Total sans complexe au Brésil

C’est certainement suite aux décisions de la COP 21 à Paris !!

Total –comme toutes ces multinationales- n’ont aucun complexe. L’extraction de matières fossiles n’a jamais été aussi florissante. Tant pis pour l’humanité … tant que cela rapporte !

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Total et ses partenaires ont pris la décision d’investissement permettant de lancer la deuxième phase du projet Mero (bloc de Libra), situé en eaux profondes à 180 kilomètres des côtes de Rio de Janeiro, dans la zone prolifique du pré-sel brésilien, sur le bassin de Santos.


Cette décision fait suite au démarrage de la production sur le champ en novembre 2017 (phase initiale ou Early Production System) et au lancement de la première phase du projet (Mero 1) environ un mois plus tard.

Le FPSO1 Mero 2 aura une capacité de traitement liquide de 180 000 barils par jour et son démarrage est prévu d’ici à 2022.

« La décision de lancer Mero 2 marque une nouvelle étape dans ce projet à grande échelle qui vise à développer les gigantesques ressources pétrolières du champ de Mero, estimées entre 3 et 4 milliards de barils », a déclaré Arnaud Breuillac, directeur général de l’Exploration-Production de Total. « Les partenaires du consortium de Libra pourront tirer profit de l’excellente productivité du champ pour développer un projet pétrolier majeur aux coûts techniques inférieurs à 20 dollars par baril et à point mort bas. Le projet contribuera à la croissance de la production du Groupe après 2020. Une fois le plein potentiel du champ développé, la production devrait atteindre plus de 600 000 barils par jour. »

D’une capacité de 50 000 barils par jour, le FPSO Pioneiro de Libra, qui a permis de démarrer la production en 2017, continue de produire selon les prévisions, tout en fournissant des informations utiles sur le champ, le réservoir et la productivité des puits.

Actuellement en cours de développement, le projet Mero 1 progresse comme prévu selon le calendrier, avec un démarrage prévu en 2021.

Après le lancement de Mero 2, le projet devrait se poursuivre avec deux FPSO supplémentaires de même capacité, sous réserve de l’approbation des partenaires. Ces quatre unités de production seront déployées dans le nord-ouest du bloc Libra (champ de Mero), les parties centrale et sud-est étant encore en cours d’exploration jusqu’en 2020.

Le consortium de Libra est opéré par Petrobras (40 %), en partenariat avec Total (20 %), Shell (20 %), CNOOC Limited (10 %) et CNPC (10 %). Pré-Sal Petróleo (PPSA) gère le Contrat de Partage de Production (PSA).

1FPSO : unité flottante de production, de stockage et de déchargement.
https://www.zonebourse.com/TOTAL-4717/actualite/Bresil-Total-lance-la-deuxieme-phase-de-developpement-du-champ-geant-de–28739015/
Total au Brésil

Total est présent au Brésil depuis plus de 40 ans où il emploie plus de 3 000 personnes. Ses cinq filiales opèrent dans les domaines de l’exploration et de la production, du gaz, des lubrifiants, de la chimie et des énergies renouvelables (solaire, biomasse).

Le portefeuille de l’Exploration-Production compte actuellement 22 blocs situés dans les bassins de Campos, Santos, Barreirinhas, Ceará, Espirito Santo, Foz do Amazonas et Pelotas.

Dans le cadre de son Alliance Stratégique avec Petrobras, Total détient une participation de 22,5 % dans la concession de la zone Iara située sur le bloc BM-S-11A, ainsi qu’une participation de 45 % (sujette à approbation des autorités brésiliennes) et le rôle d’opérateur dans le bloc BM-S-9A de la concession du champ de Lapa entré en production en décembre 2016 avec le FPSO Cidade de Caraguatatuba d’une capacité de 100 000 barils par jour.

En outre, Total et Petrobras mènent conjointement des projets de R&D sur différents sujets tels que l’intelligence artificielle, pouvant amener des gains d’efficacité et ayant des applications directes au Brésil.

Les deux compagnies ont également étendu le champ de leur Alliance Stratégique aux énergies renouvelables. En décembre 2018, Total Eren et Petrobras ont signé un accord pour la création en vue de créer une co-entreprise avant le 31 juillet 2019 pour développer des projets solaires et éoliens terrestres au Brésil.

À propos de Total

Total est un acteur majeur de l’énergie, qui produit et commercialise des carburants, du gaz naturel et de l’électricité bas carbone. Nos 100 000 collaborateurs s’engagent pour une énergie meilleure, plus sûre, plus abordable, plus propre et accessible au plus grand nombre. Présent dans plus de 130 pays, notre ambition est de devenir la major de l’énergie responsable.

Refus de l’extractivisme climaticide n° 391

Épuisement des ressources & Ravages de l’extractivisme

1/ Sortie du charbon : Crédit Agricole montre la voie, les autres banques à la traîne
Paris, le 6 juin 2019. Dans une stratégie climat publiée, Crédit Agricole dévoile de nouvelles mesures de restriction de l’ensemble de ses soutiens au secteur du charbon. Les Amis de la Terre France et Oxfam France félicitent le groupe pour des engagements qui marquent une tolérance zéro vis-à-vis de l’expansion de ce secteur et soutiennent une sortie totale du secteur dans les temps impartis par la science climatique pour limiter le réchauffement à 1,5°C maximum. Les deux ONG invitent les grandes banques françaises à suivre l’ambition du Crédit Agricole et rappelle que l’action de l’Etat est indispensable pour réguler le secteur financier et notamment limiter ses impacts sur le climat.
https://www.amisdelaterre.org/Sortie-du-charbon-Credit-Agricole-montre-la-voie-les-autres-banques-a-la-traine.html

2/ Total, EDF et les grandes banques françaises à l’assaut des énormes gisements de gaz mozambicain
Le Mozambique va-t-il se transformer en « Qatar africain » ? C’est en tous cas ce que souhaite son gouvernement, de même que de nombreuses multinationales occidentales, parmi lesquelles Total, Technip, EDF et les grandes banques françaises. Elles sont à la manœuvre dans les projets d’exploitation de gaz naturel au large des côtes du pays. Un terrible paradoxe, alors que le Mozambique vient de subir de plein fouet les conséquences concrètes du réchauffement climatique avec le passage du cylone Idai, qui a laissé derrière lui un millier de morts et deux millions de déplacés.
https://www.bastamag.net/Total-EDF-et-les-grandes-banques-francaises-a-l-assaut-des-enormes-gisements-de

3/ En Espagne, une entreprise promet de l’or pour ouvrir sa mine d’uranium
Malgré l’opposition des écologistes, le projet de la compagnie australienne Berkeley séduit le village de Retortillo, dans une région durement frappée par le chômage.
https://www.lemonde.fr/m-le-mag/article/2019/06/12/en-espagne-une-entreprise-promet-de-l-or-pour-ouvrir-sa-mine-d-uranium_5475003_4500055.html

4/ Le défi très hasardeux des métaux rares
Première alerte :
https://www.tdg.ch/suisse/defi-metaux-rares/story/27770936
Deuxième alerte :
https://www.letemps.ch/culture/nondits-transition-energetique
YF

5/ Sarajevo, capitale des Balkans à bout de souffle
La pollution de l’air est à l’origine de près d’un décès sur cinq dans la capitale de Bosnie-Herzégovine. En cause, le chauffage au charbon et des voitures diesel hors d’âge.
https://www.lemonde.fr/planete/article/2019/06/13/sarajevo-capitale-des-balkans-a-bout-de-souffle_5475509_3244.html

6/ Madagascar : Justice a été rendue aux 9 citoyens qui s’opposent au projet d’exploitation d’ilmenite de Base Toliara dans le district de Toliara II

Neuf habitants de Benetse, Ampototse et Tsiafanoke avaient été arrêtés le 2 mai 2019 et mis en détention provisoire depuis le 9 mai 2019 en raison de leur participation à la manifestation de contestation du projet d’extraction d’ilménite de Base Toliara que les habitants de ces villages ont effectuée ensemble le 17 avril 2019. Le procès de ces 9 citoyens mentionnés ci-dessous a eu lieu le vendredi 7 juin 2019 au Tribunal d’Instance de Fianarantsoa.
https://yonnelautre.fr/spip.php?article13466#forum142351

7/ Rapport de développement insoutenable : Le cas Socfin au regard des communautés locales
Ce rapport est issu d’un travail d’enquête et d’interviews réalisé dans 5 pays différents (Libéria, Cameroun, Sierra Leone, Cambodge et Côte d’Ivoire) auprès de différents acteurs touchés par les activités des plantations agro-industrielles du groupe Socfin. Il vise à mettre en lumière les nombreux problèmes encore rencontrés à ce jour par les communautés riveraines de ces plantations, en faisant le parallèle avec les engagements pris par le groupe Socfin ou par les entreprises locales.
https://www.farmlandgrab.org/post/view/28988

https://yonnelautre.fr/

Le projet « Montagne d’Or » ne se fera pas

Une annonce du gouvernement !

Après plus de deux ans de mobilisation contre le projet Montagne d’Or, le gouvernement a formellement annoncé l’abandon du projet. C’est une très grande victoire pour la Guyane, la nature et le climat, dont le WWF se réjouit.

Le 23 mai dernier, à l’issue du Conseil de défense écologique, François de Rugy avait simplement constaté « l’incompatibilité du projet » avec nos standards environnementaux. Quelques jours plus tard, le gouvernement a clarifié sa position et annoncé que le projet ne se ferait pas.

Présent en Guyane depuis 20 ans, le WWF France avait successivement démontré le désastre écologique, le mirage économique et le rejet populaire que ce projet représentait. Néanmoins, la compagnie Montagne d’Or n’a pas encore fait ses valises et le WWF France poursuit sa mobilisation sur le territoire et en métropole. Nous allons en particulier suivre la réforme du code minier – annoncée par le gouvernement – afin de s’assurer que la Guyane ne soit plus jamais menacée par ce type de projet !

Le WWF France poursuit également sa forte mobilisation sur les autres enjeux guyanais : la lutte contre l’orpaillage illégal et l’accompagnement du développement des filières durables et locales créatrices d’emplois. Nous souhaitons que le gouvernement s’engage fortement sur ces deux priorités dans les prochaines semaines et serons attentifs aux mesures annoncées par François de Rugy lors de sa visite en septembre prochain.

Les peuples se sont exprimés lors de la #MarcheClimat et de la #PeoplesMarch.

Au tour des gouvernements ! http://t.co/NJX1KHgFHF #WWF

wwf

Refus de l’extractivisme climaticide n° 390

Épuisement des ressources & Ravages de l’extractivisme

1/ « Le gaz naturel liquéfié est en train de prendre une place incontournable »
La consommation mondiale de gaz a progressé de près de 4,6% en 2018. Les Etats-Unis et la Chine ont représenté l’essentiel de l’augmentation de la demande avant le Japon. Ces nouveaux marchés ont modifié les frontières habituelles du gaz, au point d’en faire un enjeu géopolitique majeur, explique Nabil Wakim, journaliste économique au « Monde ».
https://www.lemonde.fr/economie/article/2019/05/25/le-gaz-naturel-liquefie-est-en-train-de-prendre-une-place-incontournable_5467019_3234.html

2/ Total et le climat : les masques tombent
À l’occasion de l’assemblée générale annuelle de Total, le grand écart est plus évident que jamais entre les prétentions du groupe à être une « major pétrolière responsable », alignée sur les objectifs de l’Accord de Paris sur le climat, et le cynisme avec lequel il poursuit l’exploitation de nouveaux gisements de pétrole et de gaz partout sur la planète. Nouveau rapport de « Notre affaire à tous » avec plusieurs partenaires dont l’Observatoire des multinationales.
http://multinationales.org/Total-et-le-climat-les-masques-tombent
Chaos climatique : le jeu dangereux de Total exposé dans un nouveau rapport
Les engagements du géant pétrolier Total en faveur du climat sont-ils réellement à la hauteur des enjeux et du discours public « eco-friendly » de l’entreprise ? Dans un nouveau rapport détaillé, plusieurs ONG dénoncent « une stratégie de façade, absolument incompatible avec les objectifs de l’Accord de Paris ». Décryptage.
Alors que l’urgence climatique s’est imposée dans les débats publics, entreprises et gouvernements ne peuvent plus faire abstraction des considérations environnementales. Mais les contraintes et évolutions que ces derniers s’imposent résonnent encore trop souvent comme autant de déclarations de principes, tantôt insuffisantes au regard de l’urgence, tantôt non suivies de mesures concrètes. Pour beaucoup, l’écologie apparaît donc comme une stratégie de communication en vue d’assurer des intérêts politiques ou économiques.
https://mrmondialisation.org/chaos-climatique-le-jeu-dangereux-de-total-expose-dans-un-nouveau-rapport/
Notre dossier :
https://yonnelautre.fr/spip.php?article8971

3/ Agir contre l’extraction de l’or en Guyane : Le gouvernement laisse planer le doute sur le projet minier Montagne d’Or
Montagne d’or : les écologistes dénoncent un double discours
La position du gouvernement sur le projet géant d’extraction aurifère en Guyane laisse planer des doutes.
https://www.lemonde.fr/planete/article/2019/05/28/montagne-d-or-les-ecologistes-denoncent-un-double-discours_5468552_3244.html

4/ L’Afrique du Sud, 14e pollueur mondial, instaure une taxe carbone
Le pays, première puissance industrielle du continent africain, est extrêmement dépendant du charbon pour sa production d’électricité.
https://www.lemonde.fr/afrique/article/2019/05/27/l-afrique-du-sud-14e-pollueur-mondial-instaure-une-taxe-carbone_5468154_3212.html

5/ Tesla alerte le gouvernement américain sur la pénurie à venir de métaux pour la voiture électrique
Les constructeurs automobile américains vont-ils subir une pénurie de cuivre, cobalt ou encore nickel ? Le premier vendeur du pays, Tesla, a alerté le gouvernement américain du manque d’approvisionnement en matière première pour les batteries. Un sujet stratégique pour les Américains qui tentent de diminuer leur dépendance aux minéraux étrangers.
https://www.novethic.fr/actualite/environnement/ressources-naturelles/isr-rse/tesla-alerte-le-gouvernement-americain-sur-la-penurie-a-venir-de-metaux-pour-la-voiture-electrique-147306.html

6/ Droits humains. Pour quelques barils de plus, l’appât du gain n’a pas de limites
Expropriations, intimidations, les grandes compagnies pétrolières et les banques qui les soutiennent ferment les yeux lorsqu’il sagit de faire des profits. Trois militants écologistes venus à d’Afrique et d’Asie en témoignent.
https://www.humanite.fr/droits-humains-pour-quelques-barils-de-plus-lappat-du-gain-na-pas-de-limites-672968

7/ Une usine alimentée au… charbon s’installe en Moselle
Alors que le gouvernement a annoncé la fin des centrales à charbon d’ici à 2022, une usine de fabrication de laine de roche alimentée au coke est en construction en Moselle. Un collectif de riverains se mobilise au nom de la préservation de la santé et de la lutte contre les émissions de gaz à effet de serre.

https://reporterre.net/Une-usine-alimentee-au-charbon-s-installe-en-Moselle

8/ Industrie du charbon en Indonésie : « Tueurs Sexy » : buzz mondial autour d’un film
En Indonésie, un documentaire exposant les dégâts importants provoqués par l’extraction de charbon, roche fossile dont le pays est dépendant pour sa production d’électricité, rencontre un large succès depuis le mois dernier. L’Indonésie est aujourd’hui le 5e émetteur de CO2 au monde tout en rencontrant un problème de déforestation majeur.
https://mrmondialisation.org/tueurs-sexy-buzz-mondial-autour-dun-film-sur-lindustrie-indonesienne-du-charbon/
https://www.youtube.com/watch?time_continue=10&v=qlB7vg4I-To

9/ Madagascar : mouvement populaire d’opposition au projet minier Toliara Sands Base Toliara
Comme vous le savez sûrement, neuf citoyens de Benetse, Ampototse et Tsiafanoka du district de Toliara II, opposés au projet minier d’extraction d’ilménite de la société australienne Base Toliara (dénommée Toliara Sands auparavant) ont été arrêtés le 2 mai et emprisonnés en détention préventive à Fianarantsoa depuis le 9 mai. Les motifs d’inculpation sont : ‘destruction volontaire de biens appartenant à la société Base Toliara, incendie d’objets mobiliers et attroupement non armé non abandonné après l’annonce de sommation’
https://yonnelautre.fr/spip.php?article13466#forum142179

https://yonnelautre.fr/

La mine de Salau en terrain miné

Trois ans avant sa fermeture, après les signalements de mineurs atteints de troubles pulmonaires, le site avait fait l’objet d’une série de prélèvements scientifiques, qui tous avaient révélé la présence d’amiante dans l’air et dans les roches.

Malgré ces résultats et les réserves émises par le ministère de la santé, trente ans plus tard, en octobre 2016, Bernard Cazeneuve, alors premier ministre, et Christophe Sirugue, secrétaire d’État à l’industrie, accordent un permis de recherche à la société Variscan Mines sur huit minerais dont le tungstène, le cuivre et l’or.

La relance de la mine en France est alors dans l’air du temps depuis quelques années. L’arrivée d’Arnaud Montebourg à Bercy, au début du quinquennat de François Hollande, donne le coup d’envoi. Critiqué, le gouvernement promet alors une réforme du code minier pour prendre en compte l’aspect environnemental jusqu’ici réduit à portion congrue. Cette réforme n’a jamais vu le jour lors du précédent quinquennat, et a de nouveau été promise par le ministre de la transition écologique François de Rugy il y a quelques semaines à l’issue du premier Conseil de défense écologique.

En attendant, l’État avait promis, en 2015, la rédaction d’un « livre blanc » pour faire de l’exploitation de mine « responsable ». Quand Emmanuel Macron, président de la République, s’est rendu en Guyane en 2017, il avait par exemple réaffirmé son soutien à la Montagne d’or, ce projet de méga-mine d’or au cœur de la forêt amazonienne, car celle-ci respecterait ce concept. Or le projet de livre blanc a fait long feu.

Interrogé par Mediapart en juin 2018, le service presse du Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) reconnaissait que « le livre blanc n’a, en effet, pas été publié. Il est actuellement en attente du côté du ministère et n’existe donc pas en tant que tel ». « Toutefois, un référentiel technique a été rendu public sur le site minéralinfo, collection “les mines en France” », ajoutait le BRGM.

Cela n’a pas empêché les promoteurs de la réouverture de la mine de Salau, tout comme en Guyane, de se réclamer de ce concept. Et Bercy de s’en targuer pour justifier l’octroi du permis d’exploration en 2016.

Depuis ce moment et avec le soutien d’associations de défense de l’environnement (le comité écologique ariégeois, Conflens-Salau demain), Henri Richl, maire de Couflens, village dont dépend la mine, se bat pour faire annuler cette autorisation. Ils sont une vingtaine, ce mardi 11 juin, à avoir fait le déplacement jusqu’à Toulouse pour assister à l’audience du tribunal administratif.

Violaine Richl, la fille et adjointe du maire, se réjouit : « Notre recours pour annuler le permis va être enfin jugé par le tribunal. Ça paraît irréel. Ça fait plus de deux ans qu’on attend ce jour. »

À 49 ans, cette technicienne agricole est revenue vivre dans son village natal. « J’y suis très attachée. C’est pour cela que je mènerai ce combat jusqu’au bout, pour préserver la nature dans laquelle j’ai grandi », explique-t-elle.

C’est la septième fois qu’elle se présente au tribunal administratif de Toulouse. « Depuis que le permis a été accordé, nous avons dû faire face à de nombreux problèmes avec la société Variscan Mines qui se permettait de faire des travaux ou des mesures sans respecter les règles d’usage et cela avec l’aval de la préfecture », précise Violaine qui ne cache pas une certaine fatigue à devoir mener ce combat contre Variscan Mines mais aussi contre l’État.

À ses côtés, Jacques Renoud, premier adjoint au maire, a l’impression parfois de « se battre contre un ballon de baudruche. Rien ne bouge », estime-t-il. Cet ancien libraire reconverti dans l’apiculture, venu s’installer dans la région il y a vingt-trois ans, pour fuir « le tourisme de masse de L’Isle-sur-la-Sorgue » n’a aucune envie de se « retrouver au milieu des camions qui transporteront le tungstène ».

Dans ce combat, chacun a son domaine. « On doit faire avec nos petits moyens. Je me suis occupé de décortiquer les montages financiers de Variscan Mines, explique Jacques Renoud, Marcel Ricordeau, président du Comité écologique, est en charge des questions environnementales, et Violaine avec son père Henri, ont tout l’historique des procédures judiciaires. »

La salle d’audience se remplit de la vingtaine de personnes opposées à la réouverture de la mine. Ni Michel Bonnemaison, à l’origine de la demande de permis pour la société Variscan Mines, représentée par l’avocate Sarah Beau, ni la préfète, Chantal Mauchet, n’ont fait le déplacement. Seuls pour défendre le permis, Rémi Galin, chef du bureau des ressources minérales au ministère de l’écologie, et Jean-Luc Findelair, de la Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement (DREAL), sont présents.

 Durant l’audience, les opposants sont, très vite, confortés par le rapporteur public qui se prononce pour l’annulation du permis pour des motifs financiers.

En matière de code minier, l’un des principaux critères d’octroi des permis repose sur les capacités financières de l’entreprise. Or, non seulement Variscan Mines a présenté un dossier financier « inexact », qui « a nui à l’information du public et à la décision de l’administration », mais de surcroît, elle n’a pas les capacités financières disponibles et requises pour ce projet.

«Variscan n’a pas justifié de ses capacités financières»

Il est vrai que le montage réalisé par cette entreprise soulève de nombreuses interrogations. Contactée par Mediapart, la société Variscan Mines n’a pas souhaité s’exprimer, préférant attendre le jugement pour le faire.

En revanche, Michel Bonnemaison a accepté de revenir sur la genèse de la demande de permis. Après trente ans au service de l’État, « lorsque j’ai quitté le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM), j’ai créé E-mines, une entreprise d’informatique pour exploiter les données minières. Les sociétés d’exploration n’ont pas les connaissances suffisantes, je leur propose donc mes services », précise le géologue pour lequel passer ainsi du public au privé dans le même domaine de compétences « ne pose pas de problème. C’était même encouragé à l’époque ».

Ariégeois, il estime que la mine de Salau est d’une richesse sous-estimée. « Mes démarches auprès des ministères ont duré plus de deux ans. Macron à Bercy a soutenu le projet alors que les ministères de l’écologie et surtout de la santé avec Touraine émettaient des réserves », précise-t-il.

Loin de faire l’unanimité au sein du gouvernement, l’octroi du permis de recherches minières à la Société Variscan a effectivement provoqué la réaction de Marisol Touraine, alors ministre de la santé. Dans un courrier du 21 novembre 2016 (en annexe de la convention entre l’État et Variscan), elle insiste sur la nécessité de conditionner ce permis à « une expertise indépendante sur le risque amiantifère ».  

Plus de deux ans plus tard, cette expertise, menée par Maxime Missori et Marie-Annick Billon-Galland, n’a toujours pas rendu ses conclusions. Pour Michel Bonnemaison, « il n’y a pas lieu de s’inquiéter sur l’amiante ». En revanche, aucun commentaire sur le montage financier.

En résumé, Variscan Mines Limited, société australienne, a créé une filiale française, Variscan Mines SAS, pour détenir le permis. Lors de la présentation du dossier, Michel Bonnemaison et Variscan ont annoncé être soutenus par Apollo Multi Asset Management LLP, garant de l’engagement financier minimal de 25 millions d’euros. Mais ce soutien se révélera inexistant. Par ailleurs, parmi les actionnaires figure Juniper Capital, un fonds d’investissement basé dans les îles Vierges britanniques, un paradis fiscal donc.

Aujourd’hui, et pour faire simple, un autre fonds d’investissement, Apollo Minerals, a racheté la filiale française de Variscan, devenant ainsi le détenteur du permis. Tandis que Juniper Capital figure toujours parmi les actionnaires…  

Comme le signale le rapporteur public, « nous avons beaucoup de mal à comprendre pourquoi il n’y a pas eu un montage solide et clair ». En d’autres termes, comment expliquer une telle cascade de sociétés, parmi lesquelles un fonds d’investissements domicilié aux îles Vierges britanniques ?

La conclusion du magistrat est accablante pour l’État : « Variscan n’a pas justifié de ses capacités financières et le secrétaire d’État a donc entaché son arrêté d’irrégularités. »

Lors de sa plaidoirie, Rémi Galin, chargé du bureau des mines pour le ministère de l’écologie, peine à convaincre. Dans un jargon technocratique et peu compréhensible, il assure aux magistrats que les décisions sont prises par des experts. Concernant le montage financier et les paradis fiscaux, il précise que le ministre les jugeait « pas terribles » et déclare néanmoins en guise de conclusion : « Je me demande encore aujourd’hui comment j’aurais pu refuser ce projet. »

Grands absents de cette audience, l’environnement et la santé. Balayés d’un trait par le rapporteur public, qui estime qu’à ce stade, n’étant question que de recherches et non d’extraction, aucune raison ne justifie d’aborder ce sujet, au grand regret des avocats des plaignants, François Lafforgue et Hermine Baron.

« Le jugement devrait être rendu dans quinze jours. Nous sommes satisfaits de la demande d’annulation du permis par le rapporteur public », commente Me Lafforgue à la sortie de l’audience. « Néanmoins, nous ne sommes pas d’accord avec la lecture qui a été faite sur les risques que représente ce permis. Il est impensable qu’on n’aborde ni les dangers de l’amiante pour la santé ni les conséquences sur l’environnement d’un tel permis qui ne peut être dissocié du projet global. »

En se rendant dans les communes concernées, difficile d’ignorer les dangers que peut représenter la réouverture de la mine pour l’environnement et la santé. Au fin fond des Pyrénées, une petite route sinueuse grimpe jusqu’aux villages de Conflens et de Salau. Rien ne permet d’imaginer leur passé minier, à l’exception de trois petits immeubles construits à la fin des années 1960, pour y loger les familles.

Cependant en poursuivant la route, à plus de 1 300 mètres d’altitude, l’entrée de la mine rappelle que des hommes y ont extrait du tungstène, sur 26 kilomètres de galeries souterraines.

 Pendant quinze ans, la société minière d’Anglade (SMA), avec pour principal actionnaire l’État au travers du Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM), emploie près de 146 personnes. Les deux villages voisins, Couflens et Salau, connaissent alors un développement économique fulgurant, dans une région quasi déserte. Mais, dans les années 1980, la chute du cours du tungstène, consécutive à une baisse de la demande et à la concurrence chinoise, vient mettre un coup d’arrêt brutal à cet essor.

Le 24 décembre 1986, la fermeture de la mine met 124 mineurs sur le carreau. Le village se vide, passant de 250 à quelques dizaines d’habitants. Au-delà des conséquences économiques, le sinistre est surtout sanitaire et environnemental. La mine laisse derrière elle près de 700 000 m3 de déchets, fortement concentrés en arsenic, cuivre, bismuth et amiante.

Gypaète barbu et desman

Dorénavant, un panneau met en garde les promeneurs : « Haltes pique-nique et repos déconseillées – Ancien site minier – Sols impactés ». Impactés ou plus précisément fortement pollués.

Le gypaète barbu sait-il lire le français ? Cela reste à démontrer. Ce qui est sûr, c’est que ce rapace extrêmement rare – on compte moins de 200 couples en Europe – est fortement incompatible avec une activité minière. Plusieurs spécimens ont été observés sur le territoire de Couflens. Classée espèce protégée, menacée d’extinction en France, le gypaète barbu est un oiseau extrêmement méfiant. De plus, il faut compter sept ans pour qu’un couple fasse un petit viable.

Gypaète barbu – « Destination Wild ». © National Geographic Wild France

D’autres espèces protégées pourraient pâtir de la reprise d’une activité minière. Notamment le desman, espèce rarissime, mammifère semi-aquatique qui ressemble à un rat dodu (voir la vidéo ci-dessous). Mais aussi le calotriton des Pyrénées, la loutre et l’ours brun. Selon les associations, on a dénombré 573 espèces sur le territoire, 61 animales et 512 végétales. Et il existe un haut ratio entre espèces présentes et espèces protégées.

Le desman des Pyrénées. © Parc naturel régional des Pyrénées Ariégeoises

De fait, le permis d’exploration délivré à Variscan se trouve entièrement sur une zone Natura 2000. Il s’agit également d’une zone importante pour la conservation des oiseaux (ZICO) et le Salat, qui coule en contrebas, a été classé pour sa préservation en tant que rivière à caractère patrimonial, en raison de la « présence de migrateurs amphihalins » et de son caractère de « réservoir biologique ».

Comme le rapporteur public lors de l’audience au tribunal administratif, la DREAL élude les questions sur tous ces sujets. « Le fait qu’il existe des contraintes environnementales n’empêche pas la délivrance d’un PER, car ce permis ne fait qu’accorder une exclusivité au porteur du dossier », explique-t-elle. Et d’ajouter : « [Ce permis] n’autorise pas directement la réalisation de travaux : ceux-ci doivent faire l’objet de déclarations ou de demandes d’autorisation au titre du code minier. Ces dossiers de demande de réalisation de travaux miniers doivent permettre à l’État de statuer sur la bonne prise en compte de ces enjeux. »

Selon les opposants à la mine, le percement d’une galerie lors de l’exploration aurait aussi pour but de vider les galeries ennoyées de l’ancienne mine, et pourrait conduire au rejet de dizaines de milliers de mètres cubes d’eau en contact avec de l’arsénopyrite (classée ici parmi les 10 minéraux les plus toxiques de la planète) dans le Salat.

Sur le carreau de la mine, et surtout sur les versants rouges de stériles qui la bordent, la nature semble avoir soigneusement évité l’endroit. L’activité minière, comme ailleurs, a cessé en laissant son lot de déchets (voir par exemple notre reportage sur l’ancienne mine d’or de Salsigne).

« En 2011, des prélèvements de ces déchets ont été faits par Geoderis, c’est-à-dire l’État. Nous n’avons reçu les résultats faisant état d’arsenic, entre autres, qu’à la fin de l’année 2016. Comme par hasard, après que le permis de recherche pour la mine a été accordé », déplore Henri Richl, maire de Conflens-Salau.

 Ancien employé de la mine, Henri Richl est, à 85 ans, l’un des plus anciens du village à s’être battu pour que les hameaux se repeuplent. La simple évocation du permis provoque en lui colère et indignation : « La mine a déjà ôté trop de vies. Aujourd’hui, Variscan et son permis ont tout perturbé : des gîtes se vident, une aubergiste risque de vendre son établissement. Les touristes s’inquiètent des pollutions et des dangers du site. »

Gagné par la fatigue d’une si longue bataille judiciaire, il s’inquiète de voir ses proches finir, eux aussi, par se résigner. « Ma fille ne sait pas si elle se représentera l’année prochaine aux élections. Mais je ne céderai pas la place aux partisans de Variscan et de la mine. Dans cette histoire, l’État se vautre dans le mensonge. Je ne lâcherai pas », assure-t-il.

« Ce mensonge avait déjà commencé à la fermeture de la mine, lorsqu’on nous disait que ce n’était pas l’amiante qui tuait les mineurs », se rappelle Madeleine Audoir, 91 ans, l’ancienne infirmière de la mine.

« Je me souviens d’un mineur que j’ai soigné avant qu’il ne soit hospitalisé et qui a demandé à sa femme de faire une autopsie de son corps à sa mort pour prouver que sa maladie provenait bien de l’amiante inhalée dans la mine. Il souhaitait que ça puisse servir aux autres mineurs », raconte Madeleine.

 Encore émue à l’évocation de ce patient, elle explique avoir dû mener un dur combat pour que soient reconnues ces maladies. Soutenue par un médecin qui avait, pour l’époque, une parfaite connaissance des atteintes pulmonaires liées à cette fibre toxique, après avoir travaillé sur des cas similaires d’ouvriers d’une mine corse. « Toutes les analyses médicales des patients venant de Salau montraient que l’origine de ces maladies était due à l’amiante. Mais la direction et l’État ne voulaient rien entendre. C’était l’omerta », poursuit-elle.

Présente dans les roches, lors de l’extraction par explosion du tungstène, l’amiante s’est propagée dans l’air, atteignant les poumons des mineurs.  

Trois ans avant sa fermeture, certains ouvriers de la mine s’inquiètent d’être atteints de graves troubles respiratoires, dans certains cas d’asbestoses, une maladie qui détruit les tissus pulmonaires. Plusieurs prélèvements réalisés en urgence, en 1983 et 1984, par le laboratoire de la caisse régionale d’assurance maladie et par le BRGM confirment la présence « d’actinolite [fibre d’amiante], dans l’air sur tous les sites contrôlés » et « d’actinolite fibreuse classée comme amiante dans les roches de la mine de Salau ».

« On ne voit pas l’avenir »

Face au refus des médecins de la sécurité sociale minière de reconnaître leurs atteintes respiratoires en maladie professionnelle, les mineurs font appel à Henri Pézerat, physico-chimiste au CNRS, à l’origine de la première mobilisation des années 1970 contre l’amiante, et à Annie Thébaud-Mony, chercheuse à l’Inserm et spécialiste de la santé publique.

Selon leur étude, « l’examen des échantillons de roches et de poussière […] ne laisse aucun doute : la présence d’actinolite dans cette mine est un phénomène général », « c’est une des variétés d’amphibole les plus dangereuses », « des fibres d’amiante, à l’origine de l’asbestose ou de cancers broncho-pulmonaires ». 

« Nous avions préconisé à l’époque auprès des institutions médicales qu’un suivi soit fait et qu’un registre des cancers de l’Ariège soit tenu, mais c’est resté lettre morte. Les autorités sanitaires en France font le choix de “ne pas savoir” surtout lorsqu’il s’agit de risques liés au travail », déplore Annie Thébaud-Mony.

En 1986, le travail des deux scientifiques permet néanmoins de recenser 14 cas d’atteintes respiratoires, dont 4 cas d’asbestose, 3 cas de silicose, et 2 décès par cancer broncho-pulmonaires, reconnus en maladie professionnelle.

À l’annonce de la réouverture de la mine, l’ancienne infirmière Madeleine Audoir a tout d’abord pensé que la « vallée allait revivre ». Mais très vite, à la lecture du projet, Madeleine se rend compte du « mensonge ». « Il s’agit d’exploiter de nouveau des mineurs. L’emploi ne concernera que quelques dizaines de personnes, 46, dit-on aujourd’hui. Une misère lorsqu’on pense aux conséquences sanitaires. C’est une insulte faite à la mémoire des morts de l’amiante », déplore-t-elle.

Aujourd’hui, elle s’insurge contre ses camarades du Parti communiste, qu’elle a depuis quitté, ou des membres de la CGT, dont elle fait encore partie, qui mettent en doute les décès dus à l’amiante. « Quel recul intellectuel ! Le Parti communiste comme la CGT sont des dinosaures. Lorsqu’on leur dit : “Ne vous inquiétez pas, nous ferons une mine responsable sans pollution”, ils y croient, ou feignent d’y croire. C’est lamentable », se désole Madeleine qui ne décolère pas. « On ne voit pas l’avenir. On le détruit ici avec de tels projets », conclut-elle.

« Aujourd’hui, ce n’est pas parce que la mine est restée fermée que l’amiante est partie. D’autant qu’elle est à la fois dans les roches qui contiennent le tungstène, mais aussi présente dans l’air, sous forme de poussière. Il s’agit donc d’une pollution par l’empoussièrement et d’un environnement qui est en soi amiantifère », précise Annie Thébaud-Mony.

La pollution est telle que les protections doivent être drastiques. Alors que la préfecture de l’Ariège avait, en septembre 2018, autorisé l’entreprise à réaliser des travaux dans la mine, un mois plus tard, le tribunal administratif de Toulouse a suspendu cette autorisation compte tenu de « l’existence de risques potentiels sérieux liés à leur exécution […] et de la gravité de ces risques pour la santé des travailleurs ».

Les partisans de la mine, quant à eux, n’admettent toujours pas ce risque. C’est le cas du docteur Jean-Louis Vicq qui a soigné des mineurs « sans jamais reconnaître leur maladie professionnelle », tient-il à préciser. Doutant des dangers de l’amiante, il préfère parler de la psychologie des mineurs qui, d’après lui, veulent « choper du pognon en déclarant des problèmes liés à l’amiante. C’est dans leur mentalité pour avoir une rente financière en plus »

Selon lui, dans un « pays ariégeois [qui] se meurt, l’avenir passe par ce qui ressemble à un retour en arrière mais qui pourrait s’avérer être un grand bond en avant ». La nostalgie d’une vallée peuplée brouille parfois les esprits et le docteur Vicq n’en est pas la seule victime.

François-Xavier Carbou, de la CGT, estime que de « l’amiante, il y en a partout et nulle part ». Façon de remiser l’épineuse question pour défendre « une cinquantaine d’emplois si la mine rouvre. Ce n’est pas le nirvana mais c’est déjà cela ». Le délégué syndical souhaite surtout que Salau soit « un début pour remettre en marche l’extraction des mines en France. Ce serait déjà un grand pas en avant », avant de conclure : « Je rêve en disant cela… » 

Ce rêve, c’est aussi celui que partagent les membres de PPERMS, association pour promouvoir une exploitation responsable de la mine de Salau, avec néanmoins, toujours le même bémol : l’amiante et la pollution qui cristallisent beaucoup de contradictions.

La présidente de l’association, Hélène Nirascou, professeur d’éducation physique, reconnaît les dangers liés à cette fibre. Elle-même a « alerté l’éducation nationale sur les dangers qu’on faisait prendre aux élèves dans un gymnase dont le toit est fait en amiante-ciment. Cela fait des années que l’on vit avec cela. La seule réponse a été un blâme à mon encontre ».

Après un tel préambule, difficile de ne pas aborder la présence de l’amiante dans une mine dont elle défend la réouverture. Embarrassée, elle estime qu’il s’agit d’une situation différente. Perplexe, nous lui demandons des explications : « Attendons les analyses des experts sur la teneur en amiante de la mine. » Nous n’en saurons pas plus.

Plus prolixe, l’un des fondateurs de l’association, Jacques Soucasse, est « désespéré par l’audience qui s’est tenue à Toulouse et la demande d’annulation du permis par le rapporteur public ».

« Variscan a les reins solides financièrement et, à l’exception de quelques déchets à l’extérieur de la mine, tout est sous-terrain donc il n’y a pas de dégradation pour l’environnement, claironne-t-il avant d’aborder ce qui est pour lui la vraie maladie qui ronge la région : « Le départ des jeunes qui vont chercher du travail vers les villes les plus proches comme Toulouse. On est sinistré ici. Il n’y a plus rien, que des vieux. »

Un article de mediapart en date du 13 juin

Permis prolongé

Cela concerne Gazonor

Objet : Arrêté du 12 juin 2019 prolongeant le permis exclusif de recherches de mines d’hydrocarbures conventionnels liquides ou gazeux, dit « permis de Sud-Midi » (Nord et Pas-de-Calais) à la société Gazonor SAS
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https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000038599204&categorieLien=id

Les investissements mondiaux dans le pétrole augmentent

… Malgré le réchauffement climatique

En 2018, l’économie mondiale a augmenté ses investissements dans les énergies fossiles tandis que ceux dans les énergies renouvelables stagnaient. L’exact contraire de ce qu’il faudrait faire pour limiter la hausse des températures mondiales.

STAGNATION. Le constat effectué par l’Agence internationale de l’énergie (AIE) dans son rapport sur les investissements mondiaux en matière d’énergie est sans appel : rien ne va dans la bonne direction. Les 1,6 trillions (milliards de milliards) d’euros destinés en 2018 à l’extraction et à l’utilisation du pétrole, du charbon et du gaz et au développement des énergies renouvelables sont globalement insuffisants pour garantir à l’ensemble de l’humanité l’accès à une électricité propre et durable en 2030. Et les experts constatent une stagnation des investissements dans les énergies renouvelables quand ceux consacrés aux énergies fossiles repartent à la hausse. Constat de Fatih Birol, le directeur exécutif de l’AIE : “ Le monde n’investit pas assez dans les réseaux traditionnels d’approvisionnement pour assurer les tendances actuelles de consommation, ni n’investit assez dans les technologies propres pour changer la trajectoire actuelle. De quelque façon que vous regardiez, nous accumulons les risques pour le futur.”

Pour la troisième année consécutive, le montant global des investissements dans l’énergie est resté au même niveau et reste inférieur à celui constaté en 2014, avant la chute du prix du pétrole du fait de l’essor des gaz de schiste américains. Or, cela n’est pas suffisant pour atteindre l’un des objectifs de développement durable décidé par les États à l’horizon 2030 : la fourniture d’une énergie propre à l’ensemble de l’humanité. Des progrès sont certes enregistrés. En 2010, 1,2 milliard d’hommes n’avaient pas l’électricité. Ils sont 840 millions aujourd’hui à vivre dans le noir et 3 milliards à se chauffer et à cuire les aliments sur des appareils polluants à base de bois ou de charbon. L’effort actuel indique qu’ils seront encore 650 millions en 2030, à 90 % en Afrique subsaharienne. Les investissements dans le secteur électrique dépassent cependant ceux des secteurs gaziers et pétroliers.

Les investissements dans le secteur pétrolier  et charbonnier augmentent tandis que ceux du secteur électrique baissent avec une stagnation des énergies renouvelables. Le soutien à l’efficacité énergétique ne progresse pas.

La production électrique à base de charbon va continuer des années encore

RENTABILITÉ. En 2018, les investissements ont été tirés par la poursuite des efforts américains sur le gaz et le pétrole de schiste (+4%) si bien que les États-Unis ont réduit leur écart avec le premier investisseur mondial, la Chine. L’Inde a également connu un bond supérieur à 12% au cours des trois dernières années. Absent de cette compétition, l’Afrique subsaharienne représente moins de 15% des investissements mondiaux pour 40% de la population mondiale. Selon l’AIE, cela démontre la frilosité des investisseurs qui mettent leur argent sur des projets faciles à monter avec une rentabilité rapide. Le secteur de l’exploration-production des énergies fossiles et la construction de centrales électriques approvisionnent le marché en moyenne 20% plus rapidement qu’en 2010. Outre les investissements américains dans le gaz de schiste, l’AIE note également la persistance du recours au charbon dans le monde, une source énergétique qui permet justement d’apporter très rapidement au marché les capacités qu’il demande avec l’extension des réseaux électriques et le développement des appareils ménagers.

La Chine, premier investisseur, finance en priorité le système électrique tandis que les Etats-Unis portent leurs efforts sur le gaz et pétrole de schiste.

Un appel pour réorienter les investissements vers une électricité durable

COURAGE. Le charbon connaît donc une augmentation de 2% quand les énergies renouvelables stagnent, soit l’exact contraire de ce que préconise l’accord de Paris de réduction des gaz à effet de serre. “Sans les technologies de capture et stockage du carbone ou des aides pour stopper préventivement des centrales, l’électricité à partir de charbon et son fort taux d’émissions de CO2 devrait garder une part importante du système global énergétique pour de nombreuses années encore”, note le rapport. Enfin, dernière tendance néfaste pour la lutte contre le réchauffement climatique : les financements en direction de l’efficacité énergétique — qui auraient dû connaître un hausse — restent stables. Pourtant, la réduction de la demande en énergie est cruciale pour atteindre les objectifs de neutralité carbone au milieu du siècle. Les investissements dans les transports propres et la chaleur renouvelable sont également en baisse de 2%.

Pour l’AIE, pas de doute : “Les tendances actuelles des investissements dans l’énergie appellent à des décisions courageuses pour construire un système énergétique plus soutenable”. Et l’agence de lancer un appel aux gouvernements pour qu’ils orientent les décisions d’investissement dans la bonne direction.

sciencesetavenir.fr

Start-up nation ?

Non, low-tech nation !

Plutôt que de s’enfoncer toujours plus loin dans l’impasse des high-tech, si nous faisions le choix d’être la première low-tech nation ? La France, pour peu qu’elle prenne ce virage radical et ambitieux, pourrait devenir la vitrine exemplaire de cette indispensable révolution. Philippe Bihouix* nous livre ici une réflexion à contre-courant. II vient par ailleurs de publier un nouvel ouvrage au Seuil intitulé « Le bonheur était pour demain, les rêveries d’un ingénieur solitaire ».

Low-tech : avouons que le terme n’est pas, de prime abord, particulièrement séduisant et aurait plutôt tendance à créer quelques réactions épidermiques du type : « Quoi ? Vous voulez mettre la science au rencart et en revenir aux haches de pierre ? »… ou bien revenir « à l’araire, au compagnonnage, aux chevaux de poste, à la famine, au silex, au mésolithique moyen et à la socialité des bonobos ou des hippies… » (prière de rayer les mentions inutiles) ?
Peut-être aurait-il mieux fallu remettre au goût du jour les outils conviviaux d’Ivan Illich, les technologies « appropriées » (intermediate technologies) de l’économiste Ernst Friedrich Schumacher, les techniques autonomes d’André Gorz, ou du moins éviter l’anglicisme et parler de technologies sobres, agiles, durables, résilientes…
Quant à définir les low-tech précisément, accrochez-vous ! Le vélo, avec ses mille pièces élémentaires, est évidemment un objet bien plus durable, sobre, facile à utiliser et simple à réparer qu’une voiture bardée d’électronique et de métaux high-tech. Mais pour fabriquer le dérailleur et les câbles de frein, vulcaniser les pneus et les chambres à air, il faut des usines d’une haute technicité… de même que les unités de production du simple bicarbonate de soude, à la base de nombreux produits ménagers à préparer soi-même dans une louable démarche écologique et zéro déchet.
Et, compte-tenu de la concentration humaine que nous avons atteinte, personne ne recommande de débrancher les ordinateurs ou les dispositifs de contrôle des grands systèmes de production d’eau potable et d’assainissement, sans parler du secteur médical.

Sans qu’il y ait matière à s’en réjouir, le temps devrait jouer en faveur des low-tech, et les faire apparaître de plus en plus comme une impérieuse nécessité, au fur et à mesure que les promesses technologiques ne seront pas tenues, que les prétendus nouveaux modèles économiques resteront marginaux, que les négociations internationales piétineront, que l’état de la planète et des ressources continuera de se dégrader.
Les faits sont accablants. Malgré l’impressionnante croissance des énergies renouvelables, on ne parvient pas ne serait-ce qu’à accompagner la croissance de la demande électrique : sur les 600 TWh supplémentaires produits en 2017 par rapport à 2016, 300 TWh l’ont été avec du solaire et de l’éolien, et 300 TWh avec… du charbon essentiellement.
Il n’y a par ailleurs eu aucune dématérialisation de l’économie – bien au contraire : sur les quinze dernières années, l’extraction minière de presque tous les métaux a progressé plus vite que le produit intérieur brut. L’extractivisme s’accélère et il n’y a, à date, « transition » que dans les discours officiels sirupeux… et dans nos rêves.

Les low-tech n’annoncent pas et ne fantasment pas un retour aux temps troglodytiques. Et ce serait aussi une grave erreur que de les cantonner à une vision marginale, à une dimension de bricolage familial ou de (re)découverte de quelques techniques anciennes, ici ou ailleurs, de la maison en paille aux outils agricoles, en passant par le solaire thermique, la machine à laver à pédales, le four solaire et les toilettes sèches.
Les low-tech sont bien plus que cela, et doivent porter une dimension systémique et politique… et certainement, sans doute, morale, culturelle voire philosophique.

Changer radicalement de modèle

Dimension systémique d’abord, car les trois mots d’ordre d’une démarche low tech – sobriété et économie à la source ; conception basée sur des techniques durables et réparables, les plus simples et les moins dépendantes possible des ressources non renouvelables ; conditions de production basées sur le savoir et un travail humain digne – s’appliquent autant et même plus au niveau collectif qu’au niveau individuel, et visent d’abord à remettre en cause les modèles économiques et sociaux actuels, avant même de s’attaquer à la « question technique ».
(Re)mettre en place des circuits de distribution plus courts, avec moins d’emballages, de gâchis, de déchets, n’est pas une question technologique : on sait depuis longtemps consigner et nettoyer une bouteille. Mais il faut s’organiser pour cela, avec un modèle qui fonctionne entre producteurs, transporteurs, distributeurs et consommateurs.
La sobriété ou la frugalité font d’autant moins peur qu’elles se fondent facilement avec la notion d’efficacité. Les acteurs institutionnels les plus ouverts consentent à reconnaître qu’un meilleur usage des ressources, une meilleure efficacité des procédés de production et des modes de consommation, pourraient conduire à une certaine sobriété des besoins en énergie et en ressources, et à un impact environnemental enfin soutenable. Mais les gains en efficacité sont toujours réduits, au moins pour partie, par l’effet rebond. C’est donc bien une sobriété d’usage qui devra être, à terme, obtenue.
Dans le bâtiment : moins construire (et intensifier l’usage des surfaces existantes), moins chauffer (et moins climatiser), et pas seulement concevoir et isoler correctement les constructions récentes ou anciennes – il est en effet terriblement plus efficace, plus rapide, plus abordable d’isoler les corps que d’isoler les bâtiments eux-mêmes. Dans le transport : moins se déplacer, ou plus lentement, et pas seulement utiliser des véhicules plus efficaces et moins émetteurs de CO2, ou les partager. Au quotidien : moins consommer, et pas uniquement mieux recycler, « faire plus et mieux avec moins », ainsi que nous y invite le slogan de l’économie circulaire. Dans l’alimentation : moins manger de viande, entre autres…

Actionner le puissant levier normatif

Dimension politique ensuite : si les engagements citoyens, les initiatives locales, les questionnements et les envies dans certaines entreprises (notamment à travers les convictions individuelles) sont formidables, ils doivent être relayés, soutenus, encouragés, démultipliés par la volonté politique. Cela ne veut pas dire qu’il faut attendre que le changement ou la transition « arrivent d’en haut ». L’histoire montre que les décisions politiques suivent et rattrapent les évolutions et les revendications de la société civile, et non qu’elles les précèdent ou les anticipent.
Mais la puissance publique possède encore d’énormes moyens d’action : le pouvoir normatif et réglementaire ; les choix fiscaux et les mécanismes de soutien à l’innovation ; le pouvoir prescriptif à travers la commande publique ; et même le pouvoir d’exemplarité et d’entraînement. Sur ce dernier point, pourquoi, par exemple, encourager l’usage du numérique à l’école dans toutes les matières (et générer des tombereaux de déchets électroniques ingérables), sous prétexte de modernité, alors qu’aucune étude scientifique n’a pu à ce jour démontrer qu’on apprend mieux avec un ordinateur ou une tablette qu’avec un livre ?

Malgré la fascination pour les marchés-libres-et-non-faussés, le levier normatif et réglementaire reste un outil puissant de l’action publique. Il n’est certes pas toujours simple à manier d’un point de vue démocratique, et les mesures (technocratiques) peuvent être rapidement vues comme « liberticides », ou accusées de toucher les populations les plus fragiles économiquement – pensons aux débats récents et houleux autour de l’écotaxe ou de la taxe carbone. Il est impératif que les mesures soient perçues comme justes et équitables.

Pour ne prendre qu’un exemple, la réduction progressive de la taille maximale des voitures serait plutôt facile à obtenir par l’interdiction des plus grosses cylindrées, et/ou par une taxe annuelle proportionnelle (ou fortement progressive) au poids et à la puissance. En l’espace de quelques années, nous pourrions faire évoluer le parc global très significativement, avec des voitures de plus en plus petites, consommant de moins en moins – tandis qu’actuellement, les gains d’efficacité sur la motorisation sont intégralement absorbés par l’augmentation du poids des véhicules.

Rapidement, le parc évoluerait vers des équivalents 2CV ou 4L, au moteur bridé, dépouillés de tout équipement superfétatoire, consommant un à deux litres aux cent kilomètres – avec réglage électronique et filtre à particules tout de même –, cohabitant mieux avec les vélos. Liberticide, me direz-vous ? Certainement ! C’est ce qui permet la vie en société : « La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui. »

Une révolution par le bas

Imaginons un instant ce qui serait faisable grâce à un réel engagement politique aux différentes échelles. On pourrait ouvrir dans chaque agglomération, chaque commune voire chaque quartier, des lieux de réparation citoyenne, à l’image des repair cafés, des « recycleries – ressourceries » pour développer le réemploi des objets, la récupération et le recyclage des matériaux, des « maisons du bricolage partagé », où les riverains mutualiseraient les outils, échangeraient des fournitures et des conseils…
On pourrait lancer des initiatives zéro déchet et d’économie (en ressources) dans toutes les administrations, les écoles et les entreprises publiques, en surfant sur l’engouement d’une partie grandissante de la population… citoyennes, citoyens, à vos composts de combat !

D’une manière générale, les dépenses publiques pourraient être réorientées afin de favoriser le travail humain et l’économie locale plutôt que la consommation d’énergie et de matières premières.
Plutôt que de subventionner les industries high-tech et les projets numériques, le soutien irait en priorité à des initiatives concrètes, sources d’activités et d’emplois pérennes, de développement local, de lien social, d’amélioration de la qualité de vie, d’écosystèmes revigorés : ateliers de production à petite échelle (savons, produits d’entretien, cosmétiques, couture, produits alimentaires transformés…), services à la personne, activités culturelles et artistiques, entrepreneurs de l’économie (presque) circulaire…
Plutôt que d’acheter des tablettes aux collégiens, les départements leur paierait des cours de théâtre, subventionnerait les orchestres et les salles de spectacle.

La France, première low-tech nation

La France serait à la pointe de l’innovation. Mais une innovation différente, courageuse, incroyable, détonante, pas une innovation consistant à sucer la roue de la Silicon Valley et ses services numériques et interstitiels, ou à se pavaner une fois par an au Consumer Electronics Show de Las Vegas.
Une France low-tech nation plus que start-up nation, championne mondiale du zéro déchet et du recyclage ; une France décidant de son avenir commun et non serrant les fesses dans la compétition internationale et la jungle des avantages comparatifs de David Ricardo ; une France sachant s’habiller, s’équiper, s’outiller et s’amuser sans réduire en esclavage des populations entières à l’autre bout de la planète.

Une transition à base de sobriété et de low-tech aurait en outre l’avantage de contribuer à apaiser les tensions internationales, actuelles ou à venir, sur les matières premières (cobalt ou tantale en République démocratique du Congo, lithium du triangle Chili-Bolivie-Argentine, terres rares chinoises, platinoïdes de Russie et d’Afrique du Sud…).
Peut-être cela permettrait-il à un petit groupe de pays européens, optant pour une sobriété choisie et intelligente, de gagner en crédibilité à la table des négociations climatiques, en expérimentant et en proposant un modèle alternatif vraiment…  disruptif, encore à inventer et à expérimenter : celui d’un système économique de post-croissance, capable d’offrir aux populations le plein emploi dans une société plus apaisée, plus résiliente et plus respectueuse.

Et rêvons encore plus loin : les visiteurs étrangers, d’abord médusés, repartiraient enchantés (enfin, peut-être), et, qui sait, colporteraient le changement partout en rentrant chez eux. Comment créer un effet d’entraînement, comment convaincre les autres habitants de la planète de ne pas adopter notre « mode de vie », centré sur la croissance et la voiture, toutes deux mortifères ?
Je ne vois qu’une solution crédible, bien qu’affreusement utopique – mais après tout pas tellement plus que la poursuite infinie de notre trajectoire « accélérationniste » actuelle : nous devons amorcer un virage radical, et démontrer que virage nous rend plus heureux. Chiche ?

* Philippe Bihouix est ingénieur centralien et essayiste, spécialiste de l’épuisement des ressources minérales. Son ouvrage L’âge des low tech, Vers une civilisation techniquement soutenable (Seuil, 2014) a popularisé le terme en France.
Il vient de publier son nouveau livre
Le Bonheur était pour demain au Seuil.

socialter.fr

Une action contre les énergies nocives

Des militants écolos ont perturbé l’assemblée générale de la Société Générale

70 militants des Amis de la Terre, d’Anv-Cop21 et de Youth for Climate France ont fait irruption, le mardi 21 mai au soir, lors de l’assemblée générale de la Société Générale. Ils ont exigé la fin des soutiens financiers de la banque aux énergies les plus nocives pour le climat. La Société Générale contribue notamment au financement d’un projet de terminal d’exportation de gaz de schiste liquéfié, Rio Grande LNG.

Les activistes ont enchaîné les questions sur la reconnaissance de l’objectif 1,5 °C, sur les conséquences de l’exploitation du gaz de schiste… « La Société Générale suit des scénarios qui ignorent l’objectif de limiter le réchauffement climatique à 1,5°. Reconnaissez-vous cet objectif ou allez-vous nous mener vers un monde invivable à 3° ? » a demandé Maxime, un militant, au directeur général de la banque Frederic Oudéa. « Quand assumerez-vous un discours de vérité sur le gaz de schiste et exclurez-vous de vos soutiens ce secteur qui empoisonne la terre et l’atmosphère ? » l’a interrogé Victorine. Des activistes sont montés sur scène, avec des pancartes, avant de se faire sortir.

« L’Assemblée générale des actionnaires de Société Générale a confirmé l’irresponsabilité de la banque en matière de climat, a réagi Anv-Cop21 sur son site internet. Non contente de couper la parole des citoyen·nes concerné·es et militant·es de Youth For Climate, des Amis de la Terre et d’Action Non-Violente Cop21, elle a prétendu se soucier des enjeux climatiques mais a réitéré de façon contradictoire son soutien aux énergies les plus sales, notamment au secteur du gaz de schiste et au projet climaticide Rio Grande LNG. »

En mars 2019, le rapport international Fossil Fuel Finance Report Card 2019 révélait que les 33 principales banques mondiales ont accordé 1688 milliards d’euros de financements aux énergies fossiles depuis la COP21. Parmi elles, les Françaises BNP Paribas, Crédit Agricole, Société Générale et Natixis ont financé le charbon, le pétrole et le gaz à hauteur de 124 milliards d’euros depuis 2016. reporterre.net