ou MidCat (voir encadrés), ou racheter les entreprises nationales restantes telles que DEFSA. Nos quatre géants européens des gazoducs possèdent désormais des actifs non seulement en Italie, en Espagne, en France et en Belgique, leurs pays d’origine, mais aussi au Royaume-Uni, en Allemagne, en Grèce, en Autriche, aux Pays-Bas, en Albanie et en Suisse. Ensuite, ils se tournent vers les marchés hors d’Europe. Enagás, en particulier, est déjà présent au Pérou et au Mexique.

La frénésie d’infrastructures gazières qui apporte des millions aux marchés financiers

Alors que ces « 4 grands » du transport de gaz naturel plaident pour plus de gazoducs et de terminaux GNL au détriment du climat et des communautés, les ex-hommes politiques et dirigeants d’entreprises ne sont pas les seuls à en tirer profit. Leurs autres actionnaires, en dehors des gouvernements, sont de grands investisseurs institutionnels, toujours friands de ce type d’actif peu risqué et dont les revenus sont garantis. Il peut s’agir de fonds de Wall Street tels que BlackRock (qui détient une participation significative dans la société mère de GRTgaz, Engie, et dans Snam), Lazard (Snam et Enagás) ou Goldman Sachs (Enagás). Il peut s’agir de caisses de retraite comme la Caisse de dépôt et placement du Québec (Fluxys). Parfois, on retrouve des fonds souverains, comme le GIC de Singapour, qui détient plus de 30 % de Terega, une filiale française de Snam.

Ils ont tous un point commun : ils aiment que les entreprises réalisent des dividendes. En 2018, GRTgaz, Enagás, Snam et Fluxys ont transféré collectivement les trois quarts de leurs 2 milliards d’euros de bénéfices directement dans les poches des actionnaires. Fluxys a donné encore plus qu’elle n’avait réalisé de bénéfices, distribuant des liquidités supplémentaires provenant des réserves libérées, de sorte que les dividendes s’élevaient à 160 % des bénéfices.

Retarder la transition énergétique

La pression exercée sur les plus grands GRT européens pour maximiser les dividendes peut également poser des problèmes lorsqu’ils tentent de transformer notre système énergétique en réponse à l’urgence climatique. Laisser les combustibles fossiles comme le gaz dans le sol réduirait sérieusement les profits des entreprises et, par conséquent, les dividendes des actionnaires. Ainsi, au lieu de discuter de la façon de gérer le déclin nécessaire de la production de combustibles fossiles, de démanteler les infrastructures et d’assurer une transition juste pour les travailleurs, les quatre grands GRT cherchent de nouvelles excuses pour continuer à utiliser leurs infrastructures. Ils proposent des solutions technologiques embryonnaires comme le prétendu « gaz renouvelable » ou parient sur une technologie coûteuse et expérimentale de captage et stockage du carbone (CCS).

Tous les quatre exercent un lobbying agressif pour nous faire croire que ces fausses solutions « décarboneront » le gaz d’ici 2050. À long terme, ils affirment que cela permettrait à l’industrie d’atteindre les objectifs climatiques de l’UE, mais plus important encore, à court et moyen terme, cela leur permettrait de maintenir leurs activités tandis que nous continuerons à utiliser le gaz fossile dans l’attente d’une technologie salvatrice. Ces distractions dangereuses sont même utilisées pour justifier la construction de davantage d’infrastructures de combustibles fossiles financées par l’État. Cependant, sans gaz « décarboné » en vue, la pression des actionnaires implique que toute nouvelle infrastructure gazière construite aujourd’hui sera encore en service d’ici 2050, et basée sur le bon vieux gaz fossile. Dans le cas contraire, les actionnaires obtiendront-ils une compensation financière des pouvoirs publics ?

Imaginez que nous décidions de nous éloigner du gaz, qui va payer pour cela ? La pression des actionnaires signifie qu’il est peu probable que les entreprises en supportent les coûts elles-mêmes. En Espagne, Enagás a déjà répercuté sur les usagers le coût de plusieurs milliards d’euros de la fermeture prématurée d’une installation de stockage de gaz offshore (voir l’étude de cas Castor). Ailleurs, le gouvernement néerlandais est poursuivi par Uniper (anciennement E.ON) pour avoir tenté d’éliminer progressivement le charbon. L’entreprise énergétique allemande et ses investisseurs réclament des compensations au titre du dangereux « Traité sur la charte de l’énergie » pour la perte de bénéfices potentiels. Malheureusement, ce n’est pas le seul cas. Le rôle croissant des fonds d’investissement dans les entreprises européennes de transport de gaz et leur aptitude à protéger leurs investissements constituent un obstacle sur la voie d’une transition équitable au-delà des combustibles fossiles. Elle prive les travailleurs, les collectivités et les décideurs du contrôle démocratique au moment où ils en ont le plus besoin. Si nous voulons que ces entreprises n’aient pas de « public » que le nom, nous devons inverser la tendance à la privatisation et démocratiser les entreprises de transport de gaz afin qu’elles soient également « publiques » dans leur comportement et vis-à-vis des populations.   multinationales.org

Réforme du code minier

Le gouvernement lance la phase de concertation

L’exécutif avait annoncé en mai la relance de la réforme du code minier. Son contenu se dessine avec le lancement par le gouvernement de la phase de concertation. Le projet devrait être présenté en Conseil des ministres en février 2020.

La réforme du code minier annoncée depuis une dizaine d’années verra-t-elle le jour ? Lors du premier Conseil de défense écologique, le 23 mai dernier, le ministre de la Transition écologique avait annoncé sa relance. Le gouvernement ouvre cet automne la phase de concertation avec les parties prenantes, avant de passer à la phase de consultation (CNTE, Conseil d’Etat…), en vue d’une présentation en Conseil des ministres prévue pour février 2020.

Techniquement, le gouvernement prévoit de mettre en œuvre la réforme à travers trois textes. Un projet de loi, tout d’abord, fondé sur les travaux du conseiller d’Etat Thierry Tuot et du député Jean-Paul Chanteguet. Une ordonnance, ensuite, portant sur les « adaptations techniques » : autorisation environnementale des travaux miniers, garanties financières pour couvrir les frais de fermeture, sanctions pénales et administratives, mise en œuvre du règlement européen sur les minerais de conflit… Une refonte de la fiscalité, enfin, à travers le projet de loi de finances pour 2021. Sur ce dernier volet, l’exécutif lance préalablement une mission d’appui confiée au Conseil général de l’économie (CGE) et à l’Inspection générale des finances (IGF).

Des ressources d’une grande hétérogénéité

Pourquoi la réforme ? Le gouvernement entend tout d’abord moderniser un outil très ancien, issu d’une loi de 1810 et qui, bien que remanié à plusieurs reprises, n’est plus adapté aux exigences actuelles. Le projet vise donc en premier lieu à « clarifier les objectifs et les principes du modèle minier français« . La difficulté vient du fait que le code minier régit l’ensemble des ressources et des usages du sous-sol qui sont d’une grande hétérogénéité. Il s’applique à des ressources aussi diverses que les mines métalliques ou la géothermie profonde en passant par l’exploitation des ressources minérales marines. Sachant que la question des hydrocarbures est censée être réglée par la loi Hulot de décembre 2017 qui met fin à la production de pétrole et de gaz d’ici 2040.

« Aujourd’hui, la réforme est surtout réclamée par les professionnels de la géothermie« , explique l’avocat Arnaud Gossement, auteur d’un rapport sur le droit minier remis en 2011 à la ministre de l’Ecologie de l’époque. Cette réforme ne touche pas aux dispositions spécifiques concernant cette filière, explique son collaborateur Florian Ferjoux, mais elle impacte les dispositions de droit commun du code sur lesquelles s’appuient aussi les professionnels du secteur. La programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) prévoit un fort développement de cette filière et le gouvernement vient d’ailleurs de publier une ordonnance pour la soutenir.

« Bizarre de ne pas parler d’environnement »

Le projet vise ensuite à mieux prendre en compte « les enjeux environnementaux et socioéconomiques des territoires » et améliorer la participation du public. Il s’agit de tirer les leçons des déchirements constatés sur le gaz de schiste ou le projet Montagne d’Or. Pour cela, il est prévu d’exiger davantage de données environnementales sur le projet avant de délivrer le titre d’exploitation mais aussi, plus en amont, lors de la phase d’exploration. La réforme prévoit donc la production d’un « mémoire environnemental, économique et social » au moment de la délivrance du titre d’exploration. « Il est bizarre de ne pas parler d’environnement à ce stade. explique Florian Ferjoux. Mais il faut trouver un juste milieu car il n’est pas possible de mesurer tous les impacts sur un périmètre d’exploration par définition très large« .

La réforme du processus d’instruction touche également les titres d’exploitation. L’octroi d’un tel titre nécessitera une étude de faisabilité environnementale, économique et sociale (Efees). Cette étude devra notamment identifier les enjeux environnementaux du projet et proposer les mesures d’évitement, de réduction ou de compensation (ERC) de ses impacts. Des mesures issues de l’Efees pourront être reprises dans le cahier des charges qui pourra être annexé à l’acte octroyant le titre minier en vue de préciser l’encadrement environnemental des travaux. La durée du titre d’exploitation devra tenir compte de l’échéance prévisible de « l’épuisement du gisement par des méthodes d’exploitation optimale sur les plans techniques et économiques« , sans excéder 50 ans, prévoit aussi la réforme.

Refuser un titre pour raison environnementale

Le nouveau processus prévoit également l’avis d’une autorité environnementale, économique et sociale avant la phase de participation du public, ainsi qu’une phase de concertation territoriale conforme aux dispositions du code de l’environnement. La réforme prévoit la possibilité pour les pouvoirs publics de refuser un titre pour raison environnementale. « Le reproche est fait au code minier actuel de contraindre l’Etat à accorder les autorisations« , explique l’avocat. Ce fût par exemple le cas avec le prolongement par Nicolas Hulot du permis de recherche d’hydrocarbures de Total au large de la Guyane.

Certaines modifications portent sur le droit de suite, très critiqué par les ONG et qui permet au titulaire d’un permis de recherche d’obtenir une concession sur les gisements exploitables découverts dans le périmètre de ce permis. Le gouvernement n’a pas prévu de le supprimer comme le réclamait France Nature Environnement (FNE) au moment de la présentation du projet de réforme de 2015. Il se contente de le réformer mais pas dans le sens attendu par les associations. Désormais, il faudra que les travaux entrepris dans le cadre de la recherche fassent la preuve qu’un gîte est exploitable. D’autre part, le titulaire du titre de recherche aura droit « par priorité » à l’octroi d’un titre d’exploitation et non plus de manière exclusive. Ces dispositions viseraient à mettre fin au gel de certains périmètres de recherche, notamment en cas de titres « orphelins ».

Dispositions spécifiques pour les petits projets en Guyane

Le projet de réforme prévoit par ailleurs des dispositions spécifiques pour la Guyane. Au-delà de l’emblématique projet de la Montagne d’Or, dont le gouvernement a annoncé l’abandon, une vingtaine de permis ont été accordés ou renouvelés depuis 2015, dont le dernier cet été. « Alors que l’État français préconisait récemment un « statut international » à l’Amazonie voué à sa préservation, sa politique minière en Guyane démontre un certain fossé entre les discours et les actes« , dénonce FNE et Guyane Nature Environnement, qui réclament un moratoire sur ces permis et la révision du schéma départemental d’orientation minière.

Ce n’est pas la voie que retient le gouvernement, même s’il prévoit de modifier certaines dispositions du code spécifiques à cette région. Les avis de la Collectivité territoriale de Guyane et du Grand Conseil coutumier seront exigés sur les titres miniers et sur les autorisations d’exploitation (AEX), prévoit la réforme. Les autorisations d’exploitation ne pourront porter que sur une surface de 25 hectares au maximum. En revanche, d’autres dispositions visent à accélérer les projets qui seront retenus. Le nombre d’autorisations d’exploiter simultanées sera porté à six contre quatre aujourd’hui. Il est également prévu de dispenser d’analyse environnementale, économique et sociale les petits projets.

« L’urgence environnementale ne doit-elle pas interroger la pertinence de cette relance minière en Guyane ? Tout comme celle de l’Hexagone, qui a suffisamment impacté le paysage français ? (…) Ne serait-il pas l’occasion de réfléchir à nos réels besoins en métaux aux côtés de concepts porteurs comme la réparabilité, la sobriété ou encore l’écoconception ?« , interroge Ginette Vastel, pilote du réseau Risques et impacts industriels de FNE.

https://www.actu-environnement.com

La fin de l’eldorado ?

Un article de l’hebdo Lepoint que l’on peut résumer ainsi : on a quelques difficultés mais l’exploitation progresse ; vive la croissance ; le réchauffement climatique n’est pas important !

La production américaine de brut se tasse parce que le pétrole de schiste devient moins rentable. Il ne faudrait pourtant pas faire une croix sur ce filon.

Jusque-là, ça va. Dans le Bassin permien, vaste zone aride à cheval entre l’ouest du Texas et l’est du Nouveau-Mexique, les « pump jacks », ces engins métalliques à tête d’oiseau, se balancent sans relâche pour pomper du sous-sol l’or noir. C’est ici que les États-Unis aspirent l’essentiel des hydrocarbures dits « non conventionnels », ce pétrole et ce gaz de schiste qui ont transformé le pays en premier producteur mondial de brut. En 2019, les États-Unis auront, selon les prévisions du DOE (Department of Energy), produit 12,2 millions de barils par jour en moyenne, contre 11 millions en 2018. Les perspectives pour l’an prochain sont elles aussi à la hausse : le DOE anticipe la mise sur le marché de 13,2 millions de barils de brut par jour, grâce au pétrole offshore, issu notamment du golfe du Mexique, et des fameux hydrocarbures « non conventionnels » dont le Bassin permien est la source principale.

Jusqu’ici tout va bien, donc, si on se place du point de vue des pétroliers. Pourtant, en y regardant de plus près, on s’aperçoit que la hausse de production américaine… fléchit. Entre 2018 et cette année, elle était de + 1,2 million de barils ; entre 2019 et l’an prochain, elle ne devrait plus être « que » d’un million supplémentaire. Les experts s’interrogent. Est-ce un pic ? Un cap ? Pour certains observateurs, le pétrole de schiste atteint cette année un sommet. La production ne peut que chuter, pour deux raisons principales. L’une est physique : les réserves en sous-sol s’épuisent, comme n’importe quel type de ressources naturelles. Plusieurs études montrent que le nombre de puits baisse, notamment dans le Bassin permien, parce que son sous-sol a été raclé jusqu’à la dernière goutte, semble-t-il. La société parapétrolière Baker Hughes annonce ainsi que la quantité de forages dans cette région passera de plus de 450 en 2019 à moins de 400 l’an prochain.

Du cash pour les puits

Autre élément : gérant de matières premières chez OFI AM, Benjamin Louvet explique, dans Les Échos, que les réserves du Bassin permien seront asséchées, au rythme de production actuelle, dans environ six ans. Il estime d’ailleurs que les réserves mondiales en hydrocarbures non conventionnels seront épuisées courant 2027. Les infrastructures ralentissent aussi la production : les gazoducs et oléoducs existants ont du mal à écouler ces hydrocarbures, ce qui explique la volonté du gouvernement fédéral d’en construire de nouveaux.

Un autre élément, cette fois capitalistique, explique le ralentissement. Ces puits nécessitent beaucoup de cash pour être mis en œuvre. Si les majors comme ExxonMobil ou Chevron n’ont aucune difficulté à lever et investir ces sommes, il en va autrement des milliers d’opérateurs pétroliers qui, parfois, n’exploitent qu’une dizaine de puits dans un seul État. Les banquiers rechignent à leur prêter de l’argent, parce que le cours du brut reste bas, à environ 60 dollars le baril de Brent. Pis, le DOE ne prévoit pas de hausse des prix dans les prochains mois. Les banquiers ne se montrent donc guère optimistes pour l’avenir. Et les opérateurs, déjà endettés, sont à court d’argent.

« Le potentiel reste important »

Francis Perrin, directeur de recherche à l’Iris, ne partage pas cette vision. Certes, il reconnaît les difficultés des petites sociétés pétrolières à trouver les financements, ce qui « pèse sur leurs capacités à forer », dit-il. Mais le chercheur au Policy Center for the New South estime que le pic du pétrole et de gaz de schiste, ce sommet après lequel la production décroîtra faute de réserves, n’est pas encore atteint. « Je note un tassement, parce que la production est moins rentable du fait des prix bas, mais nous sommes toujours sur une dynamique haussière. Un jour, on se heurtera forcément à des contraintes physiques, avec l’épuisement des réserves. Toutefois, aujourd’hui, le potentiel reste très important. »

Les États-Unis, principal producteur de gaz et de pétrole non conventionnels, n’ont sans doute pas dit leur dernier mot pour trouver d’autres gisements. « On sous-estime leurs capacités technologiques », observe Francis Perrin. Il remarque que si, depuis 2019, le nombre de puits est en baisse continue, la production continue à augmenter. « L’explication, c’est l’ingéniosité humaine. On sait tirer de plus en plus de suc de la terre ! »

Lubrizol coupable !

ÉTAT complice !

Dès 13h jeudi 26 septembre, la CGT alertait sur les risques liés à l’incendie sur ce site SEVESO 2 : risques pour les travailleurs, la population et l’environnement. Dans le même temps, La CGT exigeait du préfet de Région la transparence complète sur les produits brûlés et les résultats d’analyse.

La pression conjuguée des syndicats et de la population a forcé la préfecture et le gouvernement à sortir partiellement de leur déni. Ainsi, à la différence des premières déclarations gouvernementales de CASTANER qui a indiqué une absence de risques liés aux fumées, Agnès BUZYN a dû reconnaitre que la ville était « clairement polluée » et l’existence d’un risque sanitaire.

Ainsi, le préfet de Région a dû reconnaitre que des milliers de mètres carrés de toiture amiantés sont partis en fumées, même s’il minimise cette pollution à un rayon de 300 mètres autour du site, ce qui paraît contradictoire avec la forte volatilité des fibres.

Concernant les analyses des suies retombées, de sérieux doutes sont permis dès lors que le laboratoire INERIS qui a procédé aux analyses indique dans son rapport que « Les premières constatations visuelles ont permis d’observer que les lingettes étaient peu colorées par des suies » alors qu’on a tous constaté des zones importantes de pollution !

Un risque accru de cancer et d’autres maladies à moyen terme !

Cependant, la préfecture refuse toujours, à cette heure, de communiquer la liste des produits dangereux, nocifs et toxiques qui sont partis en fumée.

Par ailleurs, comment le préfet peut-il affirmer que le plomb, autre cancérogène retrouvé dans les analyses, ne proviendrait pas de LUBRIZOL, alors que l’usine a été construite dans une période où la peinture au plomb était massivement utilisée dans l’industrie ?!

 Comment ne pas continuer à être inquiet lorsque la préfecture interdit les récoltes et consigne les produits récoltés depuis jeudi, au nom de la sécurité alimentaire, mais réouvre les établissements scolaires, après nettoyage mais sans analyse préalable ?

 Comment ne pas être inquiet quand des dizaines de travailleurs.euses ont eu des maux des têtes, des nausées et des vomissements sur le lieu de travail ? Que la plupart des lieux de travail et notamment leurs systèmes de ventilation n’ont pas été nettoyés ?

 Comment ne pas être inquiet vis-à-vis du risque amiante, lorsque l’on sait qu’il s’agit d’un cancérogène puissant même à très faible dose inhalé ?

 Comment ne pas être inquiet, lorsque les études scientifiques indiquent que le risque de cancer est plus élevé dans les régions industrielles comme à Rouen, l’étang de Berre ou St Nazaire, qu’une partie non négligeable des cancers peut s’expliquer par les expositions professionnelles ou environnementales, que les études américaines font état de 14 000 cancers en lien avec l ’attentat du World Trade Center et le nuage d’amiante, de poussière et de produits chimiques qui avaient recouvert le quartier ?

Pour toutes ces raisons nous exigeons, à la charge financière de LUBRIZOL :

 Un nettoyage complet des zones polluées par des entreprises spécialisées, suivi d’analyses,

 Un recensement précis des travailleurs et de la population exposés, la mise en place d’un suivi médical spécifique, comme après l’explosion d’AZF en 2001 ainsi que d’un registre des cancers permettant de faire payer les responsables.

La CGT avait clairement alerté sur les risques d’un nouvel AZF en Seine Maritime !

Ces dernières années, la CGT a alerté plusieurs fois par écrit le Ministère du travail et le préfet de Région, des risques d’un nouvel AZF dans le département, sur la base des risques majeurs constatés dans plusieurs entreprises du secteur de la chimie, du pétrole, du nucléaire, de la métallurgie. Disons-le clairement, nous avons échappé plusieurs fois de peu à des catastrophes mortelles ! Force est de constater que l’Etat, au plus niveau, refuse de renforcer une réglementation insuffisante, d’augmenter les moyens des Corps de contrôle et de mettre fin à la clémence de la justice vis-à-vis de la délinquance en col blanc. Pire encore, MACRON a décidé de supprimer les CHSCT et PHILIPPE prône une simplification du code du travail concernant la sécurité des entreprises sur la base du rapport de la députée LECOCQ.

Nous exigeons :

 La transparence totale de la préfecture, des différents services de l’état et l’autorité judiciaire sur l’incendie de LUBRIZOL mais aussi sur l’ensemble des incidents et accidents dans l’industrie (nature et cause, infractions relevées, suites pénales…)

 Le renforcement des corps de contrôle (installations classées, inspection du travail…) en matière d’effectif et d’indépendance, le renforcement des sanctions pénales contre les industriels qui mettent en danger les travailleurs et la population.

La direction de LUBRIZOL dit ne pas comprendre l’origine du sinistre et indique que le feu pourrait provenir d’une autre entreprise. Et alors ? Le propre d’un site SEVESO n’est-il pas son obligation de se protéger des risques internes et externes et notamment du feu pouvant provenir d’une entreprise à proximité ? Créer le doute, c’est exactement la stratégie du Groupe Total au moment de l’explosion de l’usine AZF à Toulouse en 2001. Dans ces deux cas, comme dans bien d’autres, le groupe donneur d’ordre avait sous-traité les secteurs en cause dans l’accident, se défaussant ainsi de ses responsabilités.

Nous exigeons l’interdiction de la sous-traitance dans les usines à risques.

LUBRIZOL coupable, LUBRIZOL doit payer !

Au-delà des suivis médicaux, de la prise en charge financière de la dépollution, des résultats d’analyses, la multinationale LUBRIZOL et son actionnaire Warren BUFFET, 3ème milliardaire au monde, doivent assumer financièrement l’ensemble de coûts sociaux liés à l’incendie.

Tout comme ils doivent prendre totalement en charge l’indemnisation des salariés qui se sont retrouvés en chômage partiel, ce qui actuellement le cas ! Nous exigeons la requalification des arrêts maladies en accident du travail à la charge de LUBRIZOL.

La CGT exige le maintien de tous les emplois, s’oppose à tout licenciement, à toute fin de contrat pour les salariés du site, ceux de la sous-traitance ou des entreprises situées à proximité du site. Nous considérons qu’industrie et agglomération ne sont pas incompatibles avec des services de contrôles indépendants de l’Etat et du patronat et un droit de véto des CHSCT qu’il faut rétablir.

La responsabilité de l’État clairement engagée

Comme pour tous les accidents industriels, la question de la responsabilité de l’Etat est directement posée, quand on sait qu’en termes de mesures de préventions du risque environnemental, l’Etat limite ses exigences à ce qui est « financièrement acceptable » pour les industriels !

L’Etat, au plus haut niveau, est aussi responsable quand il demande au parquet d’être clément avec la délinquance en col blanc ! Pourquoi LUBRIZOL n’a pas été poursuivi pour mise en danger d’autrui en 2013 alors que plusieurs infractions étaient caractérisées et notamment la non consignation d’une installation électrique ? Peut-être que le risque d’une condamnation à 1 an de prison ferme et à 75 000€ d’amende aurait été plus dissuasif que l’amende de 4 000€ dont elle a écopé qui apparaît comme de l’argent de poche pour la multinationale !

Faisons entendre notre voix pour la justice et la vérité

A l’initiative de la CGT, une manifestation unitaire est organisée à l’appel des organisations CGT – Solidaires–- FSU–ATTAC – France Nature Environnement– Greenpeace Rouen – Youth for climate Rouen – Stop EPR- Alternatiba – ANV COP 21 Rouen –Association Henri PEZERAT –Syndicat de la Médecine Générale – Confédération Paysanne – Fédération Syndicale Etudiante Rouen – Mouvement National Lycéen 27 – FCPE 76 – Générations Futures – CDLF Rouen – DAL – LDH- Enseigner à vivre – PCF – France Insoumise – EELV – NPA

Lubrizol

Le préfet a donné son feu vert à des augmentations de capacités sans évaluation environnementale

Profitant d’assouplissements de la réglementation mis en œuvre par le gouvernement, le préfet a autorisé en début d’année une augmentation de capacité des produits dangereux dans l’usine de Rouen à l’origine de l’accident industriel.

https://www.actu-environnement.com/ae/news/lubrizol-rouen-stockage-produits-dangereux-autorisation-prefet-evaluation-environnementale-etude-dangers-34125.php4

Commentaire


Les hydrocarbures sont toujours vivants… et continuent à nous pourrir la vie… à mort…

Hydrocarbure aromatiques polycycliques et brulés en plus, comme ceux contenus dans la fumée de cigarette, mais là, la concentration était spectaculaire vue la couleur de la fumée…


C’est vraiment un drame qui se joue à Rouen…

Collectif Causse Méjean

Refus de l’extractivisme climaticide n° 400

Épuisement des ressources & Ravages de l’extractivisme

1/ Le sable, une ressource essentielle en voie de disparition
Inévitablement associé dans la conscience collective aux plages de nos vacances, le sable fait pourtant l’objet de convoitises bien au-delà du tourisme. Juste après l’eau, il constitue la seconde ressource minérale exploitée par l’homme !
Résultat de l’altération d’une roche mère par des agents le plus souvent météoriques – l’eau, le vent, l’action des cycles de gel et dégel – sa nature dépend donc de sa source : il existe autant de sables différents que de roches sur la planète ! Trois critères relatifs à ses grains permettre de le caractériser : la nature (minérale ou organique), la forme (morphoscopie) et les dimensions (granulométrie). Ces deux dernières dépendent de la durée du transport et de ses agents de transport : le vent et l’eau, laquelle peut être pluviale, fluviale ou marine.
https://theconversation.com/le-sable-une-ressource-essentielle-en-voie-de-disparition-122094

2/ Aidez-nous à stopper la progression des monocultures de palmier à huile au Gabon !
Nous avons besoin de votre appui ! Nous appelons les organisations, groupes, réseaux et mouvements à signer cette pétition en solidarité avec les communautés gabonaises menacées par les plantations d’OLAM / SOTRADER.
https://wrm.org.uy/fr/actions-et-campagnes/aidez-nous-a-stopper-la-progression-des-monocultures-de-palmier-a-huile-au-gabon%e2%80%89/

3/ Accumuler de la matière, laisser des traces, par Nelo Magalhães
Que penser du récent pic dans la consommation mondiale de ciment ? Passant des flux aux stocks de matières qui s’accumulent de manière exponentielle, Nelo Magalhães nous présente quelques verrous, impasses et cercles vicieux de la lourde infrastructure de notre modernité capitaliste.
https://www.terrestres.org/2019/09/11/accumuler-de-la-matiere-laisser-des-traces/

4/ Benjamin Dessus : Économie des déchets nucléaires : briser les tabous
Miné par les incohérences intellectuelles et les questions inabordables, le débat économique sur le traitement des déchets nucléaires et ses alternatives échappe à toute rationalité.
Les dernières séances publiques du débat sur le Programme national de gestion des déchets et matières nucléaire (PNGDMR) organisé par la Commission nationale du débat public (CNNDP), qui viennent de s’achever, ont logiquement été consacrées à l’économie et au financement de l’aval du cycle nucléaire. Combien va coûter Cigéo, peut-on faire des économies par rapport au devis initial, les réserves constituées seront-elles suffisantes… ?
Toutes ces questions sont importantes, mais leur pertinence est profondément remise en question par le contexte dans lequel elles sont posées pour deux raisons principales. Le problème du temps long et celui des tabous.
La question du temps
https://www.anti-k.org/2019/09/15/economie-des-dechets-nucleaires-briser-les-tabous/

5/ Aux Bahamas, l’ouragan Dorian fait place aux boues noires
L’île de Grand Bahama est confrontée à une pollution aux hydrocarbures, après le débordement de cuves appartenant au géant pétrolier norvégien Equinor.
https://www.lemonde.fr/planete/article/2019/09/16/aux-bahamas-l-ouragan-dorian-fait-place-aux-boues-noires_5510974_3244.html

6/ Nous ne sommes pas près de nous débarrasser des énergies fossiles
Les subventions des États européens aux compagnies pétrolières sont allées de plus belle cette année : 50 milliards d’euros. Les investissements des pétroliers dans les forages et l’extraction de gaz de schiste continuent malgré les limites fixées par l’Accord de Paris. Les voitures vendues dans le monde en 2018 dégageront pendant leur durée de vie deux fois plus de gaz à effet de serre que tous les pays de l’Union européenne. Le climat flambe, les menaces se font de plus en plus précises, les alertes ne cessent de se multiplier mais le business du pétrole continue comme si de rien n’était.
https://up-magazine.info/index.php/planete/transition-energetique/26976-nous-ne-sommes-pas-pres-de-nous-debarrasser-des-energies-fossiles/

7/ Pétition : Ne laissons pas Total faire sa loi !
Bientôt la fin de l’huile de palme dans les carburants ? Le 1er janvier 2020, l’huile de palme doit être exclue de la liste des “biocarburants”. Mais Total s’est mis en tête de changer cette loi et a saisi le Conseil constitutionnel. Ne laissons pas Total avoir le dernier mot. Ecrivez au Conseil constitutionnel pour leur faire part de votre vigilance à ce que l’intérêt général prime sur l’intérêt des lobby industriels.
https://www.canopee-asso.org/ne-laissons-pas-total-faire-sa-loi/

8/ Cachez ces fossiles que l’on ne saurait voir : 3 institutions financières publiques à l’épreuve de l’Accord de Paris sur le climat
Les Amis de la terre France, Oxfam France et le Réseau Action Climat France ont publié le rapport « Cachez ces fossiles que l’on ne saurait voir – Trois institutions financières publiques à l’épreuve de l’Accord de Paris ». Ce dernier passe au crible trois institutions financières publiques pour évaluer leur alignement avec l’Accord de Paris : l’Agence Française de Développement (AFD), la Banque Européenne d’Investissement (BEI) et Bpifrance Assurance Export, l’agence française de crédit à l’exportation.
Résultat : derrière de beaux engagements – quand c’est le cas – ce rapport met en lumière des pratiques disparates, encore incomplètes et des institutions qui continuent de financer les énergies fossiles. Pourtant, au One Planet Summit en 2017, l’Agence Française de Développement (AFD) s’engageait aux côtés d’autres banques de développement, à rendre leurs activités 100 % compatibles avec l’Accord de Paris.
https://reseauactionclimat.org/publications/cachez-ces-fossiles-que-lon-ne-saurait-voir/

9/ « L’huile de palme est le sujet le plus controversé car le plus médiatisé, mais regardons le caoutchouc »
« L’huile de palme est le sujet le plus controversé car le plus médiatisé, mais regardons le caoutchouc »
Les investisseurs font désormais pression sur les entreprises du secteur des matières premières pour qu’elles s’engagent à produire ou à acheter de manière durable. Elles risquent gros à ne pas le faire, explique Peter van der Werf, qui gère un portefeuille de 189 milliards d’euros d’actifs chez Robeco.
https://www.farmlandgrab.org/post/view/29147
Revue de presse, compléments : https://yonnelautre.fr/spip.php?article8735

10/ « Le nucléaire, c’est fini ! » Entretien vidéo avec La Parisienne Libérée
Une interview vidéo fouillée et au long cours pour décortiquer un sujet qui nous tient à coeur.
Nous avons donc interviewé La Parisienne Libérée, journaliste, chroniqueuse, chanteuse. Ce vendredi, elle publie son premier livre Le nucléaire, c’est fini aux éditions La Fabrique. C’est un travail magistral, qui réduit en miette la communication nucléaire et son silence organisé, sans pour autant tomber dans le catastrophisme et l’impuissance qui trop souvent l’accompagne. Mais nous vous laissons en juger…
https://lundi.am/Le-nucleaire-c-est-fini

11/ L’orpaillage illégal, qui menace l’Amazonie, ne baisse pas malgré la multiplication des projets industriels
Le Grand conseil des Amérindiens de Guyane a dénoncé l’hypocrisie de la France sur l’Amazonie. Il accuse le gouvernement de favoriser l’extractivisme (l’exploitation massive des ressources) en accordant des permis à de grandes multinationales minières. Pour l’État, la promotion des sites aurifères industriels est le meilleur moyen de lutter contre l’orpaillage illégal, et de préserver in fine l’Amazonie. Un argument qui ne semble pas se vérifier sur le terrain.
https://www.novethic.fr/actualite/environnement/ressources-naturelles/isr-rse/infographie-l-orpaillage-illegal-qui-menace-l-amazonie-ne-baisse-pas-malgre-la-multiplication-des-projets-industriels-147688.html

12/ Forages pétroliers et pollutions maritimes en Europe : Le désastre écologique des plateformes pétrolières désaffectées en mer du Nord
L’information fait peu de vague, mais de plus en plus de plateformes pétrolières arrivent en fin de vie au large de nos côtes. Face à ce nombre grandissant de chancres industriels perdus en pleine mer du Nord, les géants de l’industrie doivent trouver des solutions pour démanteler ces exploitations gigantesques. La dernière idée de Shell : abandonner une partie de ces plateformes désaffectées en l’état dans la mer… Si cette proposition fait naturellement bondir, le gouvernement britannique a pourtant rendu un avis favorable à ce sujet. Cette solution, qui reviendrait à créer une bombe à retardement écologique selon les critiques, a suscité une levée de boucliers du côté des associations protectrices de l’environnement, et plusieurs pays européens ont également exprimé leurs inquiétudes à ce sujet.
https://mrmondialisation.org/le-desastre-ecologique-des-plateformes-petrolieres-desaffectees-en-mer-du-nord/

13/ Les camions roulant au gaz polluent jusqu’à cinq fois plus que les diesels
Promu comme un carburant alternatif à l’essence et au diesel, le gaz naturel liquéfié (GNL) ne serait pas aussi « propre » qu’attendu, révèle une étude.
https://www.lemonde.fr/planete/article/2019/09/19/les-camions-roulant-au-gaz-polluent-jusqu-a-cinq-fois-plus-que-les-diesels_5512124_3244.html

https://yonnelautre.fr/

Extractivisme

Exploitation industrielle de la nature

… logiques, conséquences, résistances

Une enquête approfondie de Anna Bednik, diplômée en économie (ESSEC) et en géopolitique (Sorbonne/ENS), et chercheuse indépendante engagée dans plusieurs mouvements et réseaux anti-extractivistes nationaux et internationaux, parmi lesquels le collectif ALDEAH et le mouvement des collectifs anti gaz et pétrole de schiste.

Elle est publiée maintenant en poche par  » Le passager clandestin » qui présente cet opus ainsi :

« Extra-quoi ? » Le terme « extractivisme » déroute. Il manque d’élégance, exige un effort de prononciation. Pourtant, ce vocable circule de plus en plus pour désigner l’exploitation industrielle de la nature qui s’intensifie partout sur la planète. Ce livre coup de poing est consacré à cet envers largement occulté de la « croissance économique ». L’extractivisme ne renvoie pas qu’à l’extraction à outrance des ressources naturelles non renouvelables – minerais et hydrocarbures –, il concerne aussi les grands projets hydroélectriques, l’agriculture industrielle, les monocultures forestières, la pêche intensive… L’appétit sans limite de la mégamachine productiviste en a fait une activité coupée du réel, aux effets destructeurs pour les peuples, la biodiversité et la sauvegarde du système Terre.

REVUE DE PRESSE

Dans cette remarquable enquête à l’échelle de la planète, la journaliste Anna Bednik dresse un panorama instructif et militant de l’ampleur des dégâts, pointant en outre les illusions de la dématérialisation de l’économie et restituant les multiples stratégies de résistance.
Le Monde des livres

Une mise en perspective historique, une masse d’informations recueillies sur le terrain des luttes et une analyse de l’intensification planétaire de l’exploitation de la nature.
Le Monde diplomatique

Une plongée dans l’univers de ceux qui envisagent froidement de cribler de trous la planète entière pour gratter les moindres miettes de minerais…
France Culture, Terre à Terre

La planète est actuellement saisie d’une frénésie d’extractivisme. Pire qu’une maladie, cette obsession généralisée d’extraire des quantités toujours croissantes d’énergie et de matière est invariablement destructrice. Une enquête très approfondie, c’est le cas de le dire.
Le Canard enchaîné

objecteursdecroissance.be

Gaz de schiste au Texas

105 ONG appellent les banques internationales à ne pas financer trois projets d’exportation de gaz de schiste au Texas

Mercredi 14 août 2019. Plus de 100 organisations de la société civile – ONG environnementales et de défense des droits humains, associations locales, représentants des communautés amérindiennes – appellent dans une lettre ouverte 45 banques internationales à ne pas soutenir le développement de trois projets de terminaux d’exportation de gaz de schiste prévus au sud du Texas [1] et actuellement en recherche active de financements [2]. Hautement controversés, ces projets présentent des risques irréversibles pour le climat, les communautés locales, ainsi que pour la réputation des banques qui décideraient de les financer. En France, la réponse de Société Générale est particulièrement attendue alors que celle-ci s’est imposée au cours des dernières années comme leader de secteur et poursuit un mandat de conseil financier pour le double projet de terminal Rio Grande LNG et de gazoduc Rio Bravo Pipeline.

S’ils voient le jour, les trois terminaux d’exportation de gaz naturel liquéfié (GNL) Annova LNG, Rio Grande LNG et Texas LNG liquéfieraient et exporteraient 880 000 barils équivalent pétrole de gaz de schiste par jour. Au total, ils contribueraient à émettre annuellement autant de gaz à effet de serre que 61 centrales à charbon [3]. La construction de ces nouveaux terminaux d’exportation inciterait en outre à extraire toujours plus de gaz de schiste par fracturation hydraulique au Texas et dans les Etats voisins, contribuant à la contamination généralisée des eaux et des sols, et causant des impacts irréversibles sur la santé des populations. Le détail des risques associés à ces projets a été publié et communiqué aux banques à travers un rapport publié le mois dernier par plusieurs organisations dont les Amis de la Terre France [4].

Rebekah Hinojosa, membre de la coalition Save RGV From LNG et du Sierra Club, déclare : « Que ce soit très clair, les banques qui participeront au financement de ces terminaux ne pourront pas feindre qu’elles ignoraient les risques et seront tenues responsables de cette catastrophe annoncée. Ces trois projets se sont heurtés à une résistance massive et continue des habitants de la vallée. Ils causeraient un désastre environnemental pour notre région, impacteraient notre économie locale, et violeraient les droits de peuples autochtones présents sur ces terres depuis des siècles. L’avenir de notre communauté dépend désormais de la décision de quelques banques, et nous leur demandons expressément de ne pas se rendre complices de ces atteintes ».

Dès 2017, une délégation de représentants des habitants et des tribus amérindiennes de la vallée du Rio Grande, dont le chef des Esto’k Gna originaires du Texas, était venue en France pour interpeller les banques françaises à l’occasion de leurs assemblées générales, et en particulier BNP Paribas et Société Générale en raison de leurs mandats de conseil respectifs pour Texas LNG et Rio Grande LNG [5]. BNP Paribas avait réagi et annoncé son désengagement non seulement de Texas LNG mais de tout le secteur [6]. À l’inverse, Société Générale a d’abord défendu le projet avant d’annoncer en décembre 2018 qu’elle en évaluerait les impacts pour prendre une décision sur la poursuite de ses soutiens d’ici mi-2019 [7].

Si la lettre ouverte appelle aujourd’hui 45 banques internationales, dont Crédit Agricole, Natixis et Crédit Mutuel, à s’engager à ne pas financer directement ou indirectement les trois projets, la réponse de Société Générale est particulièrement attendue. Lorette Philippot, chargée de campagne Finance privée aux Amis de la Terre France explique : « Contrairement à BNP Paribas qui a rapidement reconnu que les terminaux de GNL en Amérique du Nord étaient totalement incompatibles avec la lutte contre le dérèglement climatique et pouvaient contribuer à émettre plus que des centrales à charbon, Société Générale a sans cesse repoussé sa décision en demandant aux ONG toujours plus d’éléments d’analyse. C’est désormais le moment de vérité : Société générale renoncera-t-elle à financer ces projets et à mettre un terme à son soutien à Rio Grande LNG ? Prendra-t-elle enfin acte de leur incompatibilité avec les principes environnementaux et sociaux qu’elle s’est engagée à respecter, ses engagements en matière climatique, ou son respect de la loi française sur le devoir de vigilance des multinationales ? [8] ».

amisdelaterre.org

En savoir +

 [1] Lettre ouverte à 45 banques internationales les appelant à ne pas soutenir le développement de trois projets de terminaux d’exportation de gaz de schiste prévus au sud du Texas : www.amisdelaterre.org/IMG/pdf/open_letter_-_rio_grande_valley_lng_projects_-_august_2019_1_.pdf

[2] Les entreprises Exelon, NextDecade et Texas LNG, qui développent respectivement Annova LNG, Rio Grande LNG et Texas LNG espèrent arriver à des décisions finales d’investissement (DFI) dans les mois à venir. Les banques ont été, ou seront très prochainement, sollicitées pour participer à ces financements. Les projets accusent néanmoins du retard sur leurs calendriers initiaux. NextDecade a annoncé hier un nouveau recul de sa DFI du troisième trimestre 2019 au quatrième trimestre 2019 : https://www.spglobal.com/platts/en/market-insights/latest-news/natural-gas/081319-nextdecade-revises-timeline-for-reaching-final-investment-decision-on-lng-terminal

[3] Voir le calcul détaillé dans la lettre ouverte.

[4] https://www.ran.org/wp-content/uploads/2019/07/RGV_LNG_2019_vF_1.pdf

[5] https://www.amisdelaterre.org/Reactions-aux-AG-des-banques-francaises.html

[6] https://www.amisdelaterre.org/Nouvelles-mesures-climat-de-BNP-Paribas-un-pas-dans-la-bonne-direction-2831.html

[7] https://www.societegenerale.com/sites/default/files/documents/lettre_ouverte_14122018.pdf

[8] Les projets Annova LNG, Rio Grande LNG et Texas LNG doivent également être examinés à l’aune des Principes de l’Équateur. Compte tenu de leurs impacts multiples et irréversibles, leur conformité à ces principes est loin d’être garantie.