Refus de l’extractivisme climaticide n° 404

Épuisement des ressources & Ravages de l’extractivisme

1/ L’avenir du gaz de schiste au Royaume-Uni en question
L’horizon s’assombrit pour le gaz de schiste au Royaume-Uni où la fracturation hydraulique, controversée à cause de son impact environnemental, met plus de temps à faire ses preuves que prévu. Le gouvernement conservateur avait espéré en 2016 que 20 puits puissent être ouverts d’ici mi-2020.
Or, à ce jour, seuls trois puits ont été forés, sans qu’aucune exploitation de gaz de schiste n’ait débuté et sans que les pouvoirs publics sachent quelles quantités pourraient être extraites à terme, d’après un rapport du National Audit Office (NAO), organe chargé de contrôler les dépenses publiques.
https://resistanceinventerre.wordpress.com/2019/10/28/lavenir-du-gaz-de-schiste-au-royaume-uni-en-question/

2/ Terres rares : notre ultra-dépendance à la Chine (et comment en sortir)
Si, contrairement aux idées reçues selon lesquelles les terres rares ne sont pas rares et existent ailleurs qu’en Chine, pourquoi alors tant de bruit ? La Chine ne possède en effet pas toutes les terres rares, mais elle concentre leur production, puisqu’elle produit à elle seule 85 % des terres rares consommées actuellement.
L’enjeu est donc à la fois géopolitique et environnemental. La Chine est aujourd’hui incontournable pour s’approvisionner en terres rares. Bien qu’il existe de nombreux gisements de terres rares dans le monde, ils ne sont pas (encore) exploités, ce qui explique la mainmise de la Chine sur ces ressources. Or, il faut environ 25 ans entre le début d’un projet de mine et le début de son exploitation.
https://theconversation.com/terres-rares-notre-ultra-dependance-a-la-chine-et-comment-en-sortir-125855

3/ Carburants de synthèse, biocarburants, kérosène vert… De quoi parle-t-on exactement ?
Ces dernières années, de nouveaux types de carburants (« renouvelables », « verts » ou « alternatifs ») ont fait leur apparition, certains promettant un plus grand respect de l’environnement.
Ces produits ont-ils vraiment différents des carburants traditionnels issus du pétrole ? Et est-il correct d’affirmer qu’un carburant est « vert » ? Voilà une problématique complexe qui nécessite d’abord de se mettre au point sur les mots.
https://theconversation.com/carburants-de-synthese-biocarburants-kerosene-vert-de-quoi-parle-t-on-exactement-125391

4/ Rapport : Bruxelles et Paris sous l’emprise des lobbies fossiles
Un nouveau rapport [1] révèle que les cinq plus grandes compagnies pétrolières et gazières mondiales et leurs lobbyistes ont dépensé au moins 251 millions d’euros en lobbying auprès de l’UE depuis 2010. Près de 200 organisations de la société civile européenne lancent la campagne « Fossil Free Politics », réclamant des politiques libérées de l’influence des industries fossiles [2]. L’enquête, publiée par les Amis de la Terre France, les Amis de la Terre Europe, Corporate Europe Observatory, Food & Water Europe, Greenpeace UE et l’Observatoire des multinationales montre que BP, Chevron, ExxonMobil, Shell et Total – les cinq leaders mondiaux de l’industrie fossile -, et leurs groupes de pression, emploient 200 lobbyistes à Bruxelles. Ils ont tenu 327 réunions de haut niveau avec des fonctionnaires de la Commission européenne depuis le début de la présidence de Jean-Claude Juncker en 2014. C’est l’équivalent de plus d’une réunion par semaine pour influencer les politiques de l’UE en matière de climat et d’énergie.
https://www.amisdelaterre.org/Rapport-Bruxelles-et-Paris-sous-l-emprise-des-lobbies-fossiles.html

5/ Diamant et fiançailles : cette pseudo-tradition au goût de sang
Lorsqu’on vous dit « mariage », vous pensez peut-être à : robe blanche, pièce montée et… bague de fiançailles avec son fameux diamant ? Aujourd’hui, la pierre « précieuse » est profondément implantée dans l’imaginaire occidental comme étant un élément indissociable d’une promesse d’amour qui dure toujours. Et si ce folklore basé sur le paraître n’était qu’une énième invention marketing, payée au prix du sang des populations proches des mines de diamants ? Spoiler : c’est le cas.
https://mrmondialisation.org/diamants-et-fiancailles-histoire-dune-pseudo-tradition/

6/ Grande Bretagne : Gaz de schiste : La fracturation hydraulique interdite avec effet immédiat !
Volte-face du gouvernement conservateur : Alors qu’il soutenait les projets de recherche et d’exploitation d’hydrocarbures non conventionnels, le gouvernement interdit le « fracking » avec effet immédiat.
La décision a été prise après qu’une nouvelle étude scientifique ait indiqué qu’il n’était « pas possible d’exclure des conséquences « inacceptables » pour les personnes vivant à proximité de sites de fracturation« .
https://stopgazdeschiste.org/2019/11/02/gaz-de-schiste-la-fracturation-hydraulique-interdite-avec-effet-immediat-au-royaume-uni/

7/ De l’Afrique à l’Asie, le charbon a quelques belles décennies devant lui
En 2018, presque 8 milliards de tonnes (Gt) de charbon minéral ont été brûlées dans le monde : cela représente 27 % de la consommation totale d’énergie, derrière le pétrole (32 %) mais devant le gaz naturel (22 %) et toutes les autres sources (biomasse, nucléaire, hydraulique, éolienne ou solaire).
Cette combustion a émis plus du tiers des émissions mondiales des gaz à effet de serre (GES).
Une énergie fossile qui résiste
https://theconversation.com/de-lafrique-a-lasie-le-charbon-a-quelques-belles-decennies-devant-lui-125786

8/ Saudi Aramco : JP Morgan, HSBC, Goldman Sachs appelés à tourner le dos à la plus grande introduction en Bourse de l’histoire
Le plus grand pétrolier mondial, le saoudien Saudi Aramco, s’apprête à réaliser son entrée en Bourse. Il est en cela aidé par les plus grandes banques du monde qui accompagnent la colossale opération. Plusieurs ONG appellent les établissements financiers à faire machine arrière pour protéger le climat mais aussi pour ne pas soutenir le royaume wahhabite qui bafoue les droits humains.
https://www.novethic.fr/actualite/finance-durable/isr-rse/des-ong-appellent-les-grandes-banques-a-ne-pas-aider-l-arabie-saoudite-a-introduire-en-bourse-son-petrolier-saudi-aramco-147862.html

9/ Nous ne sommes pas prêts de manquer de pétrole
Après une brève envolée au lendemain des attaques du 14 septembre contre des installations pétrolières saoudiennes, le prix du pétrole est retombé depuis autour de 60 dollars le baril. A en croire le New York Times, le prix du pétrole devrait continuer à être bas au cours des prochaines années, non seulement parce que l’économie mondiale ralentit, mais aussi parce que l’offre devrait être encore plus abondante.
https://www.transitionsenergies.com/pas-manquer-petrole/

10/ URGENT » TOTAL : stop au projet pétrolier Tilenga en Ouganda
Total et deux autres groupes pétroliers veulent exploiter les importants gisements de l’Ouganda dans la région des Grands Lacs en Afrique. Le méga-projet Tilenga pourrait avoir des conséquences catastrophiques pour la nature et la population, notamment dans le Parc national Murchison Falls. Signez pour demander son abandon.
https://www.sauvonslaforet.org/petitions/1200/urgent-total-stop-au-projet-petrolier-tilenga-en-ouganda

11/ Greenpeace Brésil à propos de la marée noire : « Nous subissons de fortes pressions de la part du gouvernement »
Les côtes brésiliennes sont touchées par une gigantesque marée noire, à la suite d’un déversement massif de pétrole, dont l’origine est pour l’instant inconnue. Quelque 2000 km de côtes ont été souillées, notamment la région d’Abrolhos, près de Bahia, sanctuaire pour les baleines à bosse et pour des formations corallines uniques au monde.
https://www.rtbf.be/info/monde/detail_greenpeace-bresil-a-propos-de-la-maree-noire-nous-subissons-de-fortes-pressions-de-la-part-du-gouvernement

12/ Désinvestir les combustibles fossiles en Europe : Les activistes des Amis de la Terre et d’Action Non-Violente COP21 viennent de faire annuler la 2e journée de la European Annual Gas Conference !
A l’instant, les activistes des Amis de la Terre et d’Action Non-Violente COP21 viennent de faire annuler la 2e journée de la European Annual Gas Conference ! Ils et elles ont réussi à s’introduire dans le luxueux Hôtel Intercontinental à Paris et à contraindre les organisateur.rice.s à annuler le programme de la conférence pour laquelle se réunissait le gratin des industries pétrolières et gazières, les lobbies de l’industrie, des représentant.e.s des institutions européennes et Société Générale.
Vous avez remarqué comment le lobby de l’industrie gazière essaie de nous entourlouper en prétendant que le gaz est une énergie de transition ? En laissant entendre que parce qu’il est « naturel », il serait propre ? Nous devons mettre fin à cette intox aux conséquences climatiques et sociales dramatiques.
Non, le gaz n’est pas une énergie de transition.

https://yonnelautre.fr/

Loi devoir de vigilance

Première saisine d’un tribunal français pour le cas de Total en Ouganda

Un article des amisdelaterre

Alors que s’est tenu la semaine dernière à Genève un nouveau cycle de négociations onusiennes pour l’adoption d’un traité contraignant sur les multinationales et les droits humains, l’association Survie, les Amis de la Terre France et les 4 ONG ougandaises qui avaient mis en demeure la société Total SA en juin dernier viennent de passer à la vitesse supérieure. Les organisations assignent Total en référé concernant son plan de vigilance et sa mise en œuvre effective en Ouganda, où le groupe est l’opérateur principal d’un méga-projet pétrolier. C’est la toute première action en justice de ce type : pour la première fois, des juges sont saisis au titre de la loi sur le devoir de vigilance des multinationales adoptée en 2017. Date a été prise avec le Tribunal de grande instance de Nanterre pour une audience le 8 janvier 2020.

Ce 23 octobre, les Amis de la Terre France, Survie, AFIEGO, CRED, NAPE/Amis de la Terre Ouganda et NAVODA, ont saisi le tribunal afin d’assigner en référé la société mère française Total S.A. concernant ses nouvelles obligations légales créées par la loi sur le devoir de vigilance des multinationales de 2017 [1].

Fin juin, les six associations avaient mis en demeure le géant français des énergies fossiles de réviser son plan de vigilance et de revoir sa mise en œuvre effective concernant un méga-projet pétrolier dont il est l’opérateur principal en Ouganda [2]. Le groupe ayant rejeté ces accusations à l’issue du délai légal de trois mois dont il disposait [3], les ONG étaient désormais en droit de saisir la justice. Face à l’urgence sociale et environnementale de la situation, c’est le juge des référés qui a été saisi par les ONG. La loi lui permet d’obliger Total à respecter ses obligations, le cas échéant, sous astreinte. Total pourrait ainsi être contrainte de revoir son plan de vigilance afin de réellement prendre en compte les impacts des activités du groupe pétrolier sur les populations locales et l’environnement. Le juge pourrait aussi exiger la mise en œuvre effective de mesures urgentes pour prévenir des violations ou des dommages imminents.

Depuis la mise en demeure qu’elles ont adressée au géant pétrolier fin juin, les associations n’ont constaté aucune évolution positive sur place et dénoncent même une pression accrue sur les populations expulsables et sur les ONG qui les accompagnent. Les impacts et risques dénoncés en juin dernier se renforcent de jour en jour, comme documenté dans un rapport des associations [4].

Pour Thomas Bart, militant de Survie qui a coordonné l’enquête sur place, « Les impacts désastreux de ce projet se font déjà cruellement sentir pour les milliers de personnes dont les terrains et maisons sont accaparés, pour la biodiversité exceptionnelle de cette région d’Ouganda. Les écosystèmes que doit traverser un oléoduc géant sont menacés à très court terme. Il y a urgence à empêcher cela. Si l’on considère les risques de cet oléoduc dans leur globalité, on parle de dizaines de milliers de personnes qui seraient touchées par un tel projet  ».

C’est la première fois qu’un litige concernant le devoir de vigilance d’une multinationale française est porté devant la justice, grâce à la loi pionnière adoptée à la suite d’un long combat de la société civile française durant le précédent quinquennat.

Juliette Renaud, Responsable de campagne sur la Régulation des multinationales aux Amis de la Terre France explique : « Total a trop longtemps agi en toute impunité, nous espérons que cette action en justice marquera un tournant. Au-delà de l’urgence d’agir contre ce projet scandaleux, l’enjeu de ce premier cas judiciaire est aussi la juste reconnaissance du contenu réel des nouvelles obligations de vigilance que cette loi impose aux multinationales : ces dernières ne peuvent plus se cacher derrière de simples déclarations d’intention. Une première jurisprudence très attendue en la matière pourrait ainsi servir pour de nombreux autres cas. Nous défendrons donc l’application de la lettre et l’esprit de cette loi qui vise à renforcer la lutte contre l’impunité des multinationales ».

La loi française de 2017 est d’ailleurs régulièrement évoquée dans les négociations en cours à l’ONU pour obtenir un traité contraignant sur les multinationales et les droits humains. Les Amis de la Terre France et AFIEGO ont ainsi pu témoigner à Genève du cas de Total Ouganda et de la nécessité d’avoir accès à la justice dans les pays d’origine des multinationales lors des négociations intergouvernementales qui avaient lieu la semaine dernière.

Les associations appellent à rejoindre la dizaine de milliers de personnes qui ont déjà signé l’appel en ligne « Total, rendez-vous au tribunal ! » [5] : leurs voix se feront bientôt entendre au Tribunal de grande instance de Nanterre, où une audience devrait se tenir le 8 janvier 2020.

Notes  :
[1] Loi n° 2017-399 du 27 mars 2017 relative au devoir de vigilance des sociétés mères et des entreprises donneuses d’ordre. Disponible ici

[2] Voir le dossier de presse de la mise en demeure du 24 juin 2019

[3] « Total nie son manque de vigilance en Ouganda : rendez-vous au tribunal », Communiqué de Survie et des Amis de la Terre France, 26 septembre 2019

[4] Voir le rapport détaillé envoyé à Total avec la mise en demeure, maintenant disponible publiquement

[5] voir https://totalautribunal.org

Encore Londres !

Londres suspend la fracturation hydraulique par crainte des séismes

Le gouvernement britannique a annoncé samedi suspendre la fracturation hydraulique destinée à extraire du sous-sol du gaz de schiste, en raison des risques de secousses sismiques.

La ministre chargée des Entreprises et de l’Energie, Andrea Leadsom, a expliqué avoir pris cette décision à la suite d’un rapport du régulateur du secteur, The Oil and Gas Authority (OGA), ayant étudié l’activité sismique récente près d’un site où est pratiqué la fracturation hydraulique, à Preston New Road, dans le Lancashire (nord-ouest de l’Angleterre).

« Après avoir examiné le rapport de l’OGA (…), il est clair que nous ne pouvons pas exclure de nouvelles conséquences inacceptables pour la population locale », a déclaré dans un communiqué Mme Leadsom.

« Pour cette raison, j’ai conclu que nous devrions instaurer un moratoire sur la fracturation hydraulique en Angleterre avec effet immédiat », a-t-elle ajouté.

Le gouvernement a expliqué qu’il ne donnerait pas son consentement à de nouveaux projets de fracturation hydraulique « à moins que de nouvelles preuves convaincantes ne soient fournies ».

Le procédé de fracturation hydraulique consiste à créer des fissures souterraines et y infiltrer un mélange d’eau, de sable et de produits chimiques pour permettre l’extraction de gaz ou pétrole capturé dans la roche.

La technique est controversée en raison de son impact environnemental et a provoqué une forte contestation de la part des populations concernées et des militants écologistes.

L’association Greenpeace s’est réjouie de l’annonce du gouvernement, tombée au début de la campagne pour les élections législatives du 12 décembre, saluant « le très grand mérite des militants de terrain partout dans le pays ».

« Le grand pari du gouvernement sur la fracturation hydraulique est un fiasco », a déclaré Rebecca Newsom, cheffe de programme au sein de l’ONG, citée dans un communiqué.

– David contre Goliath –

Le Royaume-Uni avait soutenu cette expérience dans l’espoir de réduire sa dépendance envers le gaz, importé essentiellement de Norvège et du Qatar.  

Le gouvernement conservateur avait escompté en 2016 que 20 puits puissent être ouverts d’ici mi-2020.

Or, à ce jour, seuls trois puits ont été forés, sans qu’aucune exploitation de gaz de schiste n’ait débuté et sans que les pouvoirs publics sachent quelles quantités pourraient être extraites à terme, a souligné récemment un rapport du National Audit Office (NAO), organe chargé de contrôler les dépenses publiques.

Selon le NAO, les professionnels du secteur expliquaient le retard pris par une réglementation trop stricte au Royaume-Uni concernant les secousses sismiques induites par la fracturation hydraulique. 

Cette réglementation prévoit, entre autres, de suspendre la fracturation temporairement, lorsqu’un tremblement de terre supérieur à 0,5 sur l’échelle de Richter intervient du fait des opérations d’extraction.

C’est d’ailleurs à la suite d’une vive secousse en août dernier que la société Cuadrilla avait décidé de suspendre indéfiniment son forage de Preston New Road, près de Blackpool, qui était le seul projet en cours au Royaume-Uni.

Le NAO soulignait en outre que la fracturation hydraulique se révèle coûteuse pour les autorités locales et les forces de l’ordre, en raison des nombreuses manifestations qu’elles suscitent, des perturbations du trafic routier et de la nécessité d’assurer la sécurité sur les sites.

Le directeur exécutif de l’ONG environnementale Les Amis de la Terre, Craig Bennett, s’est félicité de ce moratoire qu’il a qualifié de « victoire immense pour les populations et pour l’environnement ».

« Pendant près d’une décennie, les populations locales partout dans le pays ont mené un combat de David contre Goliath contre cette industrie puissante », a-t-il souligné, espérant qu’une loi rende l’interdiction de la fracturation hydraulique permanente.

AFP, publié le samedi 02 novembre 2019 à 01h25

Après l’annonce d’un moratoire sur le gaz de schiste, la sincérité du
gouvernement britannique mise en doute

Ce revirement survient en pleine campagne électorale. Depuis 2010, les
autorités avaient toujours soutenu les projets de fracturation
hydraulique.
 
Depuis une décennie, le gouvernement conservateur britannique maintenait
envers et contre tout son soutien à l’industrie du gaz de schiste.
Malgré l’opposition très majoritaire de la population britannique,
malgré des manifestations quotidiennes depuis des années dans le nord de
l’Angleterre, malgré les rejets de nombreuses autorités locales, les
trois premiers ministres depuis 2010 – David Cameron, Theresa May et
Boris Johnson – avaient toujours appuyé les aspirations de cette
industrie naissante.

Jusqu’à ce samedi 2 novembre, lorsque le gouvernement britannique a
imposé, à la surprise générale, un moratoire sur la fracturation
hydraulique.

Ce revirement soudain pourrait signer la mort du gaz de schiste au
Royaume-Uni. Tous les autres partis politiques – travaillistes,
libéraux-démocrates, Verts – sont opposés à cette technologie. En
Ecosse, une interdiction est déjà en place. Seule l’indéfectible aide
des conservateurs maintenait les minces espoirs de ceux qui rêvaient
d’une révolution énergétique similaire à celle des Etats-Unis.

57 secousses telluriques en deux mois

Mais l’annonce, en pleine campagne électorale, provoque des doutes sur
la sincérité du gouvernement. Les élections législatives auront lieu le
12 décembre et les conservateurs ont besoin de gagner des
circonscriptions dans le Nord, là où les premières expériences de
fracturation hydraulique étaient en cours. « Bien sûr, il ne faut pas
croire notre premier ministre, qui est un menteur, et c’est clairement
fait pour remporter des voix, reconnaît Tina Rothery, l’une des leaders
de la lutte contre le gaz de schiste au Royaume-Uni. Et ce n’est pas
vraiment une interdiction, mais un simple moratoire. »

Le dirigeant du Labour, Jeremy Corbyn, a lui qualifié le moratoire de
« manœuvre électorale pour tenter de gagner quelques voix ». S’il
arrivait au pouvoir, il a promis sur Twitter un « vrai changement »,
avec l’interdiction définitive de cette technique.

Les doutes sont renforcés par une chronique que Boris Johnson avait
écrite en 2012, titrée : « Ignorez les marchands d’apocalypse, la
Grande-Bretagne doit se lancer dans la fracturation hydraulique. » Il y
condamnait comme « absurdes » le « lobby vert » et les « éco-guerriers »
qui « dénonçaient comme des forcenés » le gaz de schiste. Pour lui, les
nouvelles techniques pour extraire le gaz étaient alors « une bonne
nouvelle sans limite ».

Formellement, la décision du gouvernement britannique fait suite à un
rapport du régulateur des hydrocarbures, le Gas and Oil Authority (OGA).
Celui-ci fait le point sur la fracturation hydraulique menée dans un
puits à Preston New Road, dans le Lancashire, près de Blackpool
(nord-ouest de l’Angleterre) entre octobre et décembre 2018.

Ce forage exploratoire, point de concentration des manifestants depuis
des années, s’est mal passé : 57 secousses telluriques y ont été
détectées en deux mois, dont deux de 1,1 et 1,5 sur l’échelle de
Richter, qui ont pu être très légèrement ressenties par les habitants.
Depuis, un deuxième puits exploratoire a été percé à proximité et, en
août dernier, une secousse d’une puissance de 2,9 sur l’échelle de
Richter a eu lieu. Rien qui ne dépasse des événements naturels et
relativement fréquents, mais quand même trop au goût du gouvernement.

« Après avoir vu le rapport de l’OGA sur les activités sismiques à
Preston New Road, il est clair qu’on ne peut pas exclure des impacts
futurs inacceptables pour la communauté locale, estime Andrea Leadsom,
la ministre de l’industrie et de l’énergie. Pour cette raison, j’ai
conclu que nous devions imposer un moratoire sur la fracturation
hydraulique en Angleterre avec effet immédiat. » Seules de « nouvelles
preuves irréfutables » d’une maîtrise des séismes permettront d’inverser
la décision, assure le gouvernement.

Le moratoire est une grande victoire pour les opposants au gaz de
schiste, qui se battent depuis une décennie au Royaume-Uni. La lutte a
commencé en 2011, dans une certaine indifférence, quand la petite
entreprise Cuadrilla a creusé un premier puits exploratoire dans le
Lancashire, non loin de Preston New Road. Dans les milieux industriels,
les espoirs sont alors importants. Les réserves de gaz en mer du Nord
sont en train de s’épuiser, tandis que la fracturation hydraulique a
radicalement changé le paysage énergétique aux Etats-Unis. D’autant que
les réserves sont potentiellement énormes : une étude évalue à
38 000 milliards de mètres cubes de gaz le gisement sous le bassin du
Bowland, au nord de l’Angleterre. En en extrayant seulement 10 %, cela
représenterait quarante années de consommation de gaz au Royaume-Uni.

Rapidement pourtant, le travail de Cuadrilla provoque plusieurs
secousses sismiques. En 2011, le gouvernement impose un premier
moratoire. Quelques mois plus tard, celui-ci est levé, en ajoutant des
règles sévères sur les risques de séismes. Mais la population, désormais
échaudée, ne veut plus entendre parler de cette technique. A chaque fois
qu’une entreprise a un projet d’exploration, les manifestations se
multiplient.

Depuis trois ans, Preston New Road symbolise ce rejet populaire. Des
centaines de militants manifestent tous les jours devant le site. Un
campement local abrite une trentaine de permanents, soutenus par des
milliers d’habitants de la région qui se relaient sur place. A travers
le pays, presque chaque demande de permis de forer pour du gaz de
schiste est rejetée par les autorités locales. Seuls les recours en
appel, approuvés au niveau du gouvernement, permettaient à l’industrie
de conserver quelques espoirs. Le moratoire imposé samedi change soudain
la donne.

Le bilan de cette décennie de lutte est un échec complet de l’industrie
du gaz de schiste. Il n’existe aujourd’hui aucun puits de production au
Royaume-Uni et seules les explorations menées par Cuadrilla étaient en
cours. Les dizaines d’autres projets étaient suspendues à leur
développement. Ils vont désormais être gelés. A moins que le
gouvernement britannique ne change de nouveau de position après les
élections.

https://www.lemonde.fr/energies/article/2019/11/02/apres-

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L’avenir du gaz de schiste au Royaume-Uni en question

L’horizon s’assombrit pour le gaz de schiste au Royaume-Uni où la fracturation hydraulique, controversée à cause de son impact environnemental, met plus de temps à faire ses preuves que prévu.

Le gouvernement conservateur avait espéré en 2016 que 20 puits puissent être ouverts d’ici mi-2020.

Or, à ce jour, seuls trois puits ont été forés, sans qu’aucune exploitation de gaz de schiste n’ait débuté et sans que les pouvoirs publics sachent quelles quantités pourraient être extraites à terme, d’après un rapport du National Audit Office (NAO), organe chargé de contrôler les dépenses publiques.

Les dirigeants britanniques comptaient au départ réduire la dépendance du pays envers le gaz, importé essentiellement de Norvège et du Qatar.

Il s’agissait notamment de suivre l’exemple des Etats-Unis où l’industrie du schiste a connu un boom spectaculaire renforçant l’indépendance énergétique du pays, grâce à la technique de la fracturation hydraulique.

– Secousses sismiques –

Le NAO remarque que le soutien de la population est faible et s’est réduit au fil du temps, en raison des risques pour l’environnement et la santé publique, du fait des émissions de gaz à effets de serre, de la pollution des eaux souterraines ou encore des risques de secousses sismiques.

Le procédé de fracturation hydraulique consiste à créer des fissures souterraines et y infiltrer un mélange d’eau, de sable et de produits chimiques pour permettre l’extraction de gaz ou pétrole capturé dans la roche.

Le gouvernement entend développer le gaz de schiste tout en respectant ses objectifs sur le climat, mais n’a pas encore développé les technologies nécessaires, observe le rapport.

Selon le NAO, les professionnels du secteur expliquent le retard pris par une réglementation trop stricte au Royaume-Uni concernant les secousses sismiques induites par la fracturation hydraulique.

Cette réglementation prévoit, entre autres, de suspendre la fracturation temporairement, lorsqu’un tremblement de terre supérieur à 0,5 sur l’échelle de Richter intervient du fait des opérations d’extraction.

C’est d’ailleurs à la suite d’une vive secousse en août dernier que la société Cuadrilla a décidé de suspendre indéfiniment son forage près de Blackpool (nord-ouest de l’Angleterre), qui était le seul projet en cours au Royaume-Uni.

La même réglementation a également fait reculer pour l’instant le milliardaire Jim Ratcliffe et son groupe Ineos qui détient pourtant des permis d’exploration dans le centre et le nord de l’Angleterre.

– « Farce » –

Le NAO remarque en outre que la fracturation hydraulique se révèle coûteuse pour les autorités locales et les forces de l’ordre, en raison des nombreuses manifestations qu’elles suscitent, des perturbations du trafic routier et de la nécessité d’assurer la sécurité sur les sites.

Le gouvernement britannique s’est contenté d’une réponse tout en prudence aux conclusions du NAO, expliquant qu’il réfléchira aux prochaines étapes une fois que le régulateur du secteur, The Oil and Gas Authority, aura bouclé une évaluation en cours.

« L’exploration de gaz de schiste ne peut se faire que si elle est sûre et respecte l’environnement », explique un porte-parole du ministère des Entreprises et de l’Energie.

Les ONG prient quant à elles le gouvernement d’arrêter les frais.

« Nous sommes dans l’urgence climatique, l’opposition de la population est immense et la fracturation ne permettra pas de faire baisser la facture d’énergie. Il est temps de mettre fin à cette farce », selon Doug Parr, un responsable de Greenpeace pour le Royaume-Uni.

L’industrie reste cependant droite dans ses bottes, à l’image de l’association sectorielle UK Onshore Oil and Gas.

Selon cette dernière, « le secteur du schiste, comme le montre le rapport, n’en est qu’à ses premiers stades d’exploration » et « les retards ne sont pas inhabituels dans l’énergie, comme en témoigne le développement des champs pétroliers en Mer du Nord, de l’éolien et du nucléaire ».

La suite … mercredi !

https://www.sciencesetavenir.fr/nature-environnement/l-avenir-du-gaz-de-schiste-au-royaume-uni-en-question_138468?xtor=RSS-15

Refus de l’extractivisme climaticide n° 403

Épuisement des ressources & Ravages de l’extractivisme

1/ Un incident dans une raffinerie d’ExxonMobil en Seine-Maritime provoque une flamme visible à 40 kilomètres
Selon la direction de ce site classé Seveso, la flamme ne représente « pas de danger » et provient de la torchère du site qui a été automatiquement activée, samedi, après une coupure électrique.
https://www.lemonde.fr/planete/article/2019/10/21/un-incident-dans-une-raffinerie-d-exxonmobil-en-seine-maritime-provoque-une-flamme-visible-a-40-km_6016339_3244.html

2/ Pourquoi utilise-t-on du cyanure pour extraire l’or ?
Le traitement du minerai nécessite souvent l’utilisation de produits chimiques très variés, dont le but est de séparer les minéraux utiles des roches sans valeur économique associée (la « gangue »). Parmi les minerais les plus demandés sur le marché, le cuivre peut nécessiter un traitement à base d’acide sulfurique, tandis que l’aluminium requiert l’utilisation de l’hydroxyde de sodium dont les résidus génèrent des « boues rouges » très toxiques. Quant à l’or ou l’argent, différents produits peuvent servir à leur extraction… et notamment le cyanure qui est, de loin, la substance la plus utilisée pour l’extraction aurifère.
https://theconversation.com/pourquoi-utilise-t-on-du-cyanure-pour-extraire-lor-122670

3/ Conflit entre le géant minier BHP et ses actionnaires sur le lobbying pro-charbon et le réchauffement climatique
Pour les actionnaires les plus engagés en faveur de la transition écologique, l’entreprise minière BHP, l’un des géants mondiaux du secteur, doit quitter les associations de lobbying en faveur du charbon. Un cinquième des actionnaires ont voté une résolution en ce sens. Mais selon le PDG du groupe, quitter ces groupements professionnels ne permettra pas d’orienter le secteur industriel vers un monde bas carbone.
https://www.novethic.fr/actualite/gouvernance-dentreprise/engagement-actionnarial/isr-rse/conflit-entre-le-minier-bhp-et-ses-actionnaires-sur-le-lobbying-pro-charbon-et-le-rechauffement-climatique-147830.html

4/ L’industrie minière ou les glaciers, le Chili va devoir choisir
Au Chili, l’hiver qui vient de se terminer a été le plus sec depuis soixante ans, la sécheresse se prolonge depuis dix ans et l’accès à l’eau potable pourrait devenir critique. Or, la principale ressource en eau du pays, les glaciers, sont abîmés par le réchauffement climatique et par l’activité minière, l’un des secteurs économiques vitaux du pays.
https://reporterre.net/L-industrie-miniere-ou-les-glaciers-le-Chili-va-devoir-choisir

5/ Le pétrolier ExxonMobil a-t-il mené des campagnes de désinformation sur le climat ?
Cela ne pouvait tomber au plus mauvais moment pour ExxonMobil et ce n’est certainement pas une coïncidence. Lundi 21 octobre, à la veille du procès de la multinationale devant un tribunal de l’Etat de New York pour diffusion de fausses informations financières sur les risques liés au changement climatique, des universitaires du Center for Climate Change Communication de la George Mason University rendent public un rapport sur les campagnes mensongères menées pendant des années par la compagnie pétrolière.
https://www.transitionsenergies.com/exxonmobil-desinformation-climat/

6/ Loi devoir de vigilance : première saisine d’un tribunal français pour le cas de Total en Ouganda
Paris, le 23 octobre 2019 – Alors que s’est tenu la semaine dernière à Genève un nouveau cycle de négociations onusiennes pour l’adoption d’un traité contraignant sur les multinationales et les droits humains, l’association Survie, les Amis de la Terre France et les 4 ONG ougandaises qui avaient mis en demeure la société Total SA en juin dernier viennent de passer à la vitesse supérieure. Les organisations assignent Total en référé concernant son plan de vigilance et sa mise en œuvre effective en Ouganda, où le groupe est l’opérateur principal d’un méga-projet pétrolier. C’est la toute première action en justice de ce type : pour la première fois, des juges sont saisis au titre de la loi sur le devoir de vigilance des multinationales adoptée en 2017. L’audience devrait se tenir le 8 janvier 2020 au Tribunal de grande instance de Nanterre.
https://survie.org/themes/economie/multinationales/article/loi-devoir-de-vigilance-premiere-saisine-d-un-tribunal-francais-pour-le-cas-de

7/ Le Brésil vit la plus grosse marée noire de son histoire et personne n’en parle
Une mystérieuse marée noire est en train de souiller des dizaines de plages et mangroves du littoral brésilien, et pourrait même atteindre Rio de Janeiro. Dans l’indifférence totale du gouvernement Bolsonaro.
https://www.bastamag.net/Maree-noire-Bresil-Bolsonaro-plages-mangrove-tourisme-bateau-poubelle

8/ En finir avec le charbon en Europe : Quatre centrales au charbon sur cinq dans l’Union européenne ne sont pas rentables
Les centrales à charbon n’ont plus d’avenir en Europe. C’est en somme ce qu’affirme l’ONG Carbon Tracker dans un nouveau rapport. En cause, la compétitivité des énergies renouvelables et les normes sur la qualité de l’air. Les pertes sont considérables. 1,9 milliard d’euros pour l’Allemagne, dont le mix énergétique est encore très charbonné, 178 millions pour EDF et 975 millions pour RWE soit 6 % de sa capitalisation boursière.
https://www.novethic.fr/actualite/energie/energies-fossiles/isr-rse/quatre-centrales-au-charbon-sur-cinq-dans-l-union-europeenne-ne-sont-pas-rentables-147840.html

9/ Production Uranium : Niger : les mines d’uranium ne sont plus rentables, victimes de l’effondrement des cours mondiaux
La production d’uranium, qui représentait encore 60% des recettes d’exportation du Niger en 2010, est dans une mauvaise passe. Les mines s’épuisent et sont trop chères à exploiter, depuis que les cours se sont effondrés à la suite de la catastrophe nucléaire de Fukushima.
https://www.francetvinfo.fr/monde/afrique/niger/niger-les-mines-d-uranium-ne-sont-plus-rentables-victimes-de-leffondrement-des-cours-mondiaux_3675011.html

https://yonnelautre.fr/

Tropicalia : une immense serre tropicale

… dans le Pas-de-Calais

Un non-sens absolu !

Cet énorme projet touristique n’a d’autre but que la recherche de profits. La prétention de vouloir protéger des espèces des régions tropicales en voie de disparition ne saurait faire illusion. Protégeons déjà la biodiversité là où nous vivons.

Ce projet, c’est la disparition de plus de 9 hectares de terres agricoles. L’artificialisation des terres agricoles est l’une des causes principales de la perte de notre biodiversité, inutile d’en rajouter pour le profit de quelques-uns.

Ce projet, c’est encore l’accroissement d’un trafic routier local déjà bien surchargé en raison de la proximité immédiate des plages de la Côte d’Opale, c’est 500 000 visiteurs prévus chaque année, un parking de 630 places (+ 378 places « potentielles ») et un balai incessant de camions pour la maintenance de l’ensemble.

Ce projet, c’est maintenir en permanence un immense volume à 28° dans le Nord de la France. Une aberration, quelques soient les prouesses techniques, alors que le réchauffement climatique nous menace.

Ce projet, c’est un immense dôme de 20 000 m², pouvant avoir un impact lumineux matin et soir en saison hivernale, et qui entrainera une inévitable pollution visuelle même s’il est partiellement enterré. L’étude d’impact de ce projet est d’ailleurs globalement très lacunaire de l’aveu même de l’Autorité Environnementale des Hauts de France et ce dans une région à forts enjeux environnementaux (Zones NATURA 2000, ZNIEFF, …).

Ce projet, c’est « exposer » hors de leurs milieux naturels des animaux et des végétaux exotiques avec le risque d’une future et délétère dispersion d’espèces exotiques dans nos milieux, protégés ou non. Le maintien en captivité d’oiseaux, de papillons, de reptiles, de poissons,  .. est-il en phase avec la préoccupation de plus en plus marquée et légitime de notre population envers le respect des animaux ? La protection d’espèces tropicales en danger n’a de chances d’aboutir que sous les tropiques.

Pour ces raisons, d’ailleurs non exhaustives, nous dénonçons ce projet inutile, nuisible et imposé. La prometteuse innovation technique dite « Terraotherm » (récupération et stockage de la chaleur produite par la serre) pourra sans nul doute trouver ailleurs une application plus respectueuse du vivant.  La promesse de 50 emplois pérennes ne saurait être un argument valable, les 54,2 millions prévus pour cet investissement pouvant l’être, sans difficultés, de manière bien plus rentable en termes d’emplois.  Ce projet, la plus vaste serre tropicale au monde d’après les promoteurs du projet, est un non-sens absolu qui ne doit pas voir le jour !

Nous regrettons l’absence d’information et de concertation de la population qui fait prospérer la rumeur d’une absence d’opposition à ce projet :

-une enquête publique portant sur une Zone d’Aménagement Concerté (ZAC du Champ Gretz) ne saurait suffire, le projet Tropicalia étant noyé dans un ensemble bien trop vaste !

-pas davantage ne saurait suffire la consultation publique portant sur le seul permis de construire et ne concernant que deux villages (Verton et Rang-du-Fliers).

Nous, associations et particuliers, demandons donc l’abandon pur et simple de ce projet.

Associations soutenant ce texte : AIVES, « Amis de la Conf’ locale ou plus, CtaC, Houille-Ouille-Ouille 59/62, Rivière Nature Patrimoine, Association Salicorne

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Ce projet de gigantesque serre tropicale dans notre région est une aberration, illustrant le « no limit » de ce qu’on appelle  » l’illusion verte ».

Soyons alerteurs, dénonciateurs, informateurs pour faire réagir et agir le plus grand nombre et faire stopper cela.

Voir l’article de Reporterre ; vous y trouverez, en fin, le lien vers la pétition.

https://reporterre.net/Une-serre-tropicale-geante-projetee-dans-le-nord-de-la-France?utm_source=newsletter&utm_medium=email&utm_campaign=nl_quotidienne

L’inquiétant yoyo des cours du baril !!!

Les fluctuations, dans une bande étroite, des prix du pétrole masquent un risque d’effondrement rapide.

Les risques qui pèsent sur la croissance mondiale sont importants.

L’observateur distrait pourrait s’y laisser prendre. Puisque les cours du brut continuent depuis plusieurs semaines d’osciller entre 58 et 65 dollars (entre 52 et 59 euros), c’est que le marché est stable et le pétrole proche d’un prix d’équilibre. Tout va donc pour le mieux au pays de l’or noir… a priori. La réalité est bien plus inquiétante, et porte en elle les germes d’une nouvelle crise. Alors que le monde consomme chaque jour plus de 100 millions de barils, le marché pétrolier, extrêmement volatil, semble plus fragile que jamais.

Du côté de l’offre, les perturbations s’accumulent, et les signaux sont contradictoires. D’abord, la production américaine de pétrole de schiste. Grâce à elle, les Américains sont devenus, en 2018, les premiers producteurs mondiaux de brut, avec plus de 12 millions de barils par jour. Mais cette croissance stagne et plusieurs analystes sont en train de revoir à la baisse les perspectives pour les années à venir. Or le pétrole américain est devenu la variable d’ajustement du marché mondial : si les prix montent, le Bassin permien, dans l’ouest du Texas, voit les forages se multiplier. Si les prix baissent ou stagnent, l’activité ralentit.

Ensuite, dans le golfe Arabo-Persique, les tensions irano-saoudiennes se sont accrues. L’offensive foudroyante menée contre les installations pétrolières saoudiennes, le 14 septembre, a coûté au royaume wahhabite la moitié de sa production de brut pendant plusieurs semaines. Une douzaine d’attaques sur des tankers ont eu lieu ces derniers mois. Et les sanctions américaines sur le pétrole iranien paralysent les exportations du pays.

Inquiétudes sur l’économie mondiale

A cela s’ajoute l’effondrement du Venezuela, toujours embourbé dans une profonde crise politique et économique. Ses exportations ont été divisées par plus de deux du fait du conflit qui met aux prises le président Nicolas Maduro et l’opposition. Les mobilisations sociales en Equateur et en Algérie contribuent aussi à réduire l’offre pétrolière mondiale.

Risques géopolitiques, incertitudes sur l’offre, réductions de la production : la somme de toutes ces opérations devrait logiquement conduire à un prix du pétrole en hausse. C’est pourtant l’inverse qui se produit. Depuis des semaines, les inquiétudes qui s’expriment quant à la situation économique mondiale et la guerre commerciale entre Washington et Pékin ont raison de toutes ces tendances haussières. Résultat : les cours du baril jouent au yoyo.

Si le contentieux entre l’Iran et les Etats-Unis venait à s’apaiser, ou si l’OPEP relâchait un peu sa stratégie de coupes dans la production, les cours pourraient chuter brutalement. Cela représenterait une bonne nouvelle à court terme pour les consommateurs occidentaux, mais une catastrophe pour les pays producteurs, qui seraient précipités dans une crise violente.

lemonde.fr

Refus de l’extractivisme climaticide n° 402

Épuisement des ressources & Ravages de l’extractivisme

1/ Bolivie : l’illusion écologiste — Voyage entre nature et politique au pays d’Evo Morales, de Dimitro de Boissieu
Depuis l’élection d’Evo Morales à la présidence en 2006, la Bolivie constitue un formidable laboratoire de la gauche latino-américaine. Défense des droits autochtones, promotion du concept du vivir bien (« bien vivre »), constitutionnalisation des droits de la Pachamama (« Terre-Mère »), organisation d’une Conférence mondiale des peuples sur les changements climatiques : ce gouvernement issu des mouvements sociaux a clairement affiché sa volonté de rupture avec le néolibéralisme. Mais en parallèle, il n’a pas résisté à la tentation d’intensifier l’exploitation des ressources naturelles du pays, tout en soutenant l’agriculture intensive et transgénique et en accordant de faibles budgets à la protection de la nature. Tension créatrice ou paradoxe irréconciliable ?
https://reporterre.net/Une-enquete-sur-la-Bolivie-utopie-ecosocialiste

2/ Attac repeint en noir le pollueur Total. Six militants en garde à vue
Les militants d’Attac ont peint en noir, samedi 12 octobre au matin, le bas de la tour Total à La Défense, pour dénoncer les investissements polluants de la multinationale du pétrole.
https://reporterre.net/Attac-repeint-en-noir-le-pollueur-Total-Six-militants-en-garde-a-vue

3/ Ikewan, le journal des Peuples Premiers : Extractivisme et autochtones
Au sommaire du numéro 111 d’Ikewan, Le journal des Peuples Premiers, un thema sur l’extractivisme en terres autochtones avec notamment un article sur les Bagyéli du sud-Cameroun menacés par l’extension des plantations de palmiers à huile et d’hévéas.
L’extractivisme : Retour sur un concept émergent
L’extractivisme : un développement prédateur et écocidaire
Les Bagyéli menacés par l’extension des plantations industrielles
http://www.icrainternational.org/ikewan/?post=111-extractivisme-et-autochtones

4/ Le Conseil Constitutionnel valide l’exclusion de l’huile de palme des biocarburants
Le Conseil Constitutionnel a entériné l’exclusion de l’huile de palme de la liste des biocarburants au 1er janvier 2020, actant la fin d’un avantage fiscal estimé entre 70 et 80 millions d’euros par an pour Total.
https://reseauactionclimat.org/conseil-constitutionnel-huile-de-palme/

5/ Brésil : 130 plages polluées par une mystérieuse nappe de pétrole
Sur les plages paradisiaques du nord-est brésilien, plus aucun touriste n’est visible. Depuis début septembre, de grandes galettes de pétrole ont souillé une vaste zone qui s’étend sur 2 000 kilomètres le long de la côte atlantique – soit deux fois la longueur de la France. Neuf États du nord-est brésilien ont été atteints, une région pauvre dont l’activité économique dépend majoritairement du tourisme. France 24 nous explique en vidéo.
https://resistanceinventerre.wordpress.com/2019/10/15/bresil-130-plages-polluees-par-une-mysterieuse-nappe-de-petrole/

6/ Chevron, Shell, Total… Ces 20 entreprises qui émettent un tiers des émissions de CO2 mondiales
Elles sont seulement vingt et émettent 35 % des émissions mondiales depuis 1965. Le Guardian vient de publier une vaste enquête révélant le nom de ces vingt entreprises, toutes du secteur de l’énergie, qui ont émis 480 milliards de tonnes de CO2. Dans le top 3 on retrouve Saudi Aramco, Chevron et Gazprom. Au total, douze des vingt sociétés épinglées sont des sociétés où l’État est actionnaire. Seule française, Total, qui trône à la 17e place.
https://www.novethic.fr/actualite/environnement/pollution/isr-rse/chevron-shell-total-ces-20-entreprises-qui-emettent-un-tiers-des-emissions-de-co2-mondiales-147794.html

7/ La Chine appuie largement le charbon hors de ses frontières
Les banques et entreprises chinoises continuent de miser sur le charbon… hors de leurs frontières. Alors que Pékin a pris des mesures restrictives sur l’utilisation du charbon, sur son territoire, le pays finance plus de 100 gigawatts de nouvelles capacités au Banglasdeh, en Afrique du Sud ou encore en Indonésie.
https://www.novethic.fr/actualite/energie/energies-fossiles/isr-rse/en-continuant-d-investir-dans-le-charbon-la-chine-met-en-peril-son-leadership-climatique-146928.html

8/ Le business du diesel de « qualité africaine »
Des négociants occidentaux intoxiquent l’Afrique de l’Ouest avec des carburants low cost, contenant jusqu’à 378 fois la dose maximum de soufre autorisée en Europe. Pour augmenter les marges, les fluides sont coupés avec des matières dangereuses.
http://cqfd-journal.org/Le-business-du-diesel-de-qualite

9/ La carte des luttes contre les grands projets inutiles
Aéroports, fermes-usines, barrages, entrepôts, centres commerciaux… Les grands projets inutiles et dévastateurs prolifèrent en France. Face à eux, des collectifs citoyens se mobilisent pour défendre leur environnement. Reporterre publie aujourd’hui une carte de toutes ces luttes locales, qui servira d’outil pour celles et ceux qui veulent empêcher la destruction du monde.
https://reporterre.net/La-carte-des-luttes-contre-les-grands-projets-inutiles

10/ Agir contre l’extraction de l’or en Guyane : Cyberaction N° 1156 : Arrêt du projet montagne d’or : du discours aux actes
La Montagne d’or à l’ordre du jour de la commission des mines en Guyane de ce mercredi 16 octobre :
des services de l’Etat en totale contradiction avec les déclarations des Présidents à l’ONU
https://www.cyberacteurs.org/cyberactions/action-3325.html

11/ Une pénurie de nickel menace la voiture électrique
Les grands constructeurs automobiles ont pris des risques considérables. Ils ont investi près de 200 milliards d’euros pour se doter de gammes de véhicules électriques sans réelle certitude sur leurs capacités à les vendre. Par ailleurs, ils ne sont même pas maîtres du composant essentiel des voitures électriques, les batteries. Ils sont contraints de les acheter aux groupes chinois, japonais et sud-coréens qui en ont un quasi-monopole. L’Airbus européen de la batterie n’y changera rien avant un moment. Les fabricants de cellules de batteries lithium-ion se trouvent eux même à leur tour à la merci des ressources en matières premières, métaux et terres rares… Comme le sulfate de nickel.
https://www.transitionsenergies.com/penurie-nickel-voiture-electrique/

12/ LA FRANCE BRADE L’AMAZONIE AUX ENTREPRISES MINIÈRES
« Mercredi, la commission des mines a réuni les services de l’État mais aussi des exploitants miniers pour la prolongation de deux concessions minières de la tristement célèbre Montagne d’or. Un projet pharaonique, écocidaire, destructeur de l’environnement, qui serait responsable de la déforestation d’un pan de l’Amazonie. »
https://www.youtube.com/watch?v=ng895TUZOCs

https://yonnelautre.fr/

Depuis le temps qu’on le dit !

Le pétrole de schiste américain en perte de vitesse

La croissance de la production américaine de brut marque le pas. La productivité des puits recule au Texas et les petites compagnies pétrolières réduisent leurs investissements afin d’améliorer leurs profits alors que les cours mondiaux restent déprimés.

La productivité des puits diminue : ceux qui ont été forés récemment dans le Bassin permien du Texas génèrent 20 % de brut de moins qu’il y a un an.

Cette fois-ci, le ralentissement maintes fois annoncé est bien là. Pour la première fois depuis deux ans, la production de pétrole de schiste est en train de marquer le pas aux Etats-Unis. La croissance est toujours là, mais elle plafonne à 700.000 barils par jour de plus en rythme annuel, alors qu’elle était deux fois plus importante en fin d’année dernière, montrent les chiffres de l’Energy Information Administration (EIA). En 2018, la production avait même bondi de plus de 2 millions de barils par jour, un record absolu dans l’histoire américaine.

Une conjonction de facteurs explique ce coup de frein dont l’impact sera crucial sur les cours mondiaux, tant les Etats-Unis sont devenus un pivot des marchés pétroliers. D’abord, la productivité des puits diminue : ceux qui ont été forés récemment dans le Bassin permien du Texas génèrent 20 % de brut de moins qu’il y a un an, toujours selon l’EIA.

Moins de forages

Ensuite,  les nouveaux forages sont moins nombreux. Face à un prix du baril toujours bas (moins de 53 dollars pour le WTI ce mardi),  les producteurs indépendants subissent une pression croissante de leurs actionnaires afin d’améliorer leurs profits. La réduction des investissements est le moyen le plus rapide pour y parvenir. Ils devraient reculer de 15 % au second semestre 2019 par rapport au premier, estime Barclays. Résultat, le nombre de forages en cours ne cesse de reculer depuis huit mois.

 « Les fonds d’investissement et les banques sont de plus en plus réticents à financer les producteurs indépendants, observe Alexandre Andlauer, analyste chez Kpler. En conséquence, l’activité de fracturation hydraulique est au plus bas depuis le printemps 2017. Il se pourrait même que la production de schiste n’augmente pas du tout en 2020, mais cela dépendra de ce que feront  les majors comme Exxon ou Chevron  ».

Le scénario du plafonnement

Certains experts commencent à revoir leurs prévisions de moyen terme à la baisse, en particulier pour le Bassin permien, la région la plus prolifique qui se situe à cheval sur le Texas et le Nouveau-Mexique. Sans amélioration de la productivité et des cours, les volumes plafonneraient à 10 millions de barils d’ici à 2025, a calculé Rob West, chercheur associé à l’Oxford Institute for Energy Studies, alors que la barre des 20 millions serait atteinte avec une productivité accrue. Ce spécialiste estime toutefois qu’il est trop tôt pour confirmer le scénario du plafonnement.

lesechos.fr

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Une autre bonne nouvelle

La semaine dernière, les promoteurs de projets gaziers avec des projets postulant à la prochaine liste PIC sont venus présenter ces projets à Bruxelles. Ces réunions auxquelles Jacqueline et Frida avons participé nous donnent quelques nouvelles prometteuses: Tout d’abord, MidCat n’a même pas été présenté parce que seule la partie espagnole a postulé (et pas la partie française), ce qui élimine automatiquement le projet de la prochaine liste. Première grande victoire donc! Pour ce qui est de STEP, on a réservé un accueil glacial à Enagas qui présentait le projet, avec le soutien de la CRE qui a soutenu nos remarques. Enagas a bien galéré à répondre et n’a vraiment pas fait forte impression (les portugais n’ont rien dit, soit dit en passant).

Projets industriels

Matignon s’attaque à la réglementation environnementale

Edouard Philippe annonce cinq mesures pour accélérer les projets industriels dans les territoires. Ces mesures visent à alléger les règles en matière d’environnement, au risque d’accentuer le fossé entre le discours et les actes de l’exécutif.

Depuis le début de l’année 2019, le solde des ouvertures et fermetures d’usines, qui était positif depuis 2016, est à nouveau négatif », déplore Guillaume Kasbarian. Le député LReM a remis le 23 septembre au Premier ministre le rapport qu’il lui avait commandé en juin sur les chantiers de simplification des installations industrielles. Un rapport dans lequel il a identifié les « principaux irritants (sic) » dont se sont plaints les industriels.

Edouard Philippe a avalisé les cinq propositions du député, affichant la conviction que « concilier une exigence environnementale forte avec l’attractivité et le développement industriel de notre pays est possible et même nécessaire ». Dans le collimateur du Premier ministre ? Les délais et la complexité des procédures en matière d’urbanisme, d’archéologie et d’environnement. « Les investisseurs voient la simplification des procédures administratives comme l’une des principales pistes d’amélioration de la compétitivité d’un pays. Si la France a progressé et se positionne à la 17e place au classement de compétitivité et d’attractivité du Forum économique mondial de Davos 2018, elle n’est que 107e en termes de complexité administrative », explique le chef du Gouvernement.

Des annonces qui ne vont pas réjouir le collectif de juristes spécialisés, dont l’ancienne ministre Corinne Lepage, qui ont dénoncé « une régression généralisée » du droit de l’environnement en France dans une tribune publiée le 26 juin dernier dans le journal Le Monde. « La particularité des temps présents est de devoir se battre à la fois contre des actes et contre une communication d’une perversité extrême puisqu’elle prétend le contraire de ce qui est réellement fait », dénonçaient les signataires.

Valoriser les réserves d’actifs naturels

La première mesure consiste à « mieux sécuriser les porteurs de projets » en ne réétudiant pas leurs demandes d’autorisation si une nouvelle réglementation entre en vigueur en cours d’instruction. Pour cela, une disposition législative sera adoptée afin de considérer les projets en cours d’instruction comme des installations existantes. Une autre disposition permettra de ne pas appliquer des dispositions impliquant une modification du gros œuvre à ces installations. Matignon attend de cette mesure une division par deux de la durée d’instruction des projets impactés par un changement de réglementation.

Le deuxième axe vise à mettre à disposition des entreprises des sites industriels « clés en main » avec l’objectif de « concrétiser des projets complexes en moins de six mois ». Et de citer l’exemple de la zone industrialo-portuaire de Fos-sur-Mer. L’idée est qu’un aménageur anticipe « les contraintes procédurales » telles que les études « quatre saisons » permettant d’évaluer la biodiversité sur le site ou les fouilles archéologiques « encore perçues comme longues ». Pour cela, Matignon annonce deux mesures : l’indication précise par l’Administration de la durée et des conditions de validité de ces études, le non-réexamen de l’intégralité des études lorsqu’une seule parcelle d’un terrain est concernée par un projet.

Dans ce cadre, les services du Premier ministre mettent en avant le développement des réserves d’actifs naturels comme une bonne pratique à valoriser, en s’appuyant sur l’expérience de CDC Biodiversité. Ceux-ci font totalement abstraction de l’application de la séquence

éviter-réduire-compenser (ERC) qui veut que la compensation vienne en dernier recours lorsque l’évitement et la réduction des impacts du projet n’ont pas été possibles. D’autre part, ils ne tirent pas les conclusions de la toute récente étude du Muséum national d’histoire naturelle et d’AgroParisTech qui montre que la compensation ne permet pas d’éviter la perte nette de biodiversité, pourtant proscrite par la loi. Le Premier ministre semble oublier le plan biodiversité qu’il a lui-même lancé en juillet 2018 en choisissant de mettre en avant…. La lutte contre l’artificialisation des sols parmi les 90 mesures que compte le plan.

« Pas de vision intégrée »

La troisième mesure retenue par le chef du Gouvernement vise à créer un portail numérique unique qui regroupera les trois procédures de permis de construire, d’autorisation environnementale et d’archéologie préventive. « Le porteur de projet industriel comme les administrations n’ont aujourd’hui pas de vision intégrée et partagée de l’avancement de l’ensemble des procédures », déplore-t-il. Edouard Philippe confie à Simon-Pierre Eury, chef du pôle Entreprises de la Direccte Auvergne-Rhône-Alpes le pilotage de ce portail qui devrait voir le jour en 2022. Celui-ci se voit confié, plus largement, une mission interministérielle de coordination des cinq mesures annoncées.

Le quatrième axe du plan de relance vise à accélérer les délais de procédure au cas par cas « en tenant compte de la réalité des territoires ». Dans la veine du décret de janvier 2018 donnant la possibilité à certains préfets de déroger aux normes environnementales,

Trois mesures sont annoncées pour donner encore plus de latitude aux préfets. Tout d’abord, leur laisser le choix entre une consultation électronique du public et une enquête publique « pour certains projets soumis à autorisation ne faisant pas l’objet d’une étude d’impact ».

Or, le gouvernement diminue par ailleurs le champ des projets soumis à une telle étude, ce qui lui a valu, en mars dernier, une mise en demeure de la Commission européenne. Cette annonce semble préfigurer une généralisation et une pérennisation de l’expérimentation de suppression de l’enquête publique lancée en décembre 2018 en Bretagne et dans les

Hauts-de-France.

Il s’agit ensuite de donner au préfet la possibilité d’autoriser le démarrage d’une partie des travaux sans attendre l’autorisation environnementale, mais après consultation du public, « lorsque ceux-ci ne requièrent pas d’autorisation spécifique (dérogations aux espèces protégées, zones Natura 2000, défrichement….) ». Enfin, il est prévu de laisser le préfet « apprécier l’opportunité » de consulter la commission départementale consultative compétente en fonction des enjeux des projets. Ce qui est en fait déjà le cas puisque la consultation du Coderst ou de la CDNPS est facultative dans la procédure d’autorisation environnementale.

Rôle de coordination donné aux sous-préfets

Enfin, la dernière mesure consiste à charger les sous-préfets d’un rôle de coordination de l’ensemble des services administratifs en charge d’accompagner les projets d’implantation. « Chaque sous-préfet, sorte de « chef d’orchestre » des administrations concernées, fera de l’objectif de reconquête industrielle une priorité : cette mission sera systématisée en s’appuyant sur les meilleures pratiques de dialogue et d’échange entre les industriels, les administrations et les différentes parties prenantes », annonce Matignon. Ce dernier prend pour exemple la division par deux des délais d’instruction du dossier de construction d’un bâtiment nécessaire à la production du lanceur Ariane 6 par ArianeGroup à Mantes (Yvelines).

Cette augmentation des prérogatives données au préfet semble participer d’un mouvement plus général. Les deux derniers exemples en date sont le projet de décret leur transférant la compétence des autorisations de travaux dans les sites classés et le projet de confier l’examen au cas par cas des projets au préfet de région en lieu et place de l’autorité environnementale. Or, les préfets se révèlent beaucoup plus soumis aux pressions économiques locales que le pouvoir central.

https://www.actu-environnement.com/ae/news/installations-industrielles-simplification-rapport-kasbarian-icpe-autorisation-environnementale-urbanisme-34089.php4